background preloader

L'affaire Dreyfus et son traitement médiatique

L'affaire Dreyfus et son traitement médiatique

L'antisémitisme au cœur de l'Affaire Dreyfus Contexte historique L’Affaire Dreyfus, la cristallisation de la haine antisémite en France Au moment de la réalisation de ces documents, la France est marquée depuis 1894 par l’Affaire Dreyfus. D’une simple accusation d’espionnage à l’encontre d’un capitaine de l’armée française, la situation a dégénéré en un scandale politique et judiciaire. En effet, lors de la condamnation à perpétuité de Dreyfus en 1895, peu de français doutent de sa culpabilité et de sa trahison aux profits de l’Allemagne. Analyse des images « Les monstres » qui soutiennent la cause de Dreyfus. Ces documents appartiennent à une série de caricatures datant des années 1899/1900 et visant à prouver l’immoralité de la cause dreyfusarde. Interprétation La peur du complot, une base de l’antisémitisme Dans les ouvrages antisémites, comme La France Juive de Drumont, les Juifs sont considérés comme apatrides.

L'antisémitisme au cœur de l'Affaire Dreyfus L’Affaire Dreyfus, la cristallisation de la haine antisémite en France Au moment de la réalisation de ces documents, la France est marquée depuis 1894 par l’Affaire Dreyfus. D’une simple accusation d’espionnage à l’encontre d’un capitaine de l’armée française, la situation a dégénéré en un scandale politique et judiciaire. « Les monstres » qui soutiennent la cause de Dreyfus. Ces documents appartiennent à une série de caricatures datant des années 1899/1900 et visant à prouver l’immoralité de la cause dreyfusarde. La peur du complot, une base de l’antisémitisme Dans les ouvrages antisémites, comme La France Juive de Drumont, les Juifs sont considérés comme apatrides. Auteur : Vincent DOUMERC La manifestation antiparlementaire du 6 février 1934 à Paris La manifestation antiparlementaire du 6 février 1934 constitue l'une des crises politiques majeures de la IIIe République. Depuis les débuts de la crise économique en France, les différents gouvernements de la IIIe République (la droite libérale de 1930 à 1932 ; les radicaux depuis 1932) doivent faire face à la montée d'une importante contestation politique. Les mouvements antiparlementaires, notamment les ligues d'extrême-droite, connaissent en effet un essor spectaculaire. Au début de l'année 1934, se saisissant de l'affaire Stavisky, l'Action française lance une grande campagne contre le gouvernement des "voleurs et des assassins". Daladier devant être investi le 6 février 1934 par la Chambre des députés, plusieurs associations et organisations appellent à manifester au cours de cette journée. Rassemblés place de la Concorde, les ligueurs, dont certains sont armés, se fixent pour but de marcher sur le Palais Bourbon et d'envahir l'Assemblée nationale.

Journaux dreyfusards et anti-dreyfusards - Ac. Poitiers Journaux Dreyfusards et anti-dreyfusards L'écrasante majorité des journaux de Paris ou de province est antidreyfusarde : à 96% en 1898, 85% en 1899. Les grands quotidiens nationaux : Le Petit Journal, Le Petit Parisien, Le Journal, Le Matin: Quotidiens à grand tirage, s'adressant à un large public, ils restent dans une prudente réserve au début de l'Affaire sans toutefois toujours résister à la tentation antisémite (Le petit Journal). Cependant, après le procès tous deviennent antidreyfusards. jugées abominables par Zola.

