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Ebriété guerrière (Le Monde diplomatique, 17 novembre 2015)

Ebriété guerrière (Le Monde diplomatique, 17 novembre 2015)
« Etoiles » (un marché à Damas, en Syrie) cc Christophe Le 13 novembre 2015, une série de fusillades et d’explosions ont endeuillé Paris et Saint-Denis, provoquant la mort de 129 personnes. Les auteurs de ces attentats, souvent des jeunes Français musulmans, ont motivé leur acte en invoquant l’intervention militaire de leur pays en Syrie contre l’Organisation de l’Etat islamique (OEI). Deux jours plus tard, Paris a procédé à de nouveaux bombardements contre les positions de l’OEI en Syrie, principalement dans la « capitale » de l’organisation, à Rakka. Et, dorénavant, le gouvernement français comme l’opposition de droite s’accordent sur la nécessité de multiplier les « frappes » en Syrie. La seule question qui semble faire débat entre eux tient à la composition de la coalition internationale combattant l’OEI. L’existence d’une « coalition », tout d’abord : celle-ci est d’autant plus large que les buts de guerre de ses principaux membres diffèrent, parfois très sensiblement.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2015-11-16-Paris

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Facebook, Google, Apple : merci, mais la solidarité, c'est payer ses impôts en France Connus pour leur réactivité, les géants américains du web n’ont pas tardé à exprimer leur compassion après les attentats du 13 novembre. Le soir des attaques, Facebook est le premier à se faire le champion de cet élan de solidarité. Les membres du réseau social résidant en région parisienne sont aussitôt invités à se signaler « en sécurité » d’un simple clic. Un moyen efficace de rassurer ses proches, utilisé par plus de cinq millions de personnes. Le lendemain, nouvelle initiative : Facebook propose de recouvrir sa photo de profil d’un filtre bleu-blanc-rouge. Grand écran : Djihad 2.0 La France est le premier pourvoyeur européen de djihadistes en Syrie et en Irak. Selon les pointages effectués par les services de renseignement, près de 1 500 jeunes français sont impliqués d’une façon ou d’une autre dans les filières de cette nouvelle « guerre sainte ». Tous ou presque se sont radicalisés via internet. Depuis près de deux ans, une propagande terroriste extraordinairement efficace inonde en effet le web. A travers une maîtrise sans faille des réseaux sociaux et la production à la chaîne de vidéos ultra-violentes, truffées d’effets spéciaux et montées comme des clips de rap, les terroristes de l’organisation « Etat islamique » (ou Daesh) martèlent leur message de haine. Il est décuplé par l’utilisation de tous les codes des séries télé ou des jeux vidéos, familiers de la jeunesse occidentale.

Vos guerres, nos morts Ce sont les nôtres qui sont morts la nuit dernière. À la terrasse d’un restaurant, dans un bar, dans la rue, dans une salle de concert. Morts parce que des assassins ont décidé de frapper en plein Paris et de tirer dans la foule, avec pour objectif de faire le plus de victimes possible. 11h30.

« Avec nous, ou avec les terroristes » : les éditorialistes-faucons sont de retour Au-delà de l’évidente condamnation de ces actes ignobles et de l’expression de la solidarité avec les victimes et leurs proches, certaines organisations et certains individus ont tenté de faire entendre une voix discordante, refusant de s’identifier de manière acritique à la politique française, qu’elle soit étrangère ou intérieure. Ces voix discordantes ont-elles raison ? Là n’est pas la question. Il s’agit plutôt de savoir si elles ont le droit de s’exprimer dans l’espace public et, singulièrement, dans l’espace médiatique. Nous estimons que oui, car rien ne saurait justifier l’interruption du débat démocratique, a fortiori dans un moment où une population sous le choc a envie, et besoin, de réfléchir et de comprendre. Or de toute évidence, certains considèrent qu’il est urgent de faire taire ces voix dissonantes.

Enquête. Ce que veut vraiment l’Etat islamique Cette grande enquête publiée dans The Atlantic offre un éclairage sans précédent sur les objectifs et les fondements idéologiques de Daech. Soutenant la thèse selon laquelle l’organisation se définit essentiellement par sa lecture littérale du Coran, elle a suscité de nombreuses réactions. En voici, en exclusivité, l’essentiel. Qu’est-ce que l’Etat islamique [EI, Daech en arabe] ? D’où vient cette organisation et quelles sont ses intentions ? Jürgen Habermas: « Le djihadisme, une forme moderne de réaction au déracinement » LE MONDE | • Mis à jour le | Par Nicolas Weill (Propos recueillis par) Le président François Hollande veut définir un « état de guerre » adapté à la situation. Que pensez-vous de cette discussion ? Croyez-vous plus généralement qu’une modification de la Constitution soit une réponse adaptée aux attentats du 13 novembre ? Jürgen Habermas.- Il me semble sensé d’adapter à la situation actuelle les deux dispositions de la Constitution française relatives à l’état d’urgence.

