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L'idée choc étudiée en Islande : et si on retirait aux banques la capacité de créer de la monnaie ?

L'idée choc étudiée en Islande : et si on retirait aux banques la capacité de créer de la monnaie ?
Décidément, l'Islande est le pays de la créativité financière. Après avoir montré, en 2009, qu'il existait bien une alternative au transfert de la dette bancaire vers la dette publique, l'île nordique pourrait s'apprêter à réaliser une grande expérience monétaire. Le 31 mars dernier, en effet, le président du comité des affaires économiques de l'Althingi, le parlement islandais, Frosti Sigurdjonsson, a remis un rapport au premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson, sur la réforme du système monétaire islandais. Et c'est une véritable révolution qu'il propose. L'absence de maîtrise de la banque centrale sur le système monétaire Le rapport cherche en effet à réduire le risque de bulles et de crises dans le pays. Comment fonctionne le système actuel Dans le système actuel, ce sont en effet les banques commerciales qui créent l'essentiel de la masse monétaire, en accordant des prêts à discrétion. Le cas de la zone euro en est une preuve. Une idée ancienne Cette idée n'est, en réalité, pas neuve.

L'Islande a laissé ses banques faire faillite, et jeté des banquiers en prison. Et voici ce qui s'est produit L’Islande, l’une des nations les plus touchées par la crise bancaire, semble avoir complètement surmonté ses problèmes, et cette année, elle devrait être le premier pays du monde frappé par la crise de 2008 à dépasser le PIB le plus élevé qu’il avait atteint avant cette crise, rapporte ZeroHedge. Le pays est parvenu à ce résultat sans sacrifier son système social et les dépenses du gouvernement. Il y a encore quelques années, l’Islande est arrivée au bord de la faillite lorsque ses banques, qui au fil des ans s’étaient montrées bien trop audacieuses, se sont trouvées en situation de quasi-effondrement. Selon le Fonds monétaire international (FMI) l’Islande a réussi à se remettre totalement de la crise, sans avoir compromis son modèle social qui prévoit la gratuité des frais de santé et d’éducation. Le pays, qui ne fait pas partie de l’Union européenne, n’a pu compter que sur lui-même pour se relever, et pour se faire, il a opté pour une approche très originale mais efficace.

Philippe Estèbe : «Les grandes villes sont en train de prendre le pouvoir sur le territoire» L’égalité des territoires, une évidence ? Au moment où la République s’est dotée pour la première fois d’un ministère de l’Egalité des territoires, Philippe Estèbe, géographe, directeur de l’Institut des Hautes études d’aménagement des territoires en Europe, démonte le dogme. A l’heure de la métropolisation, tandis que la croissance a lieu dans les villes, que la mobilité et les réseaux deviennent dominants, nous sommes encore englués dans le «récit enchanté du village». Les réformes territoriales avancent, la réalité évolue, mais le mythe demeure. Comment expliquer cette «passion française» de l’égalité des territoires ? Par une mythologie rurale qui, depuis 1870, décrit la République comme un assemblage de villages. Vivons-nous encore dans ces traces-là ? Avec un siècle de retard sur les pays voisins, les grandes villes sont en train de prendre le pouvoir sur le territoire. La révolution industrielle a-t-elle ébranlé cette construction ? Contraints et forcés. Lesquels ? Exactement.

Un nouvel élan, mais pour quelle Europe ?, par Etienne Balibar (Le Monde diplomatique, mars 2014) L’Europe est morte, vive l’Europe ? Depuis le début de cette année, qui verra les élections au Parlement européen, les paradoxes et les incertitudes de la construction communautaire n’ont guère quitté l’actualité. D’un côté, les cassandres annoncent que la paralysie et la dissolution menacent toujours, puisque aucune des recettes appliquées n’a résolu la contradiction inhérente à une construction politique dont le principe directeur implique l’antagonisme des intérêts de ses membres. De l’autre, les tenants de la méthode Coué s’emparent de chaque signe « non négatif » pour annoncer qu’une fois de plus le projet européen profite de ses crises pour se relancer, en faisant prévaloir l’intérêt général sur les divergences. La partie décisive s’est jouée en Allemagne Au total, ces jugements s’annulent et ne peuvent donner lieu qu’à des joutes rhétoriques. Ce moment marque-t-il l’entrée dans une nouvelle phase ? D’où l’importance du second point. Comprimer les revenus, précariser le travail

