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Analyse. Ne pas tomber dans le piège de Daech

Analyse. Ne pas tomber dans le piège de Daech
Comment s’assurer que les terroristes ne l’emportent pas ? En gardant la tête froide, et surtout en résistant à la tentation d’une riposte militaire hâtive et mal préparée. Quand il se produit un événement choquant comme les attentats de Paris, il ne faut pas céder à la colère et à l’indignation, ni chercher des responsables, mais rester déterminé, garder la tête froide et réfléchir soigneusement. Ce qui est arrivé à Paris est une affreuse tragédie pour les victimes et une atteinte à tout ce qui nous est cher, mais il faut réagir avec la tête et non uniquement avec le cœur. Voici cinq leçons à garder à l’esprit. N° 1 Mettre la menace en perspective La mort soudaine et violente de quelque 130 personnes innocentes dans une ville en paix retient inévitablement notre attention, mais un événement comme celui-ci ne saurait ébranler les fondements de la société. Si la France et ses voisins tournent le dos aux réalisations des soixante dernières années, ce sera une victoire pour les assaillants.

http://www.courrierinternational.com/article/analyse-ne-pas-tomber-dans-le-piege-de-daech

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Après les attentats, les intellectuels pensent la riposte LE MONDE | • Mis à jour le | Par Nicolas Truong Des idées pour tenter de comprendre les sombres temps dans lesquels nous sommes plongés. Des réflexions pour résister à la terreur et à la sidération. Des analyses, parfois contradictoires, destinées à déjouer la panique et le prêt-à-penser. Enquête. Ce que veut vraiment l’Etat islamique Cette grande enquête publiée dans The Atlantic offre un éclairage sans précédent sur les objectifs et les fondements idéologiques de Daech. Soutenant la thèse selon laquelle l’organisation se définit essentiellement par sa lecture littérale du Coran, elle a suscité de nombreuses réactions. En voici, en exclusivité, l’essentiel. Qu’est-ce que l’Etat islamique [EI, Daech en arabe] ?

Le retour du boomerang Au-delà de la polémique électoralement intéressée, et assez indigne, sur les mesures de sécurité prises, ou mal prises, par le gouvernement, la classe politique, les médias, l’opinion elle-même devraient s’interroger sur leurs responsabilités de longue durée dans le désastre que nous vivons. Celui-ci est le fruit vénéneux d’un enchaînement d’erreurs que nous avons commises depuis au moins les années 1970, et que nous avons démocratiquement validées dans les urnes à intervalles réguliers. La démission de l’Europe sur la question palestinienne, dès lors que sa diplomatie commençait là où s’arrêtaient les intérêts israéliens, a installé le sentiment d’un «deux poids deux mesures», propice à l’instrumentalisation et à la radicalisation de la rancœur antioccidentale, voire antichrétienne et antisémite.

Terrorisme. Quatorze ans de violence politique en Europe de l’Ouest Les attaques terroristes contre la France le 13 novembre 2015 sont les plus meurtrières jamais perpétrées sur le sol français. D’après le dernier bilan provisoire, au moins 129 personnes ont perdu la vie et 300 ont été blessées. C’est aussi, rappelle The Economist avec ce graphique basé sur les données du Global Terrorism Database, “l’attaque terroriste la plus meurtrière d’Europe depuis les attentats de Madrid de 2004”. Pourquoi l’Etat islamique n’est pas dans une fuite en avant désordonnée mais dans une stratégie extrêmement pensée de déclenchement d’une guerre civile en Europe C'est une stratégie efficace et très séduisante pour le monde musulman car dans ces pays, surtout arabes, contrairement à l’Europe, le passé califal est très fortement et unanimement valorisé et glorifié, y compris aux niveaux éducatifs et officiels. Daech escompte donc prendre aux mots les leaders musulmans qui ont inculqué cette fierté impériale et tentent d’être ainsi cohérents avec les racines de leur histoire religieuse. En commençant avec une sourate du Coran, les jihadistes essayent de se montrer comme très orthodoxes, ce qui est le propre et la raison des succès des salafistes en général partout dans le monde. Les acteurs de l’EI essayent ainsi de séduire les cœurs des croyants intégristes qui ne sont pas forcement totalitaires.

La vraie nature de Daech L’Etat islamique et ses adeptes ne sont pas une bande de psychopathes en mal d’exaltation. C'est un groupe religieux et militaire organisé, disposant de dirigeants compétents avec une stratégie cohérente au service de la guerre sainte. «Nous ne gagnerons pas contre l’idéologie de Médine [de l’Islam radical] en arrêtant le kamikaze juste avant qu’il se fasse sauter.

Origine, nombre, financement... l'Etat islamique en cinq questions Une trentaine de pays sont réunis, lundi 15 septembre, à Paris pour décider des moyens à mettre en œuvre dans la lutte contre l'Etat islamique, deux jours après que le mouvement djihadiste sunnite a revendiqué dans une vidéo l'assassinat d'un troisième otage occidental. Pour les Etats-Unis, l’EI, qui sévit actuellement en Irak et en Syrie, est « plus qu'un groupe terroriste ». Il « allie idéologie et sophistication militaire. Il est incroyablement bien financé.

Terrorisme. Daech adopte la stratégie d’Al-Qaida En commettant des attentats sanglants dans différents pays, l’organisation Etat islamique renoue avec les méthodes d’Al-Qaida, qui avait préféré le djihadisme international à l’implantation territoriale. Beaucoup de points d’interrogation entourent les capacités terroristes de Daech. L’organisation a revendiqué le crash de l’avion russe dans le Sinaï, en Egypte [le 31 octobre], puis l’attentat à la bombe dans la banlieue sud de Beyrouth [le 12 novembre], puis les attaques de Paris. Il faut des capacités non négligeables pour mener toutes ces actions. Villepin : « Faire croire que nous sommes en guerre est un piège C’est une voix discordante. Mais elle est la bienvenue. Invité dimanche du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Dominique de Villepin a récusé l’idée « d’être en guerre », une expression abondamment utilisée par Manuel Valls, le PS et l’opposition depuis les attentats de vendredi soir. Or, pour l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, « nous sommes dans une période où les mots doivent avoir du sens ». « Une guerre ce sont deux États et deux armées qui se confrontent », justifie Dominique de Villepin, ce qui n’est pas le cas des terroristes qui ont agi à Paris et au Stade de France : « Le fait [que les terroristes aient] utilisé des Kalachnikovs, des grenades, un certain nombre de munitions [ne] constitue pas une armée reconnue dans le cadre d’un État.

Le tout-sécuritaire ne suffira pas C’est une évidence : le terrorisme se nourrit de la poudrière inégalitaire moyen-orientale, que nous avons largement contribuée à créer. Daech, « Etat islamique en Irak et au Levant », est directement issu de la décomposition du régime irakien, et plus généralement de l’effondrement du système de frontières établi dans la région en 1920. Après l’annexion du Koweït par l’Irak, en 1990-1991, les puissances coalisées avaient envoyé leurs troupes pour restituer le pétrole aux émirs – et aux compagnies occidentales. On inaugura au passage un nouveau cycle de guerres technologiques et asymétriques – quelques centaines de morts dans la coalition pour « libérer » le Koweït, contre plusieurs dizaines de milliers côté irakien. Concentration des ressources

Le djihadisme : des éléments pour comprendre Comme annoncé dans l'Éclairage du 14 novembre, « Pour contribuer à la réflexion après les attentats du 13 novembre 2015 », nous complétons nos propositions de ressources scientifiques pour aider à comprendre et à enseigner. Certaines sont en libre accès : d'autres sont des ouvrages en librairie dont nous présentons la table des matières et les comptes-rendus publiés. Nous remercions tous ceux qui nous ont suggéré des références, et vous invitons à continuer à le faire via la page de contact du site.

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