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Nous ne revendiquons rien, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 29 mars 2016)

Nous ne revendiquons rien, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 29 mars 2016)
Au point où nous en sommes, il faut être épais pour ne pas voir qu’il en va dans les mouvements sociaux actuels de bien plus qu’une loi et ses barèmes d’indemnités. Mais l’épaisseur, en tout cas en ce sens, c’est bien ce qui manque le moins à ceux qui nous gouvernent et à leurs commentateurs embarqués. Aussi tout ce petit monde continue-t-il de s’agiter comme un théâtre d’ombres, et à jouer une comédie chaque jour plus absurde, les uns affairés à peser au trébuchet leurs concessions cosmétiques, les autres leurs gains dérisoires, les troisièmes à faire l’éloge du raisonnable ou à préparer gravement « la primaire ». Et tous se demandent quelle est la meilleure couleur pour repeindre la clôture du jardinet qu’ils continuent d’entretenir sur les flancs du volcan déjà secoué de grondements. Lire aussi Sophie Béroud, « Imposture de la démocratie d’entreprise », Le Monde diplomatique, avril 2016. Et pas seulement celle-là.

http://blog.mondediplo.net/2016-03-29-Nous-ne-revendiquons-rien

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Frédéric LORDON : « J'ai peur que Podemos finisse aussi mal que Syriza » Pour accéder à tous nos contenus, vous devez être abonné… L’abonnement c’est maintenant ! (et c’est très simple) Et si on fermait la Bourse..., par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, février 2010) Pour un peu, le grand spectacle de ces deux dernières années nous l’aurait presque fait oublier : là où la finance « de marché »* (les astérisques renvoient au glossaire), appellation un peu idiote mais il en faut bien une pour faire la différence, semble s’activer dans un univers clos, loin de tout et notamment du reste de l’économie, la finance actionnariale*, celle des propriétaires des moyens de production, campe à l’année sur le dos des entreprises — et, comme toujours, en dernière analyse, des salariés. Il a fallu la « mode du suicide » si délicatement diagnostiquée par M. Contre toutes les tentatives de dénégation dont on entend d’ici les accents scandalisés, il faut redire le lien de cause à effet qui mène du pouvoir actionnarial, dont plus rien dans les structures présentes du capitalisme ne retient les extravagantes demandes, à toutes les formes, parfois les plus extrêmes, de la déréliction salariale. Or c’est peu dire que les promesses positives de la Bourse sont douteuses.

Quel avenir pour le travail ? Va-t-on travailler moins ? Est-ce que l’emploi est en train de disparaître ? Avec quelles implications et quelles solutions ? Regards croisés de Dominique Méda, sociologue et philosophe, et Paul Jorion, chercheur en sciences sociales. © Quentin Caffier Pour la république sociale, par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, mars 2016) C’est bien l’esprit de Lampedusa (1) qui plane sur l’époque : tout changer pour que rien ne change. Et encore, « tout changer »… A peine feindre. A moins, ce qui serait presque pire, qu’ils ne soient sincères : on ne peut pas exclure en effet que les protagonistes de la « primaire à gauche » soient convaincus de produire une innovation politique radicale, alors qu’ils bafouillent la langue morte de la Ve République.

Lettre ouverte à un·e ami·e socialiste Bonjour cher·e ami·e. Comment vas-tu ? Il faut dire que ça faisait longtemps. Hors-Série - Des entretiens filmés avec de la vraie critique dedans Judith Bernard A l'occasion de la sortie du livre A nos amis, du Comité Invisible, le Lieu-Dit a organisé à l'automne dernier une rencontre-débat entre Eric Hazan et Frédéric Lordon. Le premier dirige La Fabrique, et se trouve être l'éditeur du Comité Invisible, depuis L'insurrection qui vient. Le second est philosophe (spinoziste) et économiste (hétérodoxe) : au delà de leur profonde amitié, ils ont, sur l'Etat et les stratégies de subversion que le Comité Invisible promeut, des opinions qui peuvent parfois diverger ; sans compter les questions et interpellations du public, vives...