Le rôle majeur des Kurdes dans la stabilité au Moyen-Orient Un article de Marti Blancho : La Turquie – tout comme l’ensemble de la communauté internationale – doit prendre conscience du rôle crucial qu’ont les Kurdes dans la lutte contre Daech, Al-Qaida et tous les intégrismes religieux ainsi que les poussées nationalistes.Alors que Recep Tayyip Erdogan affirme que deux partis politiques kurdes (PYD et PKK) ont planifié, avec Daech et les services secrets syriens, l’attentat qui a déchiré Ankara le 10 octobre, il est nécessaire de clarifier la situation. Car pour comparer les Kurdes à une armée de barbares intégristes et aux services secrets d’un pays sunnite, il faut être soit ignorant soit dangereux.

« Ils haïssent nos libertés » Ceux qui sont incapables de se souvenir du passé sont condamnés à le répéter.George Santayana Peu de temps après le 11-Septembre, le président de l’époque, George W. Bush n’avait aucun doute lorsqu’il expliqua la raison pour laquelle les terroristes avaient agi comme ils l’avaient fait : « Ils haïssent nos libertés : notre liberté de culte, notre liberté d’expression, notre liberté de voter, de nous assembler et d’exprimer nos désaccords ». Retour en 2015 : le président Barack H.

"Réformer la Constitution sous un prétexte sécuritaire est consternant" A la suite des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, François Hollande a fait part de sa volonté de modifier la Constitution "pour permettre aux pouvoirs publics d'agir, conformément à l'Etat de droit, contre le terrorisme de guerre". > Attentats: suivez l'évolution des événements Ce mercredi, le gouvernement a annoncé les principales mesures du projet de loi de prolongation et de réforme de la loi de 1955 sur l'état d'urgence.

Une bataille déjà perdue ?, par Philippe Leymarie (Les blogs du Diplo, 20 novembre 2015) « Vos guerres, nos morts »… Submergés par l’émotion, accablés par le chagrin, transportés parfois par la colère et la révolte contre l’injustice : nous avons été tout cela, ces jours-ci, à l’évocation du sort de ces cent vingt-neuf jeunes hommes et femmes exécutés au hasard, dans des lieux de convivialité, de ces centaines de traumatisés dans leurs corps et leurs âmes, par le malheur de leurs proches. « Les attentats de vendredi ont visé le fait de profiter de la vie, en allant voir un match, boire un verre, écouter de la musique », constate la neuropsychologue Sylvie Chokron. « Le risque est de voir se développer dans l’inconscient la peur de la vie » (2). Quelque chose n’a pas marché Lire « Ebriété guerrière », La valise diplomatique, 17 novembre 2015.La population a-t-elle été assez protégée ? Marteau-pilon Renforts à tous les étages Etoffer à nouveau maintenant les effectifs de police et gendarmerie ?

"L’Etat islamique est l’envers du décor sanglant de la mondialisation" Les attentats qui ont fait 129 morts à Paris ce 13 novembre ont été revendiqués par l’organisation Etat islamique. Pourquoi a-t-on été incapables d’endiguer la menace terroriste ? Myriam Benraad – Il faut d’abord dire, sans hypocrisie, que l’on savait très bien que des menaces pesaient sur la France depuis longtemps. Le traitement de l’épisode précédent – l’affaire du train Thalys – a été catastrophique à ce titre.

Etat d’urgence : « de graves violations des droits humains sont allégrement envisagées » Par Gilbert Achcar, professeur à l’Ecole des études orientales et africaines (SOAS, université de Londres) C’est en proclamant la « guerre » que François Hollande a réagi à l’abjection du terrorisme qui a derechef frappé en plein cœur de Paris – comme fit naguère George W. Bush face à « la mère de tous les attentats terroristes » en plein cœur de New York. Ce faisant, le président français a choisi d’ignorer les nombreuses critiques du choix fait par l’administration Bush, bien qu’elles constituassent en leur temps l’opinion dominante à cet égard en France même (une opinion partagée par Hubert Védrine et Dominique de Villepin).

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