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L’école face à l’aggravation de la détresse sociale

L’école face à l’aggravation de la détresse sociale
LE MONDE | • Mis à jour le | Par Mattea Battaglia Certains enfants nous disent : à quoi ça sert d’apprendre ? Plus tard, je serai chômeur… » C’est l’un des témoignages d’enseignants que reprend Jean-Paul Delahaye, inspecteur général de l’éducation nationale, dans son rapport « Grande pauvreté et réussite scolaire » révélé mardi 12 mai – une sorte de testament pour celui qui fut directeur général de l’enseignement scolaire du temps de Vincent Peillon, le bras droit de l’ex-ministre de l’éducation. En pleine remise en cause des réformes du collège et des programmes, ce rapport arrive comme un rappel : c’est d’abord pour les élèves les plus fragiles, dont le nombre n’a cessé de croître avec la crise, que la « refondation » de l’école a été engagée. L’une des grandes qualités de ce rapport, rédigé après enquête dans dix académies et audition de plus de 120 personnes, est de donner la parole aux équipes enseignantes.

http://www.lemonde.fr/education/article/2015/05/12/l-ecole-face-a-l-aggravation-de-la-detresse-sociale_4631875_1473685.html

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Trois intox sur la réforme du collège passées au crible Les débats houleux autour des nouveaux programmes du collège, que Najat Vallaud-Belkacem souhaite mettre en place dès septembre 2016, ne semblent pas près de s’apaiser. Entre les affirmations inexactes des opposants et les imprécisions du ministère de l’Education, on tente d'y voir clair sur le contenu réel d’une réforme soumise à consultation auprès des 800.000 enseignants de France, jusqu’au 12 juin prochain. 1L’intox : le latin et le grec vont disparaître

La réponse de Alain Boissinot Dans mon esprit, signaler que les langues anciennes n’occupent plus, au sein du système éducatif, la place qui a été la leur relève simplement du constat, assez banal au demeurant. Ce n’est en rien un avis sur l’opportunité de cette évolution… J’y vois un exemple, parmi d’autres possibles, du fait que le système des disciplines se modifie dans le temps : les hiérarchies bougent, de nouvelles disciplines apparaissent. Bref, les disciplines ne sont pas des essences, mais des constructions scientifiques et didactiques, sur lesquelles il est légitime –et souhaitable !- de s’interroger. S’agissant des langues anciennes, et notamment du latin qui a toujours été beaucoup plus enseigné que le grec, je connais bien les efforts qui ont été faits par beaucoup d’enseignants et par des associations particulièrement dynamiques pour renouveler leur enseignement, en tenant compte à la fois de nombreux travaux scientifiques et des transformations du public scolaire.

L’allongement inégal des scolarités 26 août 2014 - Les 10 % d’élèves sortis le plus tôt du système scolaire l’ont quitté à 17 ans, contre 26 ans pour les 10 % sortis le plus tard. Depuis le milieu des années 1990, les inégalités de durée de scolarité augmentent. Les inégalités de durée de scolarité augmentent. Entre le milieu des années 1980 et 2010, la durée de scolarité s’est accrue de quatre années pour le dixième qui a été le plus longtemps à l’école (passant de 22,2 à 26,3 ans), contre 1,3 année (de 15,7 à 17 ans) pour le dixième qui a connu le parcours le plus court. Depuis le milieu des années 1990, la situation s’est dégradée : l’âge moyen de sortie a baissé pour ceux qui quittent l’école le plus tôt de 0,2 année et a continué à augmenter pour ceux qui quittent l’école le plus tard (+1,5 année).

L'école française est trop élitiste Comment la rendre plus inclusive? Au fil des études de comparaisons internationales, l’image de l’école française ne cesse de s’assombrir. Le dernier rapport de l’OCDE brosse un tableau connu: un système scolaire voué à sélectionner une élite restreinte, mais où le niveau moyen des élèves se dégrade, en particulier depuis 10 ans, et qui laisse sur le carreau du grave échec scolaire près d’un enfant sur cinq; une sélection précoce qui fige les destins sociaux à la fin de la scolarité première et donne peu d’opportunité de seconde chance; un enseignement professionnel largement dévalorisé au profit des filières généralistes; des enseignants qui s’estiment peu préparés aux fonctions pédagogiques, non formés au travail collectif et qui, de surcroit, sont mal rémunérés et jouissent d’une faible considération. On ne dira jamais assez combien les effets psychologiques de l’école française sur le moral des Français sont délétères. Obsession familiale Ecole de masse ou d'élite

"L'école est une usine à normaliser, à légitimer les différences sociales" - ... Le Vif/L'Express : Vous écrivez que "la résignation est un plat qui se mange tôt". Comment expliquez-vous cette résignation d'une partie de la jeunesse ? Vincent Cespedes : On la résigne. On ne lui laisse aucun débouché qui pourrait conjuguer l'avenir et la passion. Retard scolaire : le grand écart entre milieux sociaux 19 septembre 2014 - 20,5 % des élèves issus de milieux défavorisés ont déjà redoublé au moins une fois à l’arrivée en sixième, soit six fois plus que ceux issus de milieux très favorisés. 20,5 % des élèves issus de milieux défavorisés [1] ont redoublé au moins une fois à l’arrivée en sixième (données 2011) soit six fois plus que les élèves dont les parents sont très favorisés (3,6 %) [2], indique une étude de l’Insee [3]. Un tiers des élèves de nationalité étrangère (32,4 %), eux-mêmes plus souvent de milieux populaires, sont concernés contre 11,8 % des élèves de nationalité française [4]. De la même façon, les élèves vivant dans une Zone urbaine sensible (Zus) ont aussi plus de risque d’avoir pris du retard à l’école : 21,7 % contre 11,6 % hors Zus. Photo / © morane - Fotolia.com