Edition d'Epinal | Un peu moins de pubs aux entrées de ville : le cas d’Epinal - Vosges Matin Les panneaux publicitaires devront disparaître des entrées de ville à partir de demain lundi. (Photo Jean-Charles OLÉ) Votée en 2010, la loi Grenelle II entre en vigueur ce lundi 13 juillet, soit 5 ans après son passage devant l’Assemblée nationale et 3 ans après la parution de son décret d’application. Les panneaux publicitaires hors agglomération devront faire place nette dès demain. Fini les petites publicités pour les restaurants, stations services et autres garages qui poussent de manière intempestive sur le bord des routes aux entrées de ville. Cette réforme apporte un cadre plus restrictif aux dispositifs publicitaires (emplacement, densité, format…) tout en permettant le développement de nouveaux supports (écrans numériques). Tous les panneaux visés par cette réglementation qui resteront en place seront donc illégaux. « Nous allons laisser quelques mois afin que les publicitaires se mettent en règle. Règlement local Céline DUCHEMIN

Sidérurgie lorraine -Des de Wendel à Mittal : l’enrichissement ininterrompu des grandes familles bourgeoises Sidérurgie lorraine -Des de Wendel à Mittal : l’enrichissement ininterrompu des grandes familles bourgeoises L’annonce de la fermeture des hauts-fourneaux de Florange a refait parler de la sidérurgie lorraine et ce qui se passe dans cette vallée de la Fensch est assez représentatif de l’évolution de cette industrie. Le site de Florange s’étend sur plusieurs kilomètres et plusieurs communes. C’est le dernier site sidérurgique intégré de Lorraine qui comprend laminoirs, aciérie, cokerie, agglomération et hauts-fourneaux. Dans le cadre du plan Monnet de 1946, le gouvernement prévoyait une importante augmentation de la demande d’acier, notamment des aciers plats pour l’industrie automobile et l’électroménager. C’est ainsi que plusieurs groupes de l’acier, dont les de Wendel, créèrent la Sollac (Société lorraine de laminage continu), une usine géante alimentée par les hauts-fourneaux de la vallée de la Fensch. Les de Wendel : une famille en or De 1945 à 1981 : l’aide accrue de l’état

Imaginer un revenu garanti pour tous, par Mona Chollet On travaille, et, grâce à ce travail, on perçoit de l’argent. Une telle logique est si bien ancrée dans les esprits que la perspective d’instaurer un revenu inconditionnel, c’est-à-dire de verser à chacun une somme mensuelle suffisante pour lui permettre de vivre, indépendamment de son activité rémunérée, apparaît comme une aberration. Nous sommes encore persuadés de devoir arracher à une nature aride et ingrate les moyens de notre subsistance individuelle ; or la réalité est bien différente. Bourses étudiantes, congés parentaux, pensions de retraite, allocations familiales, indemnités de chômage, régime français des intermittents du spectacle, minima sociaux : autant de prestations qui ont en commun de découpler revenu et travail. Si insuffisants, si attaqués que puissent être tous ces dispositifs, ils montrent que le revenu garanti est une utopie « déjà là ». Mais précisons bien de quoi l’on parle exactement. De la campagne démocrate de 1972 aux Etats-Unisà la Belgique des années 1980

