
« La financiarisation de l’économie est un moteur des inégalités ». Entretien avec Michel Aglietta Avant de nous expliquer la financiarisation de l’économie et ses effets, pourriez-vous définir le terme « finance » ? Pour définir la finance, je la lie à la monnaie que je définis à son tour comme une institution reliant l’individu au collectif. Je pose l’existence d’une société comme point de départ, à l’opposé de la conception dite « orthodoxe » de l’économie qui pose que les désirs d’un individu ne concernent pas ses relations à autrui. Ils seraient innés à chaque individu et indépendants des autres. Dans une telle conception, la société n’existe pas. Au contraire, je m’inscris dans un courant de pensée - dont Keynes est la figure incontournable -, qui pose que le lien d’appartenance de l’individu au collectif dans le domaine des échanges marchands, est la monnaie, c’est-à-dire le système des paiements. Mais elle est ambivalente. Quels sont les facteurs de la montée en puissance de la finance dans l’économie ? Quelles sont ces « rentes » ? On peut relever plusieurs formes de rentes.
Alain Bihr et Roland Pfefferkorn, Déchiffrer les inégalités, 1999. Friedrich Hayek ou la dictature de la liberté Friedrich Hayek, le père de l'ultra-libéralisme moderne. Bon attendez, ça n'est pas là que se situe son échec. Que vous soyez libéral, ou antilibéral, Hayek c'est l'un des grands penseurs du XXe siècle, son ouvrage publié en 1944, La route de la servitude constitue une bible pour de nombreux esprits dans l'après-guerre. Dans ce livre, dédié aux socialistes, puisque Hayek était lui-même socialiste dans les années 20 avant de se convertir au libéralisme le plus rigoureux, il analyse les deux formes de société totalitaire, Staline versus Hitler. Il a ce propos marquant : "le nazisme est le stade auquel on aboutit lorsque le communisme a échoué". A ses yeux, lorsque l'Etat limite la liberté économique des individus, il se charge ensuite bien vite de la limiter sur d'autres plans, par exemple sur le plan politique. Son individualisme explique-t-il, est une attitude d'humilité à l'égard du processus social. Bon allez avouez-le...
EN TRAVAUX John Rawls, Théorie de la justice, 1971 Réduire l’écart maximal de salaire dans le secteur privé? Ça fait débat sur RMC Continue without agreeing → We and our partners do the following data processing: Personalised ads and content, ad and content measurement, audience insights and product development, Store and/or access information on a device Learn More → Agree and close Inscrivez-vous gratuitement à laNewsletter RMC Dans certaines entreprises privées, le patron peut gagner 100 fois plus que ses employés. Le principe existe déjà dans les entreprises publiques, mais faut-il étendre l’écart maximal de salaire dans celles privées? Mais dans le privé, il n’existe aucune règle. Sans compter que cet écart se creuse d’année en année. "Quand on décide de s’attaquer aux inégalités, on décide de s’attaquer à tous les maux que les inégalités provoquent au sein des entreprises. L’idée de limiter l’écart des salaires n’est pas nouvelle. Les salaires des patrons plus élevés dans les autres pays Dès 2012, François Hollande promettait une loi pour prohiber certaines pratiques excessives dans le secteur privé. A lire aussi
L’échelle sociale pour répondre aux inégalités Faut-il participer à l’émission « Qui veut gagner des millions », pour sortir de la pauvreté ? C’est l’unique opportunité qu’a eue l’Indien Jamal Malik dans Slumdog millionnaire. Et même celle-ci lui fut finalement retirée. À peine avait-il gagné la question à 20 000 roupies, qu’il fut accusé de tricherie. Les pauvres sont-ils condamnés à le rester ? Photo by Carolina Pastrana on Flickr - CC BY-NC-SA 2.0 Depuis quelques décennies, les inégalités ont polarisé tous les regards et de nombreuses études économiques leur ont été consacrées. Les inégalités sont-elles toujours néfastes ? Inégalité et faible mobilité, inséparables ? L’égalité des chances se réfère à la mobilité. Infographie Claire Lapique Tout agit comme si, plus les barreaux de l’échelle sont éloignés les uns des autres, plus il est difficile de grimper. Qu’est-ce qu’on mesure, alors ? Les comparaisons internationales analysent les inégalités à l’aide des coefficients de Gini ou de Theil. Photo by Souradeep Rakshit on Unsplash
Jeremy Bentham, Théorie des peines et des récompenses, 1811 Le mérite est-il encore un idéal démocratique ? À l’heure où une large frange de la jeunesse aborde les examens et concours censés certifier les mérites de chacun, croit-on encore vraiment au bien-fondé de ces épreuves ? La réponse est sans doute… oui et non. Non, au vu des critiques récurrentes des évaluations et des inégalités scolaires. Oui, quand on observe que les premiers intéressés (soutenus par leurs parents) se plient, sans trop broncher, à ces rituels de fin d’année, quand on voit que le poids exorbitant des diplômes sur les carrières professionnelles n’est guère contesté, ou encore, qu’en France comme en Europe, nous confions les rênes du pouvoir à des élites hyper diplômées… Read more: L’égalité scolaire, un enjeu de survie pour la démocratie Une longue histoire Le mérite est certes une idée bien plus ancienne. Il reste que la mesure de l’apport au bien commun n’est pas immédiate, pas plus en tout cas que la vertu. Les glissements du mérite moderne… La justice réduite au mérite ? L’improbable égalité des chances