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A qui profitent les théories du complot ?

A qui profitent les théories du complot ?
Le 11 Septembre serait un coup de la CIA, les attentats de Charlie Hebdo, de la DCRI. A moins d’ailleurs qu’ils n’aient jamais eu lieu. 2015 aura été une année à succès pour les théories du complot. Quand survient un évènement, leurs adeptes refusent de croire les medias ou ce qu’ils nomment les « versions officielles ». Des théories qui ont certain succès chez les jeunes. Quelles conséquences de cette défiance généralisée sur le reste de la société ? A qui profite la crise de la dette en Grèce ? On a coutume des les appeler les théories du complot. Suivez-nous aussi sur: Intervenants Aurélie Ledoux : maître de conférences au département des Arts du spectacle de l'Université de Paris Ouest - Nanterre Raphaël Josset : chercheur au Centre d’études sur l’actuel et le quotidien Samuel Laurent : journaliste au Monde, responsable de la rubrique "Les Décodeurs"

http://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/qui-profitent-les-theories-du-complot

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Comment les anti-avortement pratiquent la désinformation sur le Web Le gouvernement a lancé un site Internet et un numéro vert pour contrer les sites « pro-vie » qui ne disent pas leur nom. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Samuel Laurent En ce lundi 28 septembre, Journée mondiale pour le droit à l’avortement, le gouvernement a lancé un numéro vert pour renseigner sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), le 0800 08 11 11, associé à un site officiel, ivg.gouv.fr et à une campagne de communication. Car sur ce sujet sensible, l’information sur Internet est pléthorique mais loin d’être neutre. Tapez « IVG » ou « avortement » sur un moteur de recherche, et vous trouverez, parmi les premiers liens, des sites comme ivg.net ou encore ecouteivg.org . En apparence, ce sont des sites d’information ou d’aide pour des femmes confrontées à la question de l’avortement.

« La démocratie des crédules  Gérald Bronner invité des matins de France culture le 7 mars 2013. Connaissance et crédulité ne sont pas des vases communicants : la croissance de la connaissance n’entraîne pas la décroissance de la croyance. Internet produit de l’information – vraie ou fausse – et favorise la croyance plus que la connaissance. C’est pour les indécis que c’est problématique : les croyants (de théories magiques voire farfelues – théories du complot) sont beaucoup plus prolixes parce que plus motivés – et convaincants – que les non-croyants qui n’ont pas consacré de temps à trouver des contre arguments. « Tout ne peut pas être faux » est l’argument phare du croyant. Il est beaucoup plus difficile de prouver que quelque chose n’existe pas plutôt que quelque chose existe. Le « biais de confirmation » pousse à creuser un sillon pré-établi selon ses convictions, et non à chercher la controverse qui nous enrichirait.

Les trois questions à se poser face à une théorie du complot "Spicee", média d'information en ligne, publie en partenariat avec Europe 1 "Conspi Hunter", une série de documentaires visant à mettre en lumière et démonter les mécaniques à l'œuvre dans les "théories du complot". Dans son deuxième numéro (la vidéo ci-dessus, en illustration de l'article), les réalisateurs expliquent quelles sont les trois questions à se poser systématiquement devant une théorie du complot : quelle est la source de ces théories ? Que se passe-t-il si on les pousse jusqu'au bout ?

Charlie Hebdo : comment se développent les théories du complot - 23 janvier 2015 Alors que la machine "complotiste" tourne à plein régime depuis la tuerie de Charlie Hebdo, Najat Vallaud-Belkacem a enjoint vendredi 23 janvier les médias à prendre "une part de responsabilité dans ce qu'ils rapportent", se déclarant "préoccupée" par les rumeurs et thèses conspirationnistes. Lors d'une table ronde au collège Jean Moulin de Pontault-Combault (Seine-et-Marne), la ministre de l'Éducation a dit vouloir "profiter de la présence des médias" venus pour couvrir l'évènement, et a déclaré qu'"il [fallait] qu'ils prennent une part de responsabilité dans ce qu'ils rapportent". "Il faut se rendre compte de ce que les enfants retiennent en voyant les médias.

Qui est Hoaxbuster, le site qui démonte les rumeurs ? Un jour de la fin des années 1990, Guillaume Brossard en a eu assez que ses collègues de bureau croient ce qu'ils lisaient et pas ce qu'il leur disait. Dans leurs boîtes e-mails, alors le grand outil d'échange de cette lointaine époque d'avant les réseaux sociaux, venait d'arriver le énième canular laissant croire que Microsoft allait sauver un petit enfant malade si tout le monde voulait bien faire suivre ce message. « Je n'arrêtais pas de leur répéter : “Arrêtez de transférer n'importe quoi”, se souvient-il. Sans effet.