Acquisition des compétences scolaires : le collège aggrave les inégalités soc... Maîtriser la syntaxe, comprendre un texte ou savoir mener un raisonnement logique sont quelques-unes des compétences que les élèves sont censés acquérir durant leur scolarité. Dans quelle mesure l'environnement social et culturel des enfants affecte-t-il ces apprentissages ? Et l'école parvient-elle à déjouer cette influence ? Une étude récente, dont le ministère de l'Education Nationale vient de diffuser les principaux résultats, montre malheureusement que non seulement les inégalités sociales jouent à plein sur ces apprentissages, mais que le système scolaire, loin de les réduire, tend plutôt à les aggraver (Voir également la chronique de Philippe Watrelot sur le sujet).

François Dubet «Ce sont ceux qui tirent parti des inégalités qui résistent au... François Dubet (photo) est sociologue et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il vient de publier, avec Marie Duru-Bellat, 10 propositions pour changer l’école, aux éditions du Seuil. On reproche souvent à l’éducation nationale son immobilisme, est-ce injuste ?

Pourquoi les lycées privés réussissent si bien LE MONDE | • Mis à jour le | Par Mattea Battaglia Dossier spécial Classement des lycées 2016. « Les parents sont écoutés », « les élèves cadrés », « les enseignants moins absents… ou mieux remplacés »… Qui ne les a pas déjà entendues, ces a priori favorables qui poussent les familles à venir frapper à la porte du privé ? A ce ressenti, les indicateurs de valeur ajoutée des lycées (IVAL) apportent une assise arithmétique : parmi les 195 lycées généraux et technologiques qui affichent, au baccalauréat 2015, un taux de réussite brut de 100 %, pratiquement 90 % relèvent du privé, selon nos calculs. Dans le classement que Le Monde propose, ce sont 38 lycées privés qui s’imposent parmi les 50 premiers.

IDFO, Syndicat de personnels de direction, académie de Poitiers Un groupe de travail académique est constitué depuis la parution du décret et de son arrêté.( Voir article précédent sur le sujet) L’objectif de ce groupe est de décrypter en fonction des éléments institutionnels la future construction du collège. Cette page permet de synthétiser le travail en cours pour aider chacun dans sa compréhension. Cette page sera actualisée au fur et à mesure des travaux. Philippe Meirieu : Pour une Ecole de l’égalité réelle La Refondation ? Trop de questions sont restées sans réponse, trop de réponses restent insatisfaisantes. Moment fort, l'intervention de Philippe Meirieu en clôture de l’Université d’Automne 2015 du Snuipp a été fortement appréciée des enseignants en mal de reconnaissance. Professeur en sciences de l'éducation, vice-président de la région Rhône-Alpes en charge de la formation, Philippe Meirieu a captivé les enseignants en leur parlant de la transformation de l'Ecole, celle qu''ils attendaient avec l'alternance de 2012. Car la Refondation de l’Ecole s’imposait, et sur le papier, il y a bien des choses qui vont dans le bons sens comme l’idée du « plus de maîtres que de classes » ou l’accès à la scolarité des moins de trois ans. Pourtant, sur le terrain, les enseignants ont le sentiment que la Refondation a été usurpée.

Rentrée scolaire : une lecture détaillée de la réforme du collège La réforme part du constat que « le collège aggrave la difficulté scolaire », à en croire la ministre. Certes, le collège sous sa forme actuelle ne permet en effet pas l’épanouissement et l’émancipation individuelle des élèves, et reproduit largement les inégalités sociales et culturelles. Mais à la lecture des projets ministériels, force est de constater qu’il s’agit encore d’une contre-réforme drapée dans les habits vertueux de la pédagogie. “qui sont les anciens, qui sont les modernes" J’ai participé à l’émission Rue des Écoles “Education : qui sont les anciens et les modernes” diffusée sur France Culture le 25 octobre 2015. Elle avait été enregistrée une dizaine de jours auparavant. J’étais invité en compagnie de Blanche Lochmann de la société des agrégés de l’université et de François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie et maire adjoint sans étiquette de Versailles et auteur d’un livre récent sur l’école : “Les Déshérités”. M.

Carine Ossard : Décloisonner au collège Se libérer des cloisons qui isolent les disciplines les unes des autres, des grilles qui séparent l’Ecole de la Cité, des forteresses qu’édifient nos représentations figées et nos pratiques routinières : c’est déjà le beau travail mené au collège Villeneuve à Fréjus. En collaboration avec des collègues d’histoire-géographie, d’arts plastiques et d’occitan, Carine Ossard, professeure de français, y anime en quatrième une classe « Patrimoine et numérique ». Les élèves explorent avec des tablettes les richesses du patrimoine local et restituent leurs investigations sous formes de productions créatives et collaboratives, publiées en ligne. Par-delà les compétences développées, le plaisir du partage renforce celui de l’Ecole : « Je trouve qu’on ne s’épanouit jamais autant dans le métier d’enseignant que quand on ouvre les portes de sa classe pour accueillir les collègues et aller voir ce qui se passe ailleurs.

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