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L'euro, ou la haine de la démocratie

L'euro, ou la haine de la démocratie
Forcément, ça leur a coupé la chique. Qu’on puisse jouer la carte de la démocratie, c’est la chose qui est maintenant tellement hors de leur entendement qu’elle les laisse toujours sidérés, pantois et démunis. Vraiment, à cet instant, on aurait voulu voir leurs têtes, mâchoires décrochées comme des tiroirs de commodes fraîchement cambriolées : Sapin, Hollande, Moscovici, leurs experts organiques, leurs journalistes de propagande, tous ceux qui n’ayant que la « modernité » à la bouche se sont si constamment efforcés d’en finir avec le peuple, pénible démos, et pénible démocratie quand il lui vient à l’idée de ne pas se contenter de valider ce qui a été décidé pour elle. Mais c’est une némésis et personne n’y pourra rien : il vient toujours un moment où la politique chassée par la porte revient par la fenêtre. Plus elle a été chassée obstinément d’ailleurs, et plus ses retours sont fracassants. Le référendum, ou le retour du refoulé Les institutions de la haine politique Le moment du chaos

http://blog.mondediplo.net/2015-06-29-L-euro-ou-la-haine-de-la-democratie

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Référendum en Grèce : les éditocrates et la démocratie en 140 signes Sitôt l’annonce faite par Alexis Tsipras, Premier ministre grec, de l’organisation dimanche 5 juillet d’un référendum sur le plan d’austérité « proposé » par l’ex-troïka, les éditocrates eurobéats se sont déchaînés sur Twitter. Et, en amoureux de la Grèce, ils n’ont pas manqué de rendre de vibrants hommages à la démocratie, sans jamais, au grand jamais, céder à la facilité, au raccourci ou à l’invective. Démonstration avec les tweets de trois d’entre eux (Jean-Michel Aphatie, Arnaud Leparmentier et Jean Quatremer), exemples exemplaires de la tendance de certains « grands » journalistes à abandonner toute volonté d’informer avec rigueur et à oublier tout sens de la mesure lorsque les choses ne se passent pas comme ils l’auraient souhaité [1]. À tout seigneur tout honneur, difficile de ne pas débuter cette « revue de tweets » par ce grand connaisseur de la Grèce, où il est allé plusieurs fois en vacances, qu’est Jean Quatremer :

Le rêve éveillé européiste C’est probablement d’avoir pris pareille raclée aux dernières élections européennes qui pousse irrésistiblement le parti européiste aux ultimes recours du rêve éveillé. En l’occurrence le rêve a une figure nouvelle, jeune et avenante, et puis aussi un nom : ceux de Matteo Renzi. Il n’avait d’ailleurs pas fallu vingt-quatre heures aux Déconfits pour se jeter sur cette providence inespérée, et célébrer en le président du conseil italien la preuve vivante et formelle que « Vrai (sic) leçon pour @fhollande : Matteo Renzi montre que les réformes et le courage politique payent » – évidemment c’est du Quatremer dans le texte, en date du 26 mai même, car le cri de joie n’attend pas, qui plus est en langue twitter, mais peu importe, il y a bien là comme le fond d’une pensée, et d’ailleurs en tous les sens du terme. L’Europe rose – des éléphants ?

Pour étrangler la Grèce, une Europe avec des guillemets D’un côté la Grèce, de l’autre l’Europe engagées dans un bras de fer dont le prochain point fort sera le référendum convoqué le 5 juillet : c’est dans ce registre sémantique que les médias puisent quotidiennement pour rendre compte de la tentative d’étranglement du gouvernement d’Alexis Tsipras. Si tout le monde comprend bien ce que recouvre le mot « Grèce », et pas seulement en termes géographiques, il n’en va pas de même pour le mot « Europe ». En l’occurrence, il ne s’agit ni des peuples ni des sociétés ni des Parlements nationaux des pays membres de l’Union européenne (UE) ni même du Parlement européen.

Les taches aveugles de « l'autre euro possible Un de ces lieux communs que l’éditorialisme prend pour de la pensée profonde se plaît à répéter que nous vivons une époque de constante accélération et que tout va toujours plus vite… Qu’on se rassure, il reste des domaines où l’on procède encore avec une sage lenteur, par exemple à propos de l’euro quand il s’agit de mettre l’une derrière l’autre deux idées conséquentes. Une ironie qui n’est sans doute pas inadvertante nous soumet la question de savoir si une autre Europe est possible dix ans après un référendum constitutionnel qui nous promettait déjà à sa manière une autre Europe possible — et dont on mettra difficilement au compte du « non » que la promesse n’en ait pas été tenue, puisque ce texte nous est revenu à l’identique sous la forme du Traité de Lisbonne (à quelques déclarations ronflantes près qui n’engageaient que de l’encre sur du papier). Les prérequis passionnels de la démocratie formelle

Pick & Boost - L'inconditionnel - journal sur le revenu de base Présentation du projet L'Inconditionnel, c'est un journal papier francophone qui explore les différentes facettes de l'idée du revenu de base inconditionnel, à travers des articles de fond, mais aussi des témoignages, des interviews, des dessins et des textes issus d'ateliers d'écriture. Diffusé gratuitement, il est destiné à toute personne curieuse de découvrir le formidable potentiel de cette idée novatrice.