Brexit : post-référendum, oligarchie triste, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 6 juillet 2016) Les Britanniques, dit-on, ont accoutumé, contemplant la mer depuis la côte de Douvres les jours de brouillard, de dire avec cet humour qui n’appartient qu’à eux que « le continent est isolé ». Mais c’est de l’humour. C’est avec le plus grand sérieux au contraire que le commentariat européiste s’est exclamé qu’après le Brexit, « le Royaume-Uni est isolé ». Il faut tenir l’indigence de ce genre d’argument pour un indicateur robuste des extrémités politiques et rhétoriques où se trouve rendue la « défense de l’Europe », qui n’a plus que ça en stock — ça et « la guerre » — pour tenter de s’opposer à la vague sur le point de tout emporter. Faute d’avoir pu convaincre positivement les populations de l’évidence de ses bienfaits, le néolibéralisme, succursale européenne en tête, n’a donc plus que la ressource d’osciller entre l’imaginaire du camp (remparts, miradors, barbelés) et celui du rutabaga pour retenir les populations de lui régler son compte.

#LoiTravail : que peuvent les mobilisations en ligne ? Le mercredi 9 et le jeudi 17 mars, les manifestations contre la loi El Khomri ont fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des médias : la mobilisation d’ampleur qui avait pris sur Internet les semaines précédentes allait-elle se traduire dans la rue ? Pétitions en ligne, vidéos de YouTubeurs à succès ou groupes Facebook appelant à la grève, la contestation s’est fait entendre sur de nombreux supports, et a suscité différentes interrogations quant à ses objectifs et ses impacts potentiels. Les manifestations de rue et les mobilisations en ligne partagent le même attrait pour le chiffre. Le succès des mobilisations des 9 et 17 mars contre la loi travail a été évalué à l’aune du nombre de personnes descendues dans la rue. De nouveaux indicateurs

Tourist.information a ajouté dans votre équipe : Nuit debout, convergences, horizontalité, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 25 avril 2016) D’après-vous, qu’est-ce qui a bien pu décider le gouvernement à proposer un tel projet de réforme, et de quoi la loi El Khomri serait-elle le symbole ? Lire aussi , « Fin de cycle pour la social-démocratie », Le Monde diplomatique, mars 2016. Il n’y a aucune autre explication que l’aveuglement idéologique le plus absolu. Martin Winckler : “'Hippocrate' m’a ramené trente ans en arrière !” Saisi par le réalisme d'“Hippocrate”, Martin Winckler a aimé le film de Thomas Lilti. L'écrivain-médecin nous explique pourquoi. Dans ses romans (La Maladie de Sachs, Le Chœur des femmes, En souvenir d’André, etc.), Martin Winckler ne cesse de décrire, avec un grand sens critique et sa propre expérience de praticien, les absurdités de la médecine. Depuis Montréal, où il vit depuis 2008, il explique pourquoi il a aimé Hippocrate, de Thomas Lilti. Qu’avez-vous pensé d’Hippocrate ?

Frédéric Lordon : « La jonction de la jeunesse et du salariat est le pire cauchemar du pouvoir » – Le Comptoir Le Comptoir : Vous êtes l’un des rares intellectuels que nous voyons aux côtés des manifestants. Le rôle de l’intellectuel a-t-il changé ? Frédéric Lordon : Je ne sais pas s’il a changé ou si ce sont les gens que l’on appelait auparavant “intellectuels” qui ont changé. Depuis la fin des années 1970, qui étaient des années de haute théorie et d’engagement politique intense, les universitaires se sont repliés dans leurs tours d’ivoire. Frédéric Lordon au Bondy Blog : “Avec Nuit Debout, le feu n’a pas pris” Frédéric Lordon est l’une des figures de Nuit Debout. Très peu bavard dans les médias, l’économiste, directeur de recherche au CNRS, a accepté de répondre au Bondy Blog dans un long entretien. Au menu : Nuit debout, mort d’Adama Traoré, héritage de Michel Rocard.

La loi El Khomri « atomise le syndicalisme » Le Monde | • Mis à jour le | Propos recueillis par Anne Rodier Jean-Marie Pernot, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales, spécialiste de la représentation salariale et des négociations collectives analyse les conséquences du projet de loi El Khomri sur l’efficacité du dialogue social. La « première ambition » du projet de loi El Khomri est « de donner plus de place à la négociation collective » déclarait, le 14 mars, le premier ministre, après sa rencontre avec les partenaires sociaux.

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