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Dominique Cardon, À quoi rêvent les algorithmes

Dominique Cardon, À quoi rêvent les algorithmes
1Les algorithmes – c’est-à-dire les instructions qui commandent le fonctionnement des programmes informatiques – ont des effets concrets sur nos actions et sur les formes de sociétés que nous construisons. Si Dominique Cardon s’attache à montrer les conséquences des algorithmes sur nos vies, c’est d’abord pour souligner que les machines et les humains ne s’opposent pas ; au contraire, humains et machines se créent mutuellement. Ce premier point se lie à un second ayant une portée plus politique : en connaissant les effets concrets des algorithmes sur nous, humains, nous pourrons, espère l’auteur, contester certains types d’algorithmes en posant à leurs inventeurs de bonnes questions. 2La première famille à faire son apparition sur le web est celle des algorithmes qui étudient la popularité des pages web, principalement en comptant combien de visiteurs elles reçoivent.

Olivier Le deuff, Folksonomies - les usagers indexent le web Le terme de folksonomie est apparu récemment sur le web pour désigner le phénomène d’indexation des documents numériques par l’usager. On rencontre également fréquemment le mot tag qui désigne en quelque sorte un mot-clé. Le terme de folknologie est aussi employé, mais plus rarement. L’usage du mot folksonomie semble donc plus opportun. L’architecte de l’information Thomas Vander Wal a forgé ce terme en combinant la taxinomie (règles de classification, taxonomy en anglais) et les usagers (folk). Ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur avec l’avènement des nouvelles technologies du web, dites « web 2.0 », qui donnent plus de possibilités d’expression à l’internaute. Le phénomène est-il durable ou n’est-ce qu’un effet de mode ? Caractéristiques Les folksonomies constituent la possibilité pour l’usager d’indexer des documents afin qu’il puisse plus aisément les retrouver grâce à un système de mots-clés. L’ouverture d’esprit caractérise la folksonomie, comme le web 2.0. Conclusion

Sur Internet, l’invisible propagande des algorithmes En sélectionnant liens et informations en fonction des profils des internautes, ces filtres enferment les citoyens dans un cocon intellectuel. LE MONDE IDEES | • Mis à jour le | Par Frédéric Joignot Deux personnes opposées politiquement, l’une de droite, l’autre de gauche, lancent une recherche Google sur « BP ». La première reçoit, en tête de page, des informations sur les possibilités d’investir dans la British Petroleum, la seconde sur la dernière marée noire qu’a causée la compagnie pétrolière britannique. Les deux requêtes ont donné des réponses diamétralement opposées car elles ont été « filtrées » par Google selon le profil des internautes. C’est l’un des exemples que donne Eli Pariser, spécialiste du cyberespace, pour montrer comment le moteur de recherche américain – recalibré six cents fois par an dans le plus grand secret – passe au crible les comportements en ligne et s’adapte au profil des usagers. Cass R. Un monde égocentré

Olivier Ertzscheid, Qu’est-ce que l’identité numérique ? Identité numérique et e-réputation 1 1Cet ouvrage, très court, est le fruit d’une journée de formation sur l’identité numérique et a été, entre autres, organisée par des étudiantes de l’IUT de La Roche-sur-Yon. L’auteur, Olivier Ertzscheid, est Maître de Conférences en Sciences de l’Information et de la Communication et spécialiste des enjeux politiques, économiques et sociétaux d’Internet. L’ouvrage est également en libre accès sur le site des éditions openpress et s’inscrit dans la collection « L’encyclopédie numérique » qui entend aborder, pour le grand public, un ensemble de thématiques1. 2La première partie pose les fondements de l’identité numérique : comment se constitue-t-elle ? 3Dans une seconde partie, l’auteur aborde notamment les mesures juridiques qui permettent d’encadrer a minima la récupération de nos données personnelles et les stratégies à mettre en place pour surveiller son identité numérique.

Pax Christi - La vérité si je veux. De la nature dun fait à lère des bulles de filtrage Rédigé le 22 décembre 2016 par: Edgar Szoc Un fait, a-t-on coutume de dire, est plus têtu qu’un Lord-maire.C’est au fond ce proverbe aux origines floues – et en tout cas pas anglaises, que cet article vise à questionner. À l’heure de l’effet de « bulle de filtrage » que produisent les réseaux sociaux, on est en droit de se demander si l’affirmation du caractère obstiné de la réalité – joliment définie par Philip K. Dick comme ce qui continue à exister quand on cesse d’y croire – n’est pas en voie d’inversement : la réalité n’est plus ce qui existe en-dehors de mes croyances mais précisément ce à quoi j’ai envie de croire, et le savoir auquel mes croyances me donnent accès. La « bulle de filtrage » (filter bubble) désigne l’enfermement cognitif que produit le fonctionnement d’Internet auprès d’un de ses utilisateurs lorsque des algorithmes sélectionnent pour lui les informations auxquelles il aura prioritairement accès. Marchandisation Après la vérité