La presse à la Une L'Aurore n° 87, page une 13 janvier 1898. 61 × 45 cm BnF, Droit, Économie, Politique, GR FOL-LC2-5691 © BnF Article de combat, le « J’accuse…! Stavisky : L'affaire dans les journaux quotidiens (1934) Ensemble de coupures de presse extraites de 91 journaux parus en 1934 sur les affaires Stavisky et Prince (L’Humanité, Excelsior, Le Petit Journal, L’Intransigeant, L’Ami du peuple, Le Matin, Le Salut publique, Paris-Soir, Le Quotidien, L’Éclaireur de l’Est, La Petit Gironde, La Tribune, L’Action française, La Liberté, Le Courrier du Pas-de-Calais, etc.). L'affaire Stavisky est un scandale financier qui a défrayé la chronique judiciaire et politique de décembre 1933 à février 1934. Escroc ayant ses entrées dans le monde politique, Alexandre Stavisky (Slobodka, Ukraine, 1886-Chamonix 1934) monta une anarque de faux bons de caisse au nom du Crédit municipal de Bayonne. L’exploitation médiatique et politique de son suicide » suspect (9 janvier 1934) contribua à la chute du ministère Camille Chautemps (27 janvier) et à la journée du 6 février 1934. Pour en savoir plus, voir "L'affaire Stavisky. Voir aussi les autres lots de la collection Zoummeroff :

La formation de l'opinion publique Des centaines de titres Grâce à la loi sur la presse du 29 juillet 1881, très libérale, et aux progrès techniques (impressions rotatives à partir de 1872, composition mécanique par linotype française en 1887), les lecteurs disposent d'une centaine de journaux quotidiens à Paris et de 257 titres en province. Le Petit Journal se vend à un million d'exemplaires ; son supplément hebdomadaire illustré est vendu 5 centimes, avec une couverture en couleurs dès 1890. Les grands titres ont presque tous des suppléments où le ton moralisateur et la théâtralité des illustrations sont en continuité avec la littérature de colportage et inculquent le respect de valeurs modérées (P. Ory). Une affaire d'opinion publique Par la presse, l'affaire Dreyfus se développe essentiellement comme une affaire d'opinion publique ce que souhaite le déporté et ce que met en œuvre son frère Mathieu. La presse antidreyfusarde suivant >>Les brochures et les chansons

Dreyfus est mort (mais son message est toujours vivant pour L’Ouest-Eclair) Dreyfus est mort (mais son message est toujours vivant pour L’Ouest-Eclair) Le portrait qui s’affiche en première page de l’édition du 13 juillet 1935 de L’Ouest-Eclair montre un vieil homme portant un costume épais et un chapeau de feutre. Des lunettes aux verres foncés viennent barrer un visage sur lequel on devine des cheveux blancs, de même qu’une moustache immaculée. Bref, un homme d’un certain âge comme il y en a dans presque toutes les familles et comme on peut en croiser à quasiment chaque coin de rue. Sauf que cet individu est tellement célèbre que le quotidien breton ne prend même pas la peine de rappeler son prénom pour le désigner. En effet, tout le monde comprend quand le « journal républicain du matin » annonce en première page sur deux colonnes : « Dreyfus est mort » la veille, le 12 juillet 19351. Ajoutons d’ailleurs que tous les titres de la presse bretonne n’accordent pas la même importance à la nouvelle. Mais celle-ci est en réalité double. Erwan LE GALL

Le mythe de l'extrême droite des années 1920 : le « judéo-bolchevisme » Après la Révolution d'octobre 1917, une thèse antisémite se répand partout en Europe : les Juifs, à l'origine d'un « complot mondial », seraient les véritables artisans de la conquête du pouvoir par les bolcheviks en Russie et viseraient à étendre leur domination sur le reste de l'Occident. Une idée relevant totalement de l'amalgame et du fantasme, le rôle joué par la minorité juive de Russie dans la Révolution ayant été déformé et exagéré, entre autres par la propagande d'une partie des Russes blancs fidèles au tsar. Certains émigrés russes ont en effet crédité les Juifs des tueries commises après la Révolution, en particulier le meurtre de Nicolas II et de sa famille en 1918, décrit comme un « crime rituel » juif, comme le rapporte notamment Pierre-André Taguieff dans son ouvrage « La judéophobie des modernes ». À noter que dès le XIXe siècle, les mouvements conservateurs antisémites avaient attaqué les idées marxistes en insistant sur les origines juives de Karl Marx.

Related: