background preloader

Un jeune couple interpellé, seuls les flics ont entendu le mot « Daech »

Arthur habite près de Barbès, à Paris. Arthur n’est pas son vrai prénom. L’anonymat, il le réclame par peur des représailles. Assis dans un café, il me dit : « Je me suis rendu compte du danger que pouvait représenter l’Etat français. » Mercredi 25 novembre, peu après 16 heures, Arthur rentre chez lui. « Quatre gars en civil se ruent sur un type, le mettent au sol et commencent à [le] rouer de coups. » Coups de pieds, coups de poings. « Tu en veux aussi, c’est ça ? Arthur se réfugie derrière une porte d’immeuble : « Je me dis que c’est un règlement de comptes entre gangs, je ne veux pas prendre une balle perdue... A sa grande surprise, il entend bientôt une sirène : « Une voiture de flics est dans la rue, avec deux motos de police et cinq flics en vélo. Rue Affre, dans le XVIIIe arrondissement - Benoit Le Corre/Rue89 Arthur n’avait pas encore compris qu’il s’agissait de policiers en civils. « C’est trop dangereux, [les policiers] pourraient nous tabasser. » Etat d’urgence, état de violence

http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/29/jeune-couple-interpelle-seuls-les-flics-ont-entendu-mot-daech-262288

Related:  attentat 13 novembre 2015Politique et partageDéni de nos libertésAttentats/COP21:Etat d'urgence

L’antiterrorisme français en état de mort clinique Le système antiterroriste français, longtemps considéré comme excellent, est en état de mort clinique. Mais personne, ni au gouvernement ni dans l’opposition, n’a envie d’en signer l’acte de décès, faute de savoir par quoi le remplacer. Au fur et à mesure que l’enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis avance, les défauts de surveillance des auteurs, les mauvais choix opérationnels et la lourdeur du dispositif antiterroriste sont, une nouvelle fois, mis en exergue.

Benoît Hamon ou le retour des ruses de Mitterrand Il revient à la mémoire des habiletés d’au temps de la gauche, quand le bonheur nous était promis sur cette terre. Un homme faisait ronfler des mots. Nous changerions la vie «ici et maintenant», à peine gagnées les élections, et les masses populaires y crurent. En ce temps-là, pour surmonter la méfiance du peuple et les accusations des rivaux, François Mitterrand avait inventé une stratégie: «Être unitaire pour deux.» À l’époque, le PS était soumis aux bombardements sémantiques d’un faux allié communiste, âpre et puissant alors, organisé, ancré, farouche comme son secrétaire général Georges Marchais, qui instruisait procès après procès du socialisme, qui trahirait, c’était sa nature, à peine l’occasion lui en serait donné.

En prison chez moi pendant trois semaines Je me suis construit depuis dix ans au sein d’un milieu politique qui porte des valeurs sincères, qui se préoccupe du monde dans lequel il vit et œuvre de manière infatigable pour plus de justice sociale. Et quand j’utilise le mot « justice », je ne parle pas de cette justice portée par les institutions, de cette justice qui aujourd’hui m’assigne à résidence. Celle-là n’a de justice que le nom. Je me suis entouré durant toutes ces années d’êtres humains qui détestent le mensonge, qui prennent en main leur existence, s’inquiètent de l’évolution du monde et croient en plus d’égalité entre toutes et tous. Tout est discuté collectivement, soumis à la critique. On pense aux autres, on s’écoute, on se respecte, on se soutient.

Cette semaine au Parlement : COP21, immigration, contrôle des armes Cette semaine, une délégation de quinze députés se rendra à Paris pour participer à la Conférence des Nations unies sur le changement climatique. À Bruxelles, la commission des libertés civiles débattra des centres de crise en Grèce et en Italie. Les députés rencontreront également leurs homologues des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Enfin, les groupes politiques prépareront la prochaine session plénière qui se déroulera à Strasbourg du 14 au 17 décembre. Une délégation de quinze députés européens dirigée par Giovanni La Via (PPE, Italie) participera cette semaine à la Conférence des Nations unies sur le changement climatique à Paris. Dans une résolution adoptée en octobre, le Parlement a appelé l'Union européenne et ses États membres à proposer une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030, et à intensifier ses engagements en matière de financement du changement climatique.