Jean-Michel Salaün, Clément Arsenault, Introduction aux sciences de l'information 1A l'heure du web 2.0, des blogues, des wikis, Jean-Michel Salaün et Clément Arsenault effectuent dans ce « grand manuel » de la collection Repères à la Découverte, un travail salutaire de (re)définition de ce que sont aujourd'hui les « informations », les « documents », les « connaissances ». Ils proposent un parcours cohérent et didactique depuis la description des acteurs (les professionnels de l'information et les utilisateurs), la présentation des contextes (institutions et missions) jusqu'aux techniques de traitement, de recherche et de diffusion de l'information. Destiné aux étudiants en master professionnel, ce manuel vise non pas à fournir les fondements théoriques des sciences de l'information, mais bien plus privilégie une approche pragmatique avec un texte orienté vers la présentation de savoirs et pratiques concrets. Un index permet une lecture ciblée et autonome de chaque chapitre.

La personnalisation du web nous enferme-t-elle dans notre bulle? Temps de lecture: 6 min Ma toute première conversation au sujet d’Internet eut lieu en 1993. C’était avec Robert Wright, qui était à l’époque mon collègue à la New Republic. Je me souviens de Bob me disant que ce bidule, le «Net,» allait vraiment prendre des proportions gigantesques, mais que ça pourrait provoquer quelques problèmes. Notamment que ça allait donner un nouveau pouvoir aux dingues, vu que des tarés géographiquement éparpillés allaient pouvoir se retrouver en ligne. Dix-huit ans plus tard, notre jargon a évolué mais les inquiétudes sont toujours à peu près les mêmes. Nous et nos petits intérêts La seconde, sur le fait qu’Internet génère des garennes mentales, reste un sujet ouvert. La disparition d’une base commune d’informations, craint-il, nous rend étroits d’esprit, moins aventureux intellectuellement et plus vulnérables à la propagande et à la manipulation. Mais les investissements se déversent à flot justement vers ce type de filtrage. Ce que le web a changé pour moi

"Dans le labyrinthe" avec Alexandre Serres Dans le labyrinthe Evaluer l’information sur Internet d’Alexandre Serres Introduction : L’évaluation de l’information a toujours existé ; elle est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que le numérique induit certaines "confusions documentaires" : celle de la structure du document, dont la chaîne technique est totalement redéfinie ; cela crée une confusion entre document et information, encore renforcée par la complexité des "écrits d’écran" ; celle des acteurs et de leurs compétences, les uns et les autres difficiles à identifier. celle des supports et des genres documentaires, amplifiée par l’apparition de genres nouveaux sur Internet (blogs, wikis...), mais aussi celle des limites du document, difficiles à cerner. la popularité, qui privilégie le quantitatif, porteur de dérives, la visibilité, une e-reputation bien maîtrisée devenant (abusivement) synonyme de qualité sur le fond, l’opinionnite qui encourage les jugements simplistes, Dans le chapitre 3, A. En conclusion :

COMMENT LES ALGORITHMES NOUS ENFERMENT DANS UNE BULLE INTELLECTUELLE | Journalisme pensif NEWS NEWS NEWS Cet été, suite au vote favorable Brexit au Royaume Uni, qui a tétanisé les responsables de l’Europe, la rédactrice en chef du grand quotidien anglais The Guardian (centre gauche), Katharina Viner, a publié un long article intitulé « Comment la technologie a perturbé la vérité ». Pourquoi ? Enquête (publiée en partie dans Le Monde Idées) Au début de son texte éditorial, Katharina Viner s’inquiète du fait que pendant la campagne électorale les journaux et les politiciens pro-Brexit ont accumulé les fausses informations, l’outrance et les mensonges pour se faire entendre. La théorie de la « bulle filtrante » La rédactrice-en-chef s’appuie ici de façon explicite sur la théorie de la « bulle cognitive » ou « bulle filtrante » fabriquée par les algorithmes. Il donne une exemple frappant : deux personnes opposées politiquement, l’une de droite, l’autre de gauche, lancent une recherche Google avec le mot « BP ». Un univers narcissique et lissé Un enfermement algorithmique

