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Pisa : Inégalités sociales à l'école : 5 questions à Pierre Merle

Pisa : Inégalités sociales à l'école : 5 questions à Pierre Merle
Sociologue, auteur d'ouvrages sur la ségrégation scolaire, Pierre Merle est un spécialiste des inégalités scolaires. En 5 questions, il fait le point sur les facteurs qui expliquent le maintien des inégalités sociales à l'école française et montre les politiques qui marchent ailleurs. Politiques auxquelles JM Blanquer tourne le dos. Pisa pointe encore une fois les inégalités sociales dans l'école française. L’explication des inégalités sociales spécifiques à l’école française est multiple. La formation des enseignants contribue certainement aux inégalités sociales de l’école française. L’explication essentielle des inégalités sociales de l’école française provient de l’organisation de son système éducatif. La France a pourtant un taux d'accès en maternelle qui devrait réduire les inégalités. Certes, une scolarisation précoce en maternelle est favorable aux apprentissages. Les mesures prises dans l'éducation prioritaire comme le dédoublement des CP vont-elles changer la donne ? Références

La lutte contre les inégalités scolaires L'inégalité face à l'éducation est la première des injustices contre lesquelles il faut lutter. Or elle s'est accrue ces dernières années. Pour inverser la tendance, le Gouvernement s'est fixé un objectif : ramener à moins de 10% les écarts de réussite scolaire entre élèves. Deux réformes ont été menées de front : la refonte de la carte de l'éducation prioritaire et celle de l'allocation des moyens pour toutes les écoles et tous les collèges de France. Contenu publié sous la présidence de François Hollande du 15 mai 2012 au 15 Mai 2017 De quoi s'agit-il ? La réforme de l'allocation des moyens pour tous Au-delà des réseaux de l’éducation prioritaire, j’ai voulu que les critères sociaux et territoriaux soient désormais pris en compte dans l’attribution des moyens à l’ensemble des écoles et collèges de France. Les déterminismes sociaux pèsent trop fortement sur la réussite scolaire des élèves. Twitter (cards) est désactivé. Autorisez le dépôt de cookies pour accéder à cette fonctionnalité.

PISA : La France toujours championne des inégalités sociales à l'école Il y a eu des progrès par exemple dans la réduction du taux de redoublement, un facteur d'inégalité sociale selon l'OCDE. Mais la France reste la championne des inégalités sociales à l'école selon Pisa 2015 dont un nouveau volume sort le 6 décembre. D'une part la France se singularise parmi des pays de l'OCDE où les inégalités ont globalement fortement baissé. Réussite scolaire et origine sociale Globalement, selon Pisa 2015, il y a toujours un lien entre l'origine sociale et le niveau scolaire. En général également, les pays de l'OCDE ont réduit de 13% l'effet social dans les résultats scolaires. La France championne des inégalités Mais tous ces bons points ne concernent pas la France. Comment expliquer cela ? La France a pourtant des points forts. Mais quand on y regarde de plus près on voit que la scolarisation à 2 ans est faible en France. Comment réduire les inégalités sociale à l'école ? C'est à l'école que l'écart social se creuse. François Jarraud Pisa 2013 Le Cnesco sur ce sujet

Lien 7: Ecole et inégalités sociales Des politiques éducatives aux effets incertains Voici quelques traits concernant les difficultés des politiques d'éducation. Les objectifs poursuivis ne se limitent pas toujours au seul objectif affiché d'égalisation des chances scolaires : une partie des politiques éducatives répond à des exigences économiques et à des "demandes sociales" qui n'ont pas de lien direct avec le projet de démocratisation des enseignements. Il est difficile de saisir l'ensemble des effets des politiques mises en œuvres. De plus, l'unification de l'enseignement a accentué les stratégies parentales visant à placer leurs enfants dans les classes et les filières les plus porteuses. Par ailleurs, il faut souligner la difficulté de définir des politiques éducatives en fonction de la recherche sur l'éducation. De façon générale, les politiques éducatives peinent à concilier la non-stigmatisation et l'exigence d'une adaptation des pratiques éducatives à la diversité des publics scolaires.

Les inégalités sociales sont fortes dès le collège Dès l’entrée en sixième, les élèves ne sont plus sur un pied d’égalité. Plus de 20 % des enfants d’inactifs et plus de 10 % des enfants d’ouvriers ou d’employés ont redoublé, contre à peine 3 % des enfants de cadres supérieurs, selon le ministère de l’Éducation nationale (données 2015). Une partie des écarts puise son origine plus tôt, à l’école maternelle et au primaire. Source : ministère de l'Éducation nationale - © Observatoire des inégalités - 2015 Dans les classes adaptées, 90 % d’enfants de milieux populaires Les élèves ne suivent pas les mêmes filières. Source : ministère de l'Éducation nationale - Données 2014 © Observatoire des inégalités En fin de troisième, 10 % des élèves de milieux très favorisés ont déjà redoublé, 3,5 fois moins que les élèves de milieux défavorisés. Élèves de troisième, Segpa inclus, enseignement public et privé. Les résultats au brevet reflètent aussi l’origine sociale. La fin de collège est un point de bifurcation essentiel dans le parcours éducatif.

Inégalités sociales et migratoires : comment l’école les amplifie ? Le Cnesco a mobilisé 22 équipes de chercheurs français et étrangers (sociologues, économistes, didacticiens, psychologues). Ce travail collectif, jamais accompli en France, permet de mesurer et de comprendre l’ampleur et les formes réelles des inégalités sociales et migratoires et comment l’école française fabrique de l’injustice scolaire. Le rapport du Cnesco tend à montrer que les inégalités sociales à l’école empruntent des formes multiples : inégalités de traitement dans les ressources d’apprentissage dont les élèves disposent réellement à l’école, inégalités dans leurs résultats scolaires, inégalités sociales dans les orientations, dans les diplômes et même dans le rendement des diplômes sur le marché du travail. L’école hérite d’inégalités familiales mais produit, en son sein, à chaque étape de la scolarité des inégalités sociales de natures différentes qui se cumulent et se renforcent.

Exclusif : Un rapport de l’Inspection soutient les expérimentations numériques de terrain « Plutôt que de fustiger les communautés d’enseignants qui essaient de réunir leurs efforts pour mettre en commun leurs pratiques et leurs intuitions pédagogiques, et de se moquer parfois de leur enthousiasme, il vaut sans doute mieux écouter et accompagner leur réflexion, en comprendre les besoins et les attentes implicites, saluer une démarche empirique qui ne cherche pas à s’imposer comme modèle, et les aider à inventer des solutions». Le rapport de l’inspectrice générale Catherine Becchetti-Bizot « Repenser la forme scolaire à l’heure numérique », que le Café pédagogique s’est procuré, appelle à soutenir de multiples façons les expérimentations de terrain développés par des enseignants avec des outils numériques. Il s’intéresse et s’appuie sur une connaissance très étendue des pratiques développées par des enseignants. Le numérique un défi pour l’Ecole et la société Le rapport souligne « l’enjeu démocratique » des nouvelles compétences numériques à développer. François Jarraud

Lien 6: Comment le système éducatif français aggrave les inégalités sociales Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) dévoile, mardi, deux ans de travaux sur l’école. Le bilan est désastreux. LE MONDE | 27.09.2016 à 05h36 • Mis à jour le 27.09.2016 à 12h22 | Par Mattea Battaglia et Aurélie Collas Des inégalités sociales à l’école, produites par l’école elle-même… C’est la démonstration que fait le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), en rendant publiques, mardi 27 septembre, les conclusions d’une vingtaine de rapports. Ce n’est pas la faute de l’enseignement privé, dont la responsabilité a encore été pointée du doigt, récemment, dans nos colonnes, par l’économiste Thomas Piketty, en tout cas concernant Paris. Lire aussi : Ecole : des inégalités profondes et persistantes On le sait maintenant depuis plusieurs années : d’élève moyen dans les années 2000, l’école française est devenue la plus inégalitaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La politique des ZEP en cause

La construction de l’inégalité scolaire dès l’école maternelle 1Depuis une quarantaine d’années, les textes offi- ciels relatifs à l’école maternelle soulignent la nécessité de « lutter contre l’échec scolaire ». Auparavant absente à ce premier niveau de la scolarité, cette préoccupation a pris une telle importance qu’elle a conduit à reconsidérer le statut de l’école maternelle : elle tend de plus en plus à être considérée comme la première école (Brougère, 1995, p. 217), une école qui doit préparer les plus jeunes élèves à accomplir une scolarité de plus en plus longue. 3Comme le remarquait il y a plus de vingt ans Chamboredon dans cette même revue, ce type de régularités statistiques pose « la question des usages de l’institution (et des effets de l’institution) sur la réussite scolaire, question parfois sous-estimée au profit d’une imputation abstraite de la réussite scolaire au seul héritage culturel ou trop vite réglée par une dénonciation globale des effets sélectifs, voire discriminants de l’institution » (Chamboredon, 1988, p. 83).

La mixité sociale à l'école. CANOPE L’enjeu actuel est donc peut-être de se donner les moyens de garantir et d’accepter une réelle mixité sociale à l’école. Le récent débat relatif à l’assouplissement de la carte scolaire témoigne des tensions à l’œuvre sur un sujet qui nécessite un consensus de la société et une volonté politique forts. Comment permettre à l’ensemble des citoyens d’adhérer à l’idée que le système éducatif ne peut que progresser en organisant une réelle mixité sociale scolaire ?

Pisa : Marion van Brederode : Comment l'Ecole fabrique les inégalités devant le savoir Alors que Pisa 2015, dont la dominante est les sciences, vient encore de montrer de très fortes inégalités sociales et ethniques des élèves dans l'acquisition des compétences scientifiques, peu de travaux montrent comment celles-ci se créent dans la classe. C'est tout l'intérêt de la thèse de Marion van Brederode. Analysant programmes, manuels et cahiers d'élèves de 6ème en SVT, elle montre comment l'enseignement est socialement différencié. Ce n'est pas par hasard que Marion van Brederode s'est intéressée à la fabrication des inégalités dans la classe. "Les travaux de recherche mettaient l'accent sur l'héritage culturel des élèves pour expliquer les inégalités. Vous avez choisi de travailler sur la classe de 6ème. Les élèves ont bien sur fait des sciences à l'école élémentaire. Vous dites qu'au fil des années les programmes de SVT sont devenus plus complexes. Plus tard ce sont les fonctionnements qui sont devenus importants. C'est une évolution intéressante.

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