Olivier Roy : « Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste » Par Olivier Roy, politologue spécialiste de l’islam La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder. Raymond Marcellin? Je m'en souviens... Raymond Marcellin, décédé mercredi à l'âge de 90 ans, aura été l'un des ministres les plus contestés de la Ve République. Titulaire de l'Intérieur du 31 mai 1968 à février 1974, il a été l'incarnation du retour à l'ordre musclé après les événements de Mai, dissolvant à deux reprises (1968 et 1973) des organisations politiques d'extrême gauche, dont la LCR, et d'extrême droite, dont Occident. «Mon devoir est de maintenir l'ordre, je le fais, voilà tout», explique-t-il sans état d'âme.

C’est officiel : la France envisage d’enfreindre les Droits de l’Homme Europe 1<author id="23296" type="name">Gaétan Supertino</author> C’est officiel : la France envisage de déroger aux Droits de l’homme, dans le cadre de l’état d’urgence décidé après les attentats. Le gouvernement a lui-même envoyé un courrier au Conseil de l’Europe pour l’en informer. "Les autorités françaises ont informé le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe d’un certain nombre de mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence […], mesures qui sont susceptibles de nécessiter une dérogation à certains droits garantis par la Convention européenne des droits de l’homme", peut-on lire sur le site du Conseil. Une procédure nécessaire pour se prémunir d’un éventuel procès auprès de la Cour européenne des Droits de l’homme (CEDH).

Islamophobie post-attentats : « C’est le musulman lambda qui est visé » « Après les attentats, on s’est demandé comment agir. » Nabil Ennasri préside le Collectif des musulmans de France (CMF). Le 28 novembre, il signe avec Samy Debah du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Idriss Sihamedi de BarakaCity (une « ONG islamique »), Fateh Kimouche d’Al-Kanz.org et Marwan Muhammad, ex-porte parole du CCIF et conseiller auprès de l’OSCE qui s’exprime « en tant que citoyen », un communiqué : « Après les attentats et les perquisitions, ensemble avec vous ». Au-delà des dissensions Ces cinq leaders d’opinion français, « musulmans assumés » pour citer Ennasri, peuvent toucher à travers leurs comptes sur les réseaux sociaux des centaines de milliers de personnes. Ils mutualisent donc leurs forces, au-delà de leurs désaccords (plusieurs « tweetclashs » ayant, par exemple, opposé Al Kanz et Nabil Ennasri, autour de la détermination de la date du début du mois de ramadan).

«Pourquoi on ne peut pas demander aux musulmans de se désolidariser de Daesh» « Les musulmans doivent dénoncer les attentats et se rassembler massivement contre le terrorisme ». En substance, c’est que nous répètent depuis plusieurs jours un certain nombre de responsables politiques, associatifs et médiatiques dans la suite de la déclaration de Alain Juppé face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC : « Les Français musulmans doivent dire clairement qu'ils n'ont rien à voir avec ces barbares de l'Etat Islamique. » La question de la désolidarisation des musulmans, qu’ils soient français ou non – cela importe peu l’opinion public en général – est une question ancienne. On parle d’une désolidarisation avec le terrorisme, le djihadisme, le salafisme et maintenant l’islamisme radical… Au cœur de cette démarche, le malaise réside souvent davantage dans le fait que cette injonction est formulée par des non-musulmans qui s’octroient précisément le droit de dire aux musulmans comment ils doivent se comporter.

Comment Macron m’a séduit puis trahi Je suis Adrien de Tricornot, je suis journaliste au Monde. En 2010, le groupe Le Monde avait de grosses difficultés financières et j’étais vice-président de la Société des Rédacteurs du Monde. Nous les journalistes, au travers de la Société des Rédacteurs du Monde, étions les principaux actionnaires du groupe*. Nous savions que nous allions devoir faire appel à de nouveaux investisseurs, et voir nos parts diminuer.

Related: