
François Dubet - L'égalité des chances à la française François Dubet est professeur de sociologie à l'Université de Bordeaux II (France), directeur d’études à l'EHESS de Paris et chercheur au Centre Émile Durkheim (Bordeaux). Il a été le fondateur du LAPSAC (Laboratoire d'Analyse des Problèmes Sociaux et de l'Action collective). Il est membre du Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS) et il l fait partie de l'École doctorale "Sciences sociales : société, santé, décision" (ED 303). Par ailleurs, François Dubet est membre du comité de rédaction de la revue Sociologie du travail et du comité scientifique de plusieurs autres revues. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les mouvements sociaux, les problèmes urbains, la marginalité juvénile, la délinquance, l’école, la socialisation, le travail et la théorie sociologique. > Voir sa page perso avec biblio complète et récente (Centre E. > Bibliographie sélective : - Les Sociétés et leur école.
Egalité des droits, des chances, des situations , Paris, Le livre de poche, coll. ''Pluriel", p. 32-34 De quoi parle-t-on lorsqu'on traite des inégalités : des droits, des chances ou des situations ? L'égalité des droits a été établie pour la première fois en France en 1789, lorsque l'Assemblée nationale constituante du 26 août eut voté et proclamé que l'égalité de tous devant la loi était un"droit naturel et imprescriptible de l'homme". Depuis lors, et sans parler des diverses restrictions qui ont été imposées par la suite à l'égalité des droits, on s'est aperçu que des droits égaux n'avaient pas automatiquement des conséquences égales. En l'absence d'actions correctrices, l'égalité des droits annulait, certes, les privilèges institutionnels, mais elle laissait carrière aux inégalités"naturelles" de la force, de la santé, du courage, de la volonté, du caractère, de la fortune, de la culture... C'est alors que s'est forgée la notion d'égalité dés chances. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Les Français et les inégalités Depuis Tocqueville, il est entendu que les Français développent une passion pour l’égalité. Diverses enquêtes (notamment l’International Social Survey Program en 1999) ont effectivement montré que les Français sont, et de loin, parmi les plus nombreux des habitants des pays développés à déclarer que « les inégalités dans le pays sont trop grandes » : 60% d’entre deux sont tout à fait d’accord avec cette idée, contre seulement 31% des Britanniques, 29% des Suédois, 25% des Américains (où pourtant, on le sait, les inégalités sont très fortes). Cependant, dénoncer les inégalités est une chose, adhérer à des principes égalitaires et à des idées de justice en est une autre car d’une part l’intensité de la réduction des inégalités souhaitée peut être très variable et d’autre part les critères sur lesquels elle se fonde peuvent être également très divers. L’analyse des principes de justice auxquels ils souscrivent montre également que leur jugement est nuancé. 1. © Telos.
Les inégalités sont-elles devenues incontrôlables ? François Dubet est professeur de sociologie émérite à l’université de Bordeaux II et directeur d’études à l’EHESS. Il a notamment publié Les Places et les Chances (2010) et La Préférence pour l’inégalité (2014) au Seuil. Il publie Tous inégaux, tous singuliers. Repenser la solidarité (Seuil, 04/03/2022), où il s’intéresse non pas aux grandes inégalités que l’on dénonce généralement mais aux inégalités ordinaires, celles qui font le quotidien : les inégalités urbaines et territoriales, les inégalités scolaires, les inégalités découlant de discriminations… "On se facilite un peu la vie en isolant d'un côté les hyper-hyper riches et, de l'autre, les hyper-hyper pauvres. Le tableau des inégalités est un peu plus compliqué que ça" dit-il. Il décrit un nouveau régime d'inégalités centré sur l’égalité des chances.
Le mythe de l’égalité des chances démonté en 4 planches BD Depuis notre naissance, sommes nous tous bien égaux dans nos chances de trouver notre place dans la société ? Si les institutions publiques doivent garantir l’égalité des chances, en pratique, c’est loin d’être si simple… Une petite bande dessinée explique pourquoi. On entend souvent parler d’égalité des chances en société, comme si celle-ci était un acquis, un fait intangible, un atout des sociétés développées. Dans les faits, l’égalité des chances, c’est comme la démocratie : un objectif de société plus qu’un état de fait. Par ailleurs, la singularité complexe de chaque noyau familial engendre forcément des inégalités diverses dont les conséquences peuvent prendre de lourdes proportions dans la vie de l’enfant. Du titre « On a plate » (sur un plateau), elle nous rappelle combien la perpétuation des inégalités a longtemps été un moyen pour les élites de conserver les privilèges. Source : positivr.fr / Crédit illustration : Toby Morris