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La France périurbaine a-t-elle été abandonnée

La France périurbaine a-t-elle été abandonnée
Pour le géographe Christophe Guilluy, la France est coupée en deux. D’un côté, une « France métropolitaine », constituée des 25 plus grandes aires urbaines. De l’autre, la « France périphérique » : villes petites et moyennes, espaces ruraux, communes multipolarisées, espaces périurbains « contraints »… « Invisible et oubliée », cette France périphérique cumulerait les difficultés et serait le terreau du vote Front national, particulièrement fort dans ces zones. Mais cette thèse est loin de faire l’unanimité. Décryptage. Le périurbain, un territoire de relégation sociale peuplé de « petits Blancs » en souffrance ? D’un côté, une « France métropolitaine », constituée des 25 plus grandes aires urbaines (soit de Paris – 12 millions d’habitants – à Dijon – 380 000 habitants), comprenant « les zones denses des agglomérations et une partie des couronnes périurbaines ». Le 25 mars 2015, dans le cadre d’une interview donnée à la fondation Jean-Jaurès, il résumait sa thèse en ces termes :

http://www.alterecoplus.fr/dessin/la-france-periurbaine-a-t-elle-ete-abandonnee-201605111100-00003009.html

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Laurent Cailly : Existe-t-il un mode d’habiter spécifiquement périurbain ? L’exemple de l’aire urbaine d’une ville française (Tours). Laurent Cailly Lorsqu’on parcourt les recherches menées dans les sciences sociales sur les modes d’habiter[1], un thème apparaît particulièrement sous-exploité, celui des effets de « contexte ». Paradoxalement, alors que les géographes sont prompts à évoquer, pour expliquer la différenciation des modes d’habiter, le poids des déterminismes sociaux, la place occupée dans le cycle de vie, le genre ou les logiques individuelles, ils interrogent assez peu l’impact du contexte spatial de résidence sur les pratiques spatiales des individus, objet davantage étudié par les sociologues (Authier, 2001)[2]. Dans une société urbanisée de part en part, selon une intensité variable, les géotypes d’urbanité (Lévy 1994, Lussault 2003) fournissent une nomenclature a priori pertinente pour appréhender ces contextes spatiaux.

Le périurbain, France du repli Il y a aujourd’hui une question périurbaine. Elle est en grande partie liée au succès que rencontre le Front national dans les territoires périurbains. Christophe Guilluy et Jacques Lévy, tous deux géographes [1], ont largement contribué à attirer l’attention sur cette question. Dans cet article, nous ne contesterons évidemment pas la réalité du vote en faveur du Front national, mais plutôt la réduction du vote périurbain au vote frontiste : s’il y a bien un vote plus marqué en faveur du Front national dans certaines communes périurbaines, ce constat ne peut pas être généralisé à l’ensemble des populations de ces communes et encore moins à l’ensemble du périurbain. Ce sont des ménages et des territoires bien particuliers qui sont concernés. Fiche notion - La Région Afin d’accompagner les professeurs dans l’enseignement de la géographie, en collège comme en lycée, les professeurs du groupe de travail académique "géographie" produisent des fiches. Synthétiques, elles ne prétendent pas remplacer la lecture d’ouvrages universitaires, mais elles permettent en quelques minutes d’actualiser ses connaissances sur différents concepts, récurrents dans nos programmes.Elles sont donc destinées aux professeurs et n’ont pas vocation à être transposées telles quelles en classe. Vous trouverez en document joint la fiche-notion qui traite de la puissance en France, en deux formats. Vous pouvez également lire cette fiche ci-dessous.

Les séries TV, miroirs obscurs de la géographie urbaine ? Café géo « Les séries TV, miroirs obscurs de la géographie urbaine ? », avec Pauline Guinard (ENS Ulm), David Buxton (Université Paris 10), Anne-Marie Paquet-Deyris (Université Paris 10, Crea), Amélie Flamand (ENSA Clermont-Ferrand, CRH-UMR Lavue) et Bertrand Pleven (IUFM Paris 4 – Paris 1), le mardi 28 mai 2013, à 19h30 au Café de Flore. « Les séries constituent ainsi de véritables terrains d’observations des villes nord-américaines et peut-être au-delà, des miroirs tantôt déformants, tantôt grossissants où se reflète une condition urbaine, dans laquelle nous nous reconnaissons confusément. On comprend alors mieux pourquoi elles nous fascinent, à défaut de nous rassurer. » (Philippe Simay et Stéphane Tonnelat, 2011, « La ville des séries télé », Métropoliques, 7 novembre 2011). Pour lancer ce café géo, Bertrand Pleven emprunte quelques lignes de l’ouvrageLes miroirs obscurs.

