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Jean-Claude Michéa - entretien

Jean-Claude Michéa - entretien
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Michéa face à la stratégie Godwin Récemment associé à la galaxie lepéniste par un dossier du "Point", le philosophe Jean-Claude Michéa, auteur d'"Impasse Adam Smith", répond à ses détracteurs et se défend face à la tentative d'annexion de sa pensée antilibérale par l'extrême droite. Jean-Claude Michéa, capture d'écran Youtube Marianne : Un hebdomadaire faisait sa une, il y a quelques semaines, sur les «néocons», vous bombardant comme l'idéologue le plus emblématique d'une véritable lame de fond identitaire, souverainiste et protectionniste, et amalgamant votre nom à celui de Marine Le Pen, soi-disant admirative de vos écrits. Qu'est-ce que cela vous inspire ? Jean-Claude Michéa : N'exagérons rien ! Clemenceau et Staline avaient ouvert la voie - le premier en forgeant, en 1906, la notion de «complot anarcho-monarchiste» et le second, dans les années 30, celui d'«hitléro-trotskisme». J. Tout autre est la critique du libéralisme par les héritiers modernes de l'extrême droite du XIXe siècle. J. Propos recueillis par A.L. Repères

PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : École (économique) de Chicago, par Bertrand Rouziès-Leonardi École libre du totalitarisme ou école totalitaire de la liberté. – Vous êtes libres de choisir. De quoi vous plaignez-vous ? – Forme une triade horrifique avec l’école ordolibérale allemande et l’école autrichienne. Son directeur le plus connu : feu Milton Friedman, homme de paix que son prénom renvoie en enfer. L’école de Chicago, d’inspiration libérale, se caractérise par de hautes ambitions en matière de liberté. L’école de Chicago est considérée comme la forge du monétarisme, du néolibéralisme et du libertarianisme. Monétarisme, néolibéralisme, libertarianisme. Friedman appartient à la seconde époque de l’école de Chicago, celle inaugurée par la fondation, en 1947, de la Société du Mont-Pèlerin, véritable hélépole lancée contre le mur en construction du projet keynésien de pacification des échanges et contre la redoute bien défendue mais pas encore tout à fait sèche du programme du CNR.

Reprise] La gauche, sa vie, son œuvre, par Jean-Claude Michéa Dans son dernier essai, Les Mystères de la gauche, l’auteur de L’Enseignement de l’ignorance et d’Orwell, anarchiste tory explique pourquoi la gauche est le meilleur allié du libéralisme moderne. Vous écrivez que le ralliement de la «gauche officielle» au culte du marché concurrentiel et de la croissance illimitée n’est pas une parenthèse mais «l’aboutissement logique d’un long processus historique» dont le moteur n’est autre que cette métaphysique du Progrès et du «Sens de l’histoire» héritée des Lumières. Le capitalisme est-il selon vous l’enfant des Lumières ? La réponse est donnée par l’histoire ! Loin d’être une idéologie «conservatrice» ou «réactionnaire», le libéralisme économique d’Adam Smith est né au cœur même de la philosophie écossaise des Lumières. Et la plupart des Encyclopédistes (de Voltaire à Turgot) étaient persuadés que le «doux commerce» apporterait au monde entier la paix, la liberté et la prospérité matérielle. Source : claude-rochet.fr

L'accordéon de la philanthropie globale, par Bernard Hours Avec la prolifération des initiatives dites « humanitaires », généreuses, solidaires, s’installe une certaine confusion. Solidarité, aide, charité, urgence humanitaire : de quoi parle-t-on ? Derrière un chantage permanent à l’indifférence à l’égard du malheur d’autrui, ne voit-on pas se dessiner et se développer une vaste entreprise de formatage moral et global ? On peut d’abord souligner la dimension privée et non publique de ces actions et des discours qui les accompagnent. Au XXe siècle, l’Etat dit « providence » met en œuvre des politiques visant à améliorer la vie des citoyens. Un tel phénomène s’interprète dans un cadre idéologique global. Une propagande insidieuse Ce phénomène se révèle analogue dans sa forme à celui des milices qui viennent se substituer à la police dans les quartiers à risque. On comprend alors que les hommes s’indignent plus fréquemment qu’ils ne se révoltent. Le chantage des puissances Des émotions fugaces

La gauche a-t-elle trahi le peuple? - Bibliobs - L'Obs Il y a quelques années encore ces deux hommes n'auraient pas pu se rencontrer. Jacques Julliard serait resté pour Jean-Claude Michéa l'un des intellectuels organiques d'un socialisme renégat, le représentant d'une caste médiatique parisienne chargée de tous les maux, le genre d'incarnation dont l'oeuvre «michéenne» entière appelle en somme à se méfier en toutes circonstances. Ce dernier, Michéa, sur le papier tout aussi peu engageant aux yeux de l'autre, serait demeuré pour Jacques Julliard un ombrageux philosophe montpelliérain, ancien membre du PC aux sympathies prolétariennes obsédantes, chantre d'une classe ouvrière balancée par-dessus bord par le socialisme contemporain, figure à la fois très séduisante et pour lui possiblement suspecte d'un populisme intellectuel voué à une probable expansion en ces temps troublés. Mais la tonalité de l'époque a bien changé, depuis la crise financière de 2008. Aude Lancelin EXTRAIT 1. Mille fois d'accord. Extrait 2. Extrait 3. J. Extrait 4. J.

Moi, adorateur de Jean-Claude Michéa, infiltré à Slate Nous autres, jeanclaudemichéistes, avons repris depuis peu notre patient travail de jeanclaudemichéisation de la sphère médiatique. Il faut dire que le moment est crucial pour nous. Jean-Claude Michéa vient de publier Les mystères de la gauche, de l’idéal des lumières au triomphe du capitalisme absolu, pour approfondir son précédent essai, Le Complexe d’Orphée. Or quand un nouveau volume michéien paraît, nous nous précipitons en librairie en quête des nouvelles sourates michéiennes, qui à chaque fois raffinent un peu plus notre connaissance de l’Œuvre. Nous les postons ensuite sur les réseaux sociaux, les lisons à haute voix à nos amis en soirée ou, pour les plus élevés dans l’ordre michéiste, les plaçons en citation sur notre bio twitter ou sur notre blog. publicité Je vous écris depuis Slate, un site notoirement jeanclaudemichéosceptique, et je ne sais pas encore quel sort me sera réservé après ce texte politique. Jean-Claude Michéa, fais nous mal, car c’est ce que nous aimons ...

La gauche et le peuple de Michéa et Julliard : entre réformisme et révolution L’entreprise de Jean-Claude Michéa et Jacques Julliard s’avère complexe, puisque le philosophe et le journaliste entendent expliquer les raisons du divorce entre la gauche et le peuple. En réalité, l’objectif qu’ils s’étaient initialement promis d’atteindre ne tarde pas à s’éloigner, et leur échange épistolaire s’engage petit à petit dans une direction bien plus ambitieuse, vers un débat sur l’idée même de gauche et sur l’avenir très incertain du politique. Jean-Claude Michéa Chacun des auteurs est connu pour ses positions et entend les faire valoir. Concernant les objectifs, Julliard considère dans le fond que c’est avant tout l’amélioration des conditions de vie qui doit être l’objet principal des luttes de la gauche. Ici, les lecteurs de Michéa ne peuvent s’empêcher de penser à l’expression employée par ce dernier pour désigner ce type de calcul politique, et qui donne son titre à l’un de ses ouvrages : L’empire du moindre mal. Jacques Julliard

PÉREMPTION DU DÉCLIN, par Bertrand Rouziès-Leonardi Billet invité. Mes chers compatriotes, nous déclinons. La France n’est plus ce qu’elle était. La nouvelle n’est pas neuve. La République, en effet, comme bien des régimes, a été frappée de déclin quasiment dès l’origine, dans tous ses avatars successifs, notamment à cause d’affaires de concussion retentissantes et de témoignages répétés d’impéritie qui ont immanquablement fait les gorges chaudes de l’opposition réactionnaire ou révolutionnaire. Hasard heureux du calendrier, le jour même où le baril Cahuzac explosait, les auditeurs de France Culture pouvaient entendre dans la matinale Brice Couturier et Luc Chatel railler de conserve l’inflation normative française en matière de construction et donner comme exemples d’absurdité les empêchements et les retards induits par la préservation de l’habitat d’un scarabée ou d’une alouette. La déclinologie, en République, n’est pas née de la dernière pluie acide. Qu’y avait-il en face de Barrès et consorts ? Et maintenant ?

LA POLITIQUE DU PIRE, par Franck Richez Billet invité. Ouvert aux commentaires. A propos des deux livres de Jean-Claude MICHEA : L’empire du moindre mal (EM) et La double pensée (DP) [1]. Cette présentation de deux livres de Jean-Claude Michéa obéit à une double préoccupation. I- L’ « Alternance unique » : un concept piégé. À l’heure où de moins en moins se laissent encore abuser par la fausse opposition droite/gauche, les études de Jean-Claude Michéa permettent d’avancer d’un pas supplémentaire dans l’analyse sans céder à des simplifications insidieuses. Car, si le mirage d’un choix réel a pu servir un temps à fourvoyer le peuple, c’est indéniablement aujourd’hui l’illusion d’une uniformité du paysage politique qui nous berne. Cependant, Jean-Claude Michéa soutient que si l’opposition droite/gauche est bien caduque à l’aune d’une allégeance consensuelle au capitalisme, les libéraux des deux bords ne mènent pas pour autant une même politique. II- L’apport complémentaire de la gauche à la droite capitaliste.

