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(20+) Le voile, pas plus aliénant que la minijupe, par Esther Benbassa

(20+) Le voile, pas plus aliénant que la minijupe, par Esther Benbassa
Notre ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes vient donc d’ouvrir une nouvelle polémique sur le voile, prenant cette fois appui sur le lancement en France, par plusieurs grandes marques, de la mode dite «pudique» (modest fashion). En la rebaptisant, à tort, «mode islamique», Laurence Rossignol lui a donné une dimension politique dont nous n’avions nul besoin quand des attaques d’une innommable barbarie ont plongé les Français et les Belges dans le deuil, et quand la haine du musulman, réduit au terrorisme, se saisit de tout prétexte pour se développer. Fallait-il embarquer les femmes musulmanes dans cette dérive ? Laurence Rossignol est-elle «islamophobe» ? Sûrement pas. Ignorante du sujet qu’elle aborde, en revanche, certainement. Lire aussi : Se mettre du côté de celles qui n’ont pas le choix Que sait Mme Rossignol de l’islam hexagonal et de sa diversité ? Nul ne niera, dans certains cas de port du voile, la réalité du contrôle social, voire de la contrainte.

http://www.liberation.fr/debats/2016/04/05/le-voile-pas-plus-alienant-que-la-minijupe-par-esther-benbassa_1444176

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Laurence Rossignol, la négresse musulmane et voilée que je suis vous emmerde Interrogée par Jean-Jacques Bourdin, ce mercredi 30 mars sur RMC, la "ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes" Laurence Rossignol a fait savoir que les enseignes de mode vendant des "vêtements islamiques" (voiles ou foulards) étaient ‘"irresponsables" car ils faisaient "d’un certain point de vue la promotion de l’enfermement du corps des femmes". Et alors que l’animateur lui objectait qu’il y a des femmes qui portent des foulards et des voiles par choix, elle a osé cette réponse : "Il y a des femmes qui choisissent, il y avait aussi des nègres américains qui étaient pour l’esclavage." Madame la ministre, Dire que vous êtes la ministre des droits des femmes... Pardon : "Ministre des Familles (ça se veut inclusif), de l’Enfance et des Droits des femmes". Donc, Madame la ministre, vous vous octroyez le droit de faire référence, de manière très négative et assumée, à l’histoire de l’esclavage.

ChEEk Malaurie, participante à la commission féministe “Egalité des genres pour une société plus juste” (Calligraphie Jonathan Bdl) © Stéphane Burlot / Studio Hans Lucas Le mouvement de contestation sociale Nuit Debout, né le 31 mars dernier, s’impose petit à petit dans les villes de France. Place de la République, c’est une mini-société qui se construit. Elle se veut démocratique, engagée et égalitaire. On est allées voir quelle place est accordée à la parole féministe au sein de ce soulèvement populaire. Une société égalitaire doit aussi l’être entre les sexes. Mes origines et moi, du Maroc à l'Alsace — Nos Racines — T’es d’où, toi ? T’as l’air un peu méditerranéenne… espagnole peut-être ? Grecque ? Italienne ? Les gènes de mes parents ont bien bossé pour se mélanger : personne ne devine jamais mes origines.

Cessez d’employer le concept « d’esclavage  pour parler de la loi travail ! Le titre parle de lui-même : les punchlines du genre = esclavage doivent cesser. La notion d’exploitation suffit largement. En effet, plutôt que d’utiliser une catégorie aussi lourde de sens et IMPROPRE dans ce contexte, il serait plus judicieux de s’employer à repolitiser la notion d’exploitation auprès du grand public. Cette loi réactionnaire est l’occasion de remettre sur le devant de la scène un ensemble de sujets relatifs à la violence du capitalisme, mais pas en disant tout et n’importe quoi. Cet usage du terme « esclavage » est trop fréquent. La question de savoir si on en emploie ce terme « tant que ça » par rapport à d’autres expressions phares de la contestation ne m’intéresse pas vraiment.

La misogynie, arme de silenciation massive J’ai appris avec le militantisme que si je ne voulais pas me laisser bouffer intégralement par la colère, il fallait que j’en fasse quelque chose. Des mots, des idées, des actions, n’importe quoi, mais qu’il ne fallait surtout pas que je la laisse me bouffer de l’intérieur. Ce billet est le résultat d’une très grande colère. A la fin d’une récente intervention, une jeune femme m’a demandé comment, concrètement, les femmes pouvaient continuer à prendre la parole sur internet quand leurs opinions et leurs idées se heurtaient si souvent à de la dérision, du mépris, de l’agressivité, ou pire. Je venais d’évoquer, notamment, ce que signifiait pour moi et tant d’autres femmes d’être blogueuse féministe et de donner mon avis sur internet.

Nous étions la génération vernie, par Raphaël Glucksmann Raphaël Glucksmann a confié à Mediapart l'introduction à son nouveau livre, Génération gueule de bois. Manuel de lutte contre les réacs, à paraître ce 26 février. Jusqu’aux attentats de janvier, « nous étions des démocrates paresseux, des humanistes indolents. La raison populiste Qu’est ce que le populisme ? La réponse à cette question semble aller de soi lors qu’on utilise le terme pour dénigrer un adversaire politique. Pratiquement personne ne penserait à contester le caractère populiste d’Hugo Chávez (au Venezuela), de Jean-Marie Le Pen (en France) ou de Juan Domingo Perón (en Argentine), pour ne prendre que ces trois exemples. Pourtant, dès l’abord de ces premiers cas paradigmatiques, une première difficulté saute aux yeux : quel est l’élément commun (définitionnel) permettant de regrouper un ensemble hétérogène de phénomènes sous une même étiquette ? Quel est le lien entre Le Pen et Chávez ?

Violeur au-delà du périph’, séducteur en deçà Dans le traitement médiatique du « troussage de domestique », les journalistes français ont, pour les moins personnellement affectés d’entre eux, voulu faire preuve de « retenue ». Ainsi, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a-t-il, dès le 17 mai, engagé les télévisions à ne pas diffuser d’images de l’accusé menotté, conformément à une présomption d’innocence médiatique dont ne jouissent que trop rarement les inculpés de banlieue. Selon donc que vous soyez un jeune Noir de cité ou un vieux politicien blanc, les jugements médiatiques vous rendront sans la moindre retenue odieux violeur ou – « avec retenue » – séducteur malheureux.

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