Jean Cocteau
René Char
Toute vie Toute vie qui doit poindre achève un blessé. Voici l’arme rien, vous, moi, réversiblement ce livre et l’énigme qu’à votre tour vous deviendrez dans le caprice amer des sables. (Les matinaux, Poésie-Gallimard p.84) Il ne s’agit point d’ajouter une docte étude à tant de doctes études, juste de saluer en passant ce Jupiter tonitruant que fut René Char. Juxtapose à la fatalité la résistance à la fatalité. Tu connaîtras d’étranges hauteurs. Bourru, colérique connaissant toutes les fleurs de sa petite montagne, le Lubéron, autour de l’Isle sur Sorgue, et vous maudissant si vous ne saviez point les appeler vous aussi par leur petit nom, il se posait presque en imprécateur et ne comprenait pas ces poètes qui dévidaient quasiment au mètre leur production, lui qui par son artisanat furieux polissait chaque mot, jusqu’à ce qu’il ait la patine de l’éternité. Il demeure parmi nous plus par ses aphorismes, ciselés au couteau du soleil, que par ses poèmes. Trop de soleil aveuglant fait peur.
Edouard Glissant
Paul Eluard
Intro Biographie Œuvres Liens "La poésie d'Eluard, est comme la nuit, sans rivale" Jean Paulhan Eugène Grindel, dit Paul Eluard est né en 1895 à Saint-Denis. Durant la première guerre mondiale, il est mobilisé, et est envoyé sur le front comme infirmier. Après la guerre, il fait la connaissance d'André Breton, de Louis Aragon et de Soupault. Eluard participe activement au mouvement dada (mouvement fondé en 1916 par le poète roumain Tristan Tzara et qui est venu s'installer à Paris en 1919) , puis au mouvement surréaliste. En 1924, il disparaît mystérieusement juste avant la publication de Mourir pour ne pas mourir. En 1930, Gala le quitte pour Dali. Eluard adhère, en 1926, au parti communiste avec d'autres surréalistes. En 1932 , il publie La Vie immédiate , en 1934 La Rose publique , en 1936 Les Yeux fertiles et en 1938, Cours Naturel dont l'un des poèmes, La Victoire de Guernica est inspiré par le célèbre tableau de Picasso. A la libération, il est fêté par tous. Aude Sanseverina
Raymond Queneau
Blaise Cendrars
Biographie de Blaise Cendrars
Aragon
C'est en 1943, dans les maquis du Vercors, que je fis connaissance d'Elsa Triolet et de Louis Aragon; le Groupe Franc de l'Armée Secrète auquel j'appartenais avait eu pour mission de les convoyer de Dieulefit à Combovin - deux petits villages qui furent des "hauts-lieux de la Résistance" . A l'époque où il était tenu à l'écart par les médias, Louis Aragon était comme chez lui sous les poutres du Club des Poètes, parmi de jeunes poètes qui buvaient ses paroles. Les caméras de la télévision et les micros de la radio, que j'avais en quelque sorte détournés de leur objectif habituel, si peu poétique, ont saisi au vol des mots, des rires dont on retrouve trace dans certaines anthologies poétiques. Elsa, sa muse qui, on le sait, était d'origine russe, était comme un poisson dans l'eau; sa gentillesse faisait merveille. Jean-Pierre Rosnay Voir aussi le manuscrit d'un poème offert par Aragon à Jean-Pierre Ailleurs sur le réseau: Une page presqu'exhaustive de liens vers la poésie d'Aragon.