Géographie du capitalisme Inventeur de la « géographie radicale », David Harvey tente de concilier marxisme et géographie pour montrer que villes et terroirs s’efforcent de constituer des rentes de monopole. Car les injustices de la mondialisation s’incarnent dans des espaces : les pays du Sud victimes d’un développement inégal et, à l’inverse, les lieux où se développe une vision alternative du monde, comme Porto Alegre. Recensé : David Harvey, Géographie de la domination, Les Prairies Ordinaires, 2008, 118 p., 12 €. En mars 2008, un colloque international de géographie a réuni à l’université de Nanterre des chercheurs en sciences sociales autour du thème « Justice et injustice spatiale ». David Harvey est un géographe d’origine britannique qui a effectué l’essentiel de sa carrière aux États-Unis, où il enseigne encore à l’université de New York. Un espace propice à la pensée politique et à l’action, un espace au sein duquel peuvent se concevoir et se poursuivre des alternatives […]. Marxisme et géographie

Thomas Piketty ou le pari d’un capitalisme à visage humain, par Russell Jacoby (Le Monde diplomatique, août 2014) L’ouvrage de Thomas Piketty Le Capital au XXIe siècle (Seuil, 2013) est un phénomène sociologique autant qu’intellectuel. Il cristallise l’esprit de notre époque comme, en son temps, The Closing of the American Mind, d’Allan Bloom (1). Ce livre, qui dénonçait les études sur les femmes, le genre et les minorités dans les universités américaines, opposait la « médiocrité » du relativisme culturel à la « recherche de l’excellence » associée, dans l’esprit de Bloom, aux classiques grecs et romains. Même s’il eut peu de lecteurs (il était particulièrement pompeux), il alimentait le sentiment d’une destruction du système éducatif américain, voire de l’Amérique elle-même, par la faute des progressistes et de la gauche. Ce sentiment n’a rien perdu de sa vigueur. L’ouvrage vient ainsi traduire une inquiétude palpable : la société américaine, comme l’ensemble des sociétés du monde, serait de plus en plus inique. Pour certains à gauche, il n’y a là rien de nouveau.

Avec Thomas Piketty, pas de danger pour le capital au XXIe siècle, par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, avril 2015) Une notoriété mondiale comme celle de Thomas Piketty ne devrait pas suffire en principe à empêcher que lui soient posées quelques questions politiques. Disons même plus précisément quelques questions relatives à une tromperie inséparablement intellectuelle et politique, dont le plus sûr indice est donné, en creux, par une unanimité médiatique sans précédent, gage en soi de totale innocuité, comme pour tout ce qu’elle choisit de célébrer passionnément. Il faudrait vraiment que « le monde ait changé de base » pour que Libération, L’Obs, Le Monde, L’Expansion et aussi le New York Times, le Washington Post, etc., communient à ce degré de pâmoison en quoi que ce soit de sérieusement dérangeant. La célébration aveugle ne doit pas non plus conduire, symétriquement, à ignorer tout ce que l’ouvrage a de mérites. Or qu’est-ce que le capital ? Le capital, c’est ça — et pas seulement le hit-parade des riches du magazine Fortune. La guilde des experts à chapeau pointu Stratégie de l’escamotage

Les anciens de Fralib et leur coopérative lancent le thé de la transformation sociale et écologique Rien que le bureau de la direction a de quoi provoquer des sueurs froides chez un adhérent du Medef. Il y a la plaque déjà. En la lisant, un représentant patronal manquerait probablement de s’étouffer en ces temps de remise en cause du dialogue social : « Direction. Nous ne sommes pas, justement, dans une entreprise traditionnelle. La coopérative ouvrière provençale est désormais dirigée par un trio de syndicalistes, désignés par le Conseil d’administration issu de l’assemblée générale des coopérateurs. 1336 jours de lutte et une année de transition Quelques jours avant l’annonce, à l’extérieur, le parfum de lutte s’est estompé. Après, donc, 1336 jours de lutte et une année de transition, les sept premiers contrats de travail ont été signés le 11 mai. « L’écart des salaires allait de 1 à 210, chez nous ce sera de 1 à 1,3 » Résolument tournés vers les enjeux à venir, ces salariés-patrons sont désormais débarrassés d’ « actionnaires à payer ». Une coopérative de crèmes glacées