X-Files : quand la saison 10 remet en cause les attentats du 11 septembre Dans les années 1990, X-Files tapait du poing sur la table et clamait haut et fort que le gouvernement américain ne disait pas toute la vérité sur les extraterrestres. Vingt ans plus tard, tout ça semble un peu usé et dépassé. Du coup, Chris Carter a été obligé de remettre à jour ses théories du complot. Sauf que celles qui sont exposées dans la saison 10 risquent surtout d'agacer les Américains. Via le personnage de Tad O'Malley (Joel Mchale), pensé comme un éditorialiste grande gueule à la Fox News, Mulder et Scully se retrouvent embarqués dans une nouvelle doctrine conspirationniste, qui évoque pêle-mêle le réchauffement climatique, la guerre au Moyen-Orient, l'espionnage par la NSA, la militarisation de la police, des camps de prisonniers secrets aux USA, ou encore la "prise de contrôle de l'Amérique par un groupe de l'ONU, dirigé par des élites multinationales." Oui, ça sonne assez drôle.

Comment basculer dans le complotisme en trois clics ? "Spicee", média d'information en ligne, publie en partenariat avec Europe 1 "Conspi Hunter", une série de documentaires visant à mettre en lumière et démonter les mécaniques à l'œuvre dans les "théories du complot". Dans le quatrième numéro (la vidéo ci-dessus, en illustration de l'article), les réalisateurs montrent comment tomber sur une vidéo complotiste en trois clics. En prenant notamment un exemple : en quelques clics, deux lycéennes sont passées d'une recherche sur Google sur le Nutella à des prétendus "documentaires" sur les juifs. Selon le CPDSI, le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l'Islam, l'une d'elle a été rattrapée quelques temps plus tard à la frontière syrienne, tentant de rejoindre Daech. "Les théories conspirationnistes donnent une vision paranoïaque de la société, ce qui inspire la violence à son encontre", analysait jeudi à Europe 1 le réalisateur Thomas Huchon, journaliste à Spicee.

Rumeurs complotistes : de la croyance à la défiance Les attentats de l’année 2015 à Paris et de 2016 à Bruxelles ont fait renaître des rumeurs de complot bien connues, qui fonctionnent à la défiance à l’égard des médias et du pouvoir. Ces rumeurs témoignent de l’activité de groupes sociaux ou politiques qui utilisent à plein les nouvelles technologies. Mais la résistance s’organise aussi, et ces discours paraissent désormais dévalués lorsqu’ils essaient d’entrer sur le marché de l’information. « Chers ami(e)s Message de la Préfecture de Police de Paris, demandant de limiter les déplacement dans les centres commerciaux ce weekend, menace sur tout le territoire français, Paris comme en province, à faire tourner largement. La fin du journalisme Trois sphères sont en train de fusionner : la sphère de l’information, celle de la communication (le discours publicitaire, la propagande, le marketing, les relations publiques…), et celle de la culture de masse, c’est-à-dire une culture soumise par définition aux lois du marché, et qui se soumet à la sélection du marché. Plus précisément, l’une de ces sphères, celle de la communication, absorbe les deux autres. Il est de plus en plus difficile de distinguer ce qui relève de l’information, de la communication ou de la culture de masse. De plus en plus, un discours publicitaire et un titre de journal sont imaginés sur le même principe : accrocher, prendre des licences parfois importantes par rapport au contenu. L’effet de communication compte plus que l’effet d’information. Ce qui compte c’est d’avoir un contact ?

Algorithmes contre le baratin : “C'est aussi une démarche citoyenne” A partir de janvier 2016, deux équipes lyonnaises travailleront avec Le Monde.fr à une suite d’outils anti-bobards pour faciliter le travail des journalistes. Info ou intox ? Chaque jour, nous avons en moyenne près de 45 contacts avec des médias (réseaux sociaux, télévision, journaux en ligne, radio…). Nous sommes exposés à de telles quantités d’information que le mot-valise “infobésité” a été inventé pour désigner une consommation qui serait excessive (au risque de ne plus avoir le temps de réfléchir) ou de mauvaise qualité (les “bonnes” informations sont perdues au milieu des informations approximatives ou fausses). Le travail des journalistes consiste justement à trier, vérifier et mettre en perspective ces chiffres et déclarations qui nous engloutissent.

Les théories du complot dues aux errements des médias ? Après les événements tragiques qu’ont été les tueries de Charlie Hebdo et du magasin casher de la Porte de Vincennes -sans oublier les officiers de police-, beaucoup de médias ont semblé découvrir les fameuses « théories du complot » mettant en doute la « version officielle ». Tiens donc ! On se réveille ? Voilà pourtant quatorze ans au moins que toute la toile s’agite autour des événements de l’actualité pour trouver le sens caché de la réalité.

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