Pierre Rabhi : "le superflu est sans limites alors qu'on n'assure pas l'indispensable" Après un premier entretien il y a quinze jours, Reporterre retrouve Pierre Rabhi pour prolonger la discussion sur les grands enjeux écologiques de la société française. Le gouvernement organise un débat public national la « transition énergétique ». Qu’en attendez-vous ? Que doit mettre en place le gouvernement ? Pierre Rabhi - Avant toute chose, il faut d’abord qu’on réduise notre avidité. Comment voulez-vous répondre à une insatiabilité permanente par des ressources limitées ? On ne met jamais en évidence ce que l’on a, ce qui peut déjà nous réjouir. Et les gaz de schistes participent de cette tendance énergivore… Ca prouve une fois de plus que la civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Pourtant, notre population augmente, nous sommes sept milliards d’êtres humains sur Terre, bientôt neuf. Non, l’histoire de la démographie n’a rien à voir là-dedans. D’aucune. Vous n’avez pas d’avis sur le mariage homosexuel ? Si, bien sûr.

COMMENT JE SUIS DEVENU UN SOCIAL-DÉMOCRATE EXTRÉMISTE, par Michel Leis Billet invité Mon entrée dans l’adolescence a coïncidé avec la fin des Trente Glorieuses. De la période qui a précédé, il ne me reste que des souvenirs assez lointains et l’impression que la croyance dans de beaux lendemains était partagée par le plus grand nombre, à commencer par mes parents. Les livres de mon enfance s’extasiaient sur les progrès de la technique quand la télévision (encore en noir et blanc) retransmettait les premiers pas de l’homme sur la lune. L’histoire individuelle et la nostalgie sont des prismes qui déforment une réalité autrement plus âpre. Pour expliquer ces avancées, on peut mettre en avant la volonté du monde politique de mettre en œuvre des réformes. On peut aussi s’interroger sur la relation entre les nombreux conflits de toute nature et les avancées qui en ont découlé. L’un des éléments fondateurs de cette combinaison aura été paradoxalement la guerre froide. Ce relâchement des tensions suppose la réalisation d’un certain nombre de conditions.

Réformes sociétales et Néolibéralisme Atlantico : Dans son discours mercredi à l’Assemblée nationale, Christiane Taubira a déclaré : "Depuis des siècles, l’évolution du mariage va vers l’égalité. Aujourd’hui, nous parachevons l’égalité et nous en sommes fiers". A rejeter leurs opposants du mauvais côté de l'Histoire, les partisans du mariage homosexuel s'inscrivent-ils dans la tradition soixante-huitarde ? Jean-Pierre Le Goff : Ils s’inscrivent en partie dans cette tradition tout en la détournant et en l’orientant vers de nouveaux horizons qui n’ont plus grand chose à voir avec la logique de subversion de l’époque. Dans les années qui suivent mai 1968, le courant de la libération du désir qui s’opposait à l’extrême gauche traditionnelle entendait « disposer librement de son corps » en renversant tous les interdits et les tabous de l’époque. On peut mesurer les différences et le chemin parcouru depuis lors. Jean-François Kahn : Par définition, la gauche soixante-huitarde ostracise l'adversaire.

Aide-mémoire N° 67 : L’« extrême-droite économique » ou « fascisme en col blanc », un entretien avec Paul Jorion Un entretien que j’ai accordé au magazine Aide-mémoire, édité par l’association Les territoires de la mémoire. Centre d’éducation à la résistance et à la citoyenneté. Dans vos écrits, vous avez évoqué à plusieurs reprises l’existence d’une « extrême-droite économique » ou encore d’un « fascisme en col blanc ». L’extrême-droite économique consiste essentiellement en un projet de société inégalitaire qui est de reconstituer un système de type féodal, c’est-à-dire une société extrêmement hiérarchisée. Le système qui est ici proposé est clairement non démocratique. Cette extrême-droite économique a-t-elle une incarnation politique et, si oui, quelle est-elle ? Son incarnation politique se résume en l’élimination de la politique comme ayant une quelconque importance par rapport à ses prises de décision. À leur sujet, vous parliez récemment de « prêtres d’une religion féroce ». Oui, tout à fait. Absolument. Tout d’abord parce que c’était un démocrate.

Jürgen Habermas : La démocratie en jeu La crise de la zone euro rend nécessaire une plus grande intégration politique de l’UE, constate le sociologue allemand. Mais la voie empruntée par les dirigeants européens laisse de côté ce qui devrait être leur priorité : le bien-être des citoyens, établi dans un cadre démocratique. Extraits. A court terme, la crise requiert la plus grande attention. Une paralysie généralisée Tous les gouvernements concernés se retrouvent désemparés et paralysés face au dilemme entre d'une part les impératifs des grandes banques et des agences de notation et d'autre part leur crainte face à la perte de légitimation qui les menace auprès de leur population frustrée. Seul le populisme de droite projette les grands sujets nationaux Pourquoi cette paralysie ? Des négociations dans des zones juridiques grises Au lieu de cela nous constatons des tactiques dilatoires du côté des gouvernements, et un rejet de type populiste du projet européen dans son ensemble du côté des populations.

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