Sortir de l’euro ?, par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, août 2013) Beaucoup, notamment à gauche, continuent de croire qu’on va changer l’euro. Qu’on va passer de l’euro austéritaire présent à un euro enfin rénové, progressiste et social. Cela n’arrivera pas. Majeure : l’euro actuel procède d’une construction qui a eu pour effet, et même pour intention, de donner toute satisfaction aux marchés de capitaux et d’organiser leur emprise sur les politiques économiques européennes (1). La gauche-qui-continue-d’y-croire n’a donc le choix qu’entre l’impuissance indéfinie… ou bien l’advenue de cela même qu’elle prétend vouloir éviter (le retour aux monnaies nationales), sitôt que son projet de transformation de l’euro commencerait à être pris au sérieux ! Mais l’on ne rattrape pas en un instant une aussi longue période de sommeil intellectuel bienheureux. Mais que s’agissait-il de soustraire, au juste ? Car il n’y a plus rien à remettre en jeu, ni même à discuter, lorsqu’on a fait le choix de tout écrire une fois pour toutes dans des traités inamovibles.

La gauche et l’euro : liquider, reconstruire 1. L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible. 2. S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro », ou l’hypothèse d’un « autre euro possible », sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politiques. 3. Abandonner aux extrêmes droites (qui au demeurant n’en feront rien [1]…) toute perspective politique d’en finir avec l’euro et ses institutions est une faute politique qui condamne les gauches européennes à l’impuissance indéfinie. 4. L’avenir de la gauche se joue entre ces quatre propositions. Les refus « internationalistes » de penser Encore un pilote enfermé dans le cockpit Lire Wolfgang Streeck, « Allemagne, une hégémonie fortuite », Le Monde diplomatique, mai 2015. Comme toute métaphore, celle-ci a sa limite : l’Allemagne n’a pas le projet de pulvériser l’union monétaire. Lexit !

L’armée dans la ville : amie ou ennemie La réflexion sur la spécificité du métier militaire dans un contexte de menace terroriste et en zone urbaine est ouverte depuis quelques semaines dans les cercles dirigeants des armées. Elle devrait aboutir en septembre ou octobre prochain à une répartition des tâches plus cohérente entre les diverses forces de sécurité, ainsi qu’à une définition plus précise des règles d’engagement et à une meilleure utilisation du flux des « réservistes opérationnels » [1]. Opération Sentinelle à Marseille avec le 1er régiment étranger de cavalerie Cette « évolution considérable de notre métier », comme dit un colonel cité par Jean-Dominique Merchet sur son blog (Secret Défense, 1er juin 2015), résulte d’un « changement stratégique » décidé par l’Elysée au lendemain des attentats de janvier [2], « les grands chefs militaires reconnaissant à mi-voix que tout cela s’est fait dans une grande improvisation doctrinale, et sans beaucoup de débats publics ». Gesticulation et symbole Instrument trop puissant

Einstein 1905, un big bang dans la physique 1905, Albert Einstein a vingt-six ans. Faute d’un poste universitaire, il est devenu depuis 1902 ingénieur expert au bureau des brevets de Berne, pas vraiment une situation prestigieuse. Et c’est donc en simple passionné de physique, qui met à profit ses soirées et ses dimanches pour élaborer ses théories, qu’il publie dans Annalen der Physik, l’une des principales revues scientifiques de l’époque. Avec ses quatre articles publiés en 1905, il apporte des solutions originales à des problèmes théoriques en relation avec des phénomènes expérimentaux. Surtout, il ouvre des perspectives nouvelles pour la connaissance dans trois domaines fondamentaux, marquant de façon irréversible la physique tout entière. Il ne saurait être question, ici, d’expliciter le contenu de ces quatre articles. Quatre articles qui révolutionnent la physique Le premier domaine concerne la constitution atomique ou moléculaire de la matière. Deuxième domaine, celui des propriétés du rayonnement électromagnétique.

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