Olivier Le Deuff (dir.), Le temps des humanités digitales. La mutation des sciences humaines et sociales 1La notion d’humanités digitales (souvent appelées également humanités numériques) correspond à l’intégration des technologies de l’information et de la communication aux différents stades de l’activité de recherche en sciences humaines et sociales (SHS), depuis la veille documentaire jusqu’à la diffusion des résultats scientifiques en passant par le recueil, le traitement et l’archivage des données. Mais les humanités digitales (DH) ne se résument pas à l’utilisation de technologies : elles constituent un véritable champ de recherche qui conjugue une dimension appliquée (développement d’outils et de méthodologies spécifiques) et une dimension plus réflexive, d’ordre épistémologique, dans la mesure où le numérique bouleverse non seulement les savoir-faire de l’activité scientifique, mais aussi ses perspectives heuristiques. 1 Milad Doueihi, Pour un humanisme numérique, Paris, Seuil, 2011. 3Cela n’empêche pas un certain unanimisme quant à l’intérêt de développer les DH en France.

Olivier Le Deuff, La documentation dans le numérique 1 Moatti, Alexandre, « Le numérique, adjectif substantivé », Le Débat, n° 170, mai-août 2012. 2 Nous renvoyons à la cartographie des métiers proposé par l’Association des professionnels de l’info (...) 3 Le Deuff Olivier, La formation aux cultures numérique. Une nouvelle pédagogie pour une culture de l (...) 1Appréhender l’interaction entre documentation et numérique suppose d’aller au-delà de l’idée reçue d’un déclin du livre, du texte, au profit du web. La réflexion qui est proposée interroge les représentations répandues de ces deux notions. La notion de documentation est bivalente, elle représente un ensemble de documents regroupés sur un thème particulier mais aussi l’ensemble des activités de gestion et de diffusion de ces mêmes documents ; c’est ce deuxième point qu’exploite l’ouvrage. L’adjectif numérique qualifie une information représentée sous un format d’écriture informatique et nécessitant une médiation technique pour être lue.

Françoise Benhamou Le livre à l’heure numérique. Papier, écrans, vers un nouveau vagabondage couverture du livre de Françoise BENHAMOU Le livre à l’heure numérique. Papier, écrans, vers un nouveau vagabondage, Paris, Seuil, 2014, 224 p., 17€. « L’attention est la matière première de l’économie culturelle. » (p.57) Internet est l’espace d’une pratique quasi constante de lecture. Les tablettes, liseuses et autres écrans de lecture ne trouvent pas leurs acheteurs en Europe, et encore moins en France. Les éditeurs traditionnels doivent donc composer avec ce paysage : la forte concurrence d’une part, le changement des pratiques d’autre part. Dans la lignée des acteurs du monde du livre, les libraires sont également confrontés aux changements. Qu’en est-il des auteurs ? Concurrence, piratage, refonte de l’organisation et changement de statut des professionnels du livre fragilisent le secteur des éditeurs et des libraires. « Les tâtonnements des politiques publiques » (ch. 16) apportent une certaine sécurité, mais ne parviennent pas à pallier les conséquences du phénomène numérique.

Anne Cordier Grandir connectés « Grandir connectés » est déjà en réimpression chez C & F Éditions, et c’est une bonne nouvelle. On ne peut que se réjouir du fait qu’un ouvrage qui repose sur des données originales (essentiellement qualitatives), un travail de terrain rigoureux et surtout une posture de chercheuse soucieuse de ses informateurs ait pu trouver rapidement son public. Il faut dire que le sujet traité prête à questions et controverses : les pratiques de recherche d’information des adolescents (collégiens et lycéens) ; la culture numérique qu’ils parviennent à se forger individuellement et collectivement ; la confrontation entre les pratiques non formelles ou ordinaires (essentiellement expérimentées au sein du milieu familial, par transmission et imitation) et les pratiques plus formelles ou académiques (construites en milieu scolaire). L’enquête de terrain qui permet de fonder tous ces constats repose sur un patient travail de production de données amorcé en 2009 et poursuivi jusqu’en 2015.

Yves François le Coadic Usages et usagers de l'information Ce manuel pratique, premier de la série « Information et documentation » de la collection 128 1, traite des usages et usagers de l'information. Fini, diront certains, « l'heureux » temps où les bibliothèques et les centres de documentation pouvaient fonctionner sans les usagers. Certes ! Ils perturbent l'organisation interne, la manière de classer et de « cacher » l'information. Mais ils sont de plus en plus exigeants, et ils donnent leur sens à des institutions dont la mission est l'information et la documentation, et qui, sans eux, ne seraient que des centres de conservation morts. Il est donc de notre intérêt de mieux les connaître, et de développer des services d'information/documentation satisfaisants, des plus simples au plus sophistiqués. Définitions des publics « Existe-t-il un grand public ? « Par l'approche orientée-usager, l'usager passe du statut d'utilisateur final à celui de partenaire à part entière des systèmes d'information. Pour terminer, quelques remarques.

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