Le retournement démographique des campagnes françaises Nous publions ici en couleur des documents extraits de notre ouvrage : Pierre-Marie Georges et Jean-Benoît Bouron, 2015, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p. L’imaginaire décliniste associé aux campagnes françaises demeure très présent dans la société française. Longtemps alimenté par le jugement de valeur contenu dans l’expression « exode rural » qui a été portée aux nues par des générations d’analystes, l’idée d’une primauté de la ville sur les campagnes n’a cessé de se développer. La récente pensée performative associée à l’idée de métropolisation ne semble en être qu’une énième expression, déliant les langues de ceux qui veulent en finir avec le rural, tandis que certains auteurs caricaturent les phénomènes de relégation sociale associée à la France périphérique. Commencé en 1975, le renouveau démographique des campagnes est en effet le résultat de plusieurs phases successives.

Vis ma vie de périurbain en Gironde Une banlieue pavillonnaire de Bordeaux (AP/Rue89 Bordeaux) Les jeunes ménages qui partent s’installer loin de Bordeaux ne sont pas (tous) des accros de la voiture, du pavillon de banlieue et du labrador qui va avec. A Libourne et La Teste, dans le Médoc et dans le Langonnais, Rue89 Bordeaux a suivi ces « exurbanisés » pour tenter de comprendre leurs motivations. Comme tous les matins, Cécile, 26 ans, se lève à 6h30 pour aller travailler dans une grosse compagnie d’assurances à Pessac Alouette. Et, comme tous les matins, elle passe devant la mer à vélo avant de foncer vers la gare. « Je voulais vivre en ville, mais à la plage », confie-t-elle. Après une enfance passée à Lacanau et un passage par Bordeaux pour les études, elle s’est installée en 2013 sur le Bassin, à La Teste de Buch.

La haine de la ville : « Paris et le désert français » de Jean-François Gravier Recherches La haine de la ville par la perte de son pouvoir mondial, à une recherche de l'identité, à la nostalgie; et ces fameuses «racines» qu'il faudrait retrouver pour reconstruire ces «repères», toujours perdus. Inégalités territoriales : aggravation ou changement de nature ? Avec le succès médiatique des thèses largement controversées d’un géographe, la question des inégalités territoriales est passée du registre de l’expertise scientifique à celui du débat politique. En mettant en avant la fracture entre les métropoles et la « France périphérique », Christophe Guilluy a réactivé une représentation collective qui a la vie dure, fondatrice du modèle républicain français, et qui consiste à opposer la ville et la campagne. Cette thèse de l’aggravation des inégalités territoriales – induite par le développement des métropoles – vient d’être sérieusement nuancée par la publication d’une note officielle de France Stratégie consacrée au sujet. Bien que les commentaires y aient vu la confirmation d’une lecture en strates de population, opposant la bonne santé des plus grandes villes à la fragilité des territoires de moindre densité, les analyses et cartographies de cette note révèlent un autre processus. Quelle leçon tirer de ce constat géographique ?

Une carte de l’évolution de la population urbaine entre 1950 et 2030 Cette carte tout en sobriété permet de visualiser la transformation radicale intervenue à travers le monde au cours des 60 dernières années, avec le passage d’une population urbaine de 30% à une population urbaine de 54% (et on devrait normalement atteindre les 66% en 2050). En 1950, on dénombrait 740 millions de personnes vivant dans les villes; il y en a maintenant 4 milliards… Les cercles bleus sur la carte sont proportionnels à la population des villes en 1950, 1990, 2015 et 2030 (du plus foncé au plus clair). En passant la souris sur ces villes vous aurez un aperçu de cette dynamique avec des statistiques plus précises. Pour aller directement à la carte interactive c’est ici. Petite analyse de cette métamorphose :

Les lotissements périurbains seront les bidonvilles du futur Avec la fin du pétrole et l’augmentation continue du coût de l’énergie, le mode de vie périurbain avec ses lotissements, ses autoroutes et ses hypermarchés sera bientôt à l’agonie. Comme le mode de vie périurbain est l’apanage des classes moyennes, qui sont les classes sociales qui votent massivement, une crise politique majeure est à prévoir quand tous les lotissements pavillonnaires n’auront plus d’autre avenir que de devenir les bidonvilles du futur. Les « espaces périurbains » ont de très pauvres perspectives pour le futur.

« Les élites urbaines ferment les yeux sur les effets sociaux de la métropolisation » – Gilles Pinson Plus de trente ans après les premières lois de décentralisation, peut-on dire que les collectivités détiennent désormais un rôle clé dans la vie politique française ? Simples espaces de mise en œuvre des politiques de l’Etat jusqu’à la fin des années 1970, les collectivités territoriales participent, aujourd’hui, pleinement à leur élaboration. Elles sont devenues des acteurs incontournables… des politiques publiques ! A partir du terrain, certaines administrations locales réinventent en effet les politiques de logement, de développement économique, ou même d’action sociale.

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