Curée médiatique contre le référendum « irresponsable » d’Alexis Tsipras En 2011 déjà, l’annonce d’un référendum, finalement abandonné, sur le « plan de sauvetage » européen avait provoqué une levée de boucliers médiatique. De cette fronde contre le « dangereux coup de poker grec », Le Monde prenait déjà la tête : « Ce n’est pas ainsi que l’Europe doit fonctionner » assurait le quotidien, qui anticipait non sans cynisme un résultat défavorable : « Imagine-t-on d’ailleurs un peuple acceptant, unanime, une purge aussi violente que celle proposée ? [1] Ce lundi, deux jours après l’annonce d’Alexis Tsipras, l’éditocratie française a remis le couvert. Frédéric Lordon : « Il faut bloquer pour que tout se débloque » Frédéric Lordon, économiste, a prononcé ce discours lors de l’assemblée générale de la Nuit Debout, samedi 9 avril place de la République. Ecouter : Transcription : Où en sommes-nous ? On ne compte plus les villes de province où il y a une nuit debout, et la plaine européenne est en train de s’embraser également : Barcelone, Madrid, Saragosse, Nurcie, Bruxelles, Liège, Berlin. La place de la République elle-même s’est donnée une antenne à Stalingrad [métro Stalingrad, NDLR].

Grèce: pourquoi la position d'Alexis Tsipras reste cohérente Alexis Tsipras ne cède pas. Malgré les folles rumeurs qui ont été répandues toute la journée de mercredi 1er juillet, le Premier ministre hellénique a annoncé dans un discours à la nation qu'il maintenait le référendum de dimanche et qu'il continuait à appeler à voter « non. » La dégradation rapide de la situation économique, la fermeture des banques et la menace d'un durcissement des conditions d'accès des banques grecques à la liquidité d'urgence de la BCE ne l'ont donc pas fait flancher. « Jeu brouillon » ? La gauche et l’euro : liquider, reconstruire 1. L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible. 2. S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro », ou l’hypothèse d’un « autre euro possible », sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politiques. 3.

De quoi l'Euro et l'Europe sont-ils le nom ? Débat entre Anselm Jappe et Cédric Durand sur l'Europe [Enregistrement] Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle. Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail.

Grèce : quand les médias privés font la propagande du oui au référendum Des images bidonnées, des spots terrorisants, une répartition des temps de parole ubuesque... les télés privées plaident lourdement pour l'approbation du nouveau plan d'austérité. La contestation s'exprime sur le net. « Il faudra penser à prendre en photo le bulletin Non en sortant de l'isoloir, pour bien montrer à nos chefs qu'on a laissé le “Oui" dans l'urne », ironisait en direct un animateur de la chaîne privée Skaï, il y a quelques jours. Que sous-entendait-il ? Que sa direction lui imposait son vote au référendum?

Les entreprises ne créent pas l'emploi Il faut avoir sérieusement forcé sur les boissons fermentées, et se trouver victime de leur propension à faire paraître toutes les routes sinueuses, pour voir, comme s’y emploie le commentariat quasi-unanime, un tournant néolibéral dans les annonces récentes de François Hollande (1). Sans porter trop hauts les standards de la sobriété, la vérité appelle plutôt une de ces formulations dont Jean-Pierre Raffarin nous avait enchantés en son temps : la route est droite et la pente est forte — mais très descendante (et les freins viennent de lâcher). Entreprise, mon amour ? En effet, droit, c’est droit ! Et depuis l’origine. Evidemment, pour s’en apercevoir, il aurait fallu prêter un peu plus attention aux six premiers mois de la présidence Hollande, où tout a été posé pour cinq ans, et les actes et la logique des actes.

L’effroi du retraité allemand face à l’épouvantail grec, par Olivier Cyran (Le Monde diplomatique, juillet 2012) En ce matin de juin, l’essayiste le plus influent d’Allemagne tient audience au café Einstein, un établissement huppé de Berlin, à deux pas de la porte de Brandebourg. Le maître d’hôtel accompagne le visiteur dans l’arrière-salle réservée au Herr Doktor, où une équipe de télévision plie bagage. D’autres journalistes attendent leur tour. Il faut faire vite : une demi-heure par entretien. L’homme dont la presse allemande se dispute l’oracle est un ancien banquier sec et moustachu qui ne sourit jamais. Son nom, Thilo Sarrazin, pèse son quintal d’or sur le marché de l’édition : L’Allemagne court à sa perte, sorti en 2010, s’est arraché à un million et demi d’exemplaires — l’un des plus gros best-sellers outre-Rhin depuis 1945.

Clarté La question de l’euro échappera-t-elle un jour à la malédiction du FN ? Sans doute tout la destinait-elle à y tomber, spécialement en une époque où se mêlent toutes les confusions et toutes les hystéries, au point de rendre presque impossible le moindre débat rationnel. Mais que dire quand ce sont certains des avocats mêmes de la sortie de l’euro qui ajoutent au désordre intellectuel et, identifiés à gauche, en viennent à plaider d’invraisemblables alliances avec l’extrême-droite ? Le FN, ce terrible fléau, cette bénédiction Sauf à vivre dans le monde des rêves habermassien, l’expérience élémentaire enseigne l’improbabilité du débat ordonné – qui appelle des prérequis institutionnels très particuliers, comme ceux des institutions scientifiques, pour avoir sa chance.

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