
De la France moche à la France morte? Temps de lecture: 10 min Dans Comment la France a tué ses villes, une enquête publiée l’année dernière, le journaliste Olivier Razemon propose un petit jeu de psychologie géographique. «Plantez-vous à une soirée en plein Paris et lâchez, à la cantonade, “Brive-la-Gaillarde”, “Bourg-en-Bresse” ou “Romorantin-Lanthenay”», parmi d’autres villes au statut comparable comme Charleville-Mézières, Vierzon, Vesoul ou Digne-les-Bains. «Certains chefs-lieux administratifs, qu’on le veuille ou non, portent dans leur nom même à la fois leur apogée et leur tragédie, de la forteresse médiévale à la préfecture déclassée d’une province oubliée», note avec justesse Olivier Razemon. Ces villes comme beaucoup d’autres partagent un sentiment d’abandon qui se manifeste depuis plusieurs années par des rangées de rideaux fermés en centre-ville, une dévitalisation commerciale au centre de l’enquête du journaliste. Les conséquences culturelles de la «spécialisation spatiale du travail» France Stratégie.
La France périurbaine a-t-elle été abandonnée Pour le géographe Christophe Guilluy, la France est coupée en deux. D’un côté, une « France métropolitaine », constituée des 25 plus grandes aires urbaines. De l’autre, la « France périphérique » : villes petites et moyennes, espaces ruraux, communes multipolarisées, espaces périurbains « contraints »… « Invisible et oubliée », cette France périphérique cumulerait les difficultés et serait le terreau du vote Front national, particulièrement fort dans ces zones. Mais cette thèse est loin de faire l’unanimité. Décryptage. Le périurbain, un territoire de relégation sociale peuplé de « petits Blancs » en souffrance ? D’un côté, une « France métropolitaine », constituée des 25 plus grandes aires urbaines (soit de Paris – 12 millions d’habitants – à Dijon – 380 000 habitants), comprenant « les zones denses des agglomérations et une partie des couronnes périurbaines ». Le 25 mars 2015, dans le cadre d’une interview donnée à la fondation Jean-Jaurès, il résumait sa thèse en ces termes :
Quelques définitions 15 janvier 2010 (mis à jour le 17 janvier 2011) La définition de l’aire urbaine varie beaucoup d’un pays à l’autre. En France, l’aire urbaine telle que définie par l’INSEE est un ensemble de communes d’un seul tenant et sans enclave, constitué par : un pôle urbain, qui est une unité urbaine offrant au moins 5 000 emplois une couronne périurbaine composée de communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente possédant un emploi travaille dans le reste de l’aire urbaine (le pôle ou les communes attirées par celui-ci). L’unité, urbaine est une commune ou un ensemble de communes qui comporte sur son territoire une zone bâtie d’au moins 2000 habitants où aucune habitation n’est séparée de la plus proche de plus de 200 mètres. Ce phénomène peut s’accompagner d’un dépeuplement concomitant des centres-villes, autant en termes d’habitations que d’activités. Le phénomène d’artificialisation des sols n’est pas exactement synonyme d’urbanisation.
La ville grignote les campagnes INFOGRAPHIE - Selon l'Insee, les Français s'installent toujours plus nombreux en grande banlieue. Désormais, la France est sous la coupe des villes. Seuls 5% des Français ne dépendent pas d'un centre urbain. Ces quelque trois millions de personnes vivent et travaillent à la campagne ou dans les zones de montagne. Ailleurs, la ville avance. Partout, les trajets s'allongent En région parisienne, où 12 millions d'habitants sont regroupés, la ville est déjà tentaculaire. Ailleurs, les aires de Lyon, Bordeaux, Nantes et Rennes se sont étalées de 50% en dix ans ! Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie. Partout, les trajets s'allongent, entre le travail, toujours au centre et le logement. Le désir d'une maison à soi Une étude de la Datar montrait combien les couples avaient sous-estimé le temps de transport et le budget.
Avec 6 000 habitants de plus chaque année, Toulouse est la grande ville la plus attractive En terme de démographie, Toulouse ne connaît pas la crise ! D’après les chiffres de l’Insee, la Ville rose compte désormais 471 941 habitants (les chiffres se basent sur le recensement effectué pour l’année 2015), contre 441 802 habitants en 2010. Soit une progression annuelle moyenne de 1,3% entre 2010 et 2015. Toulouse est, selon l’Insee, la grande ville qui gagne le plus d’habitants, avec près de 6 000 nouveaux arrivants qui viennent s’installer chaque année dans la Ville rose. Pour avoir plus de détails, consultez notre article complet : >> Avec près d’un million d’habitants, Toulouse devient la cinquième agglomération de France <<
Quelques exemples de maîtrise de l’étalement urbain en France Les villes dont les stratégies de lutte contre l’étalement urbain sont régulièrement citées dans les études internationales sont essentiellement étrangères. Pourtant, des exemples locaux ouvrent des pistes intéressantes pour la maîtrise de l’étalement urbain en France. Certains cas relèvent de véritables stratégies, inscrites dans la durée, d’autres sont plus ponctuels (limités à un quartier) ou encore à l’état d’orientations pour l’avenir. Ces expériences s’articulent autour d’un ensemble de principes : organiser la croissance de l’agglomération, investir dans le renouvellement urbain, accompagner les communes périphériques et mettre en place des outils économiques. 1. Organiser la croissance de l’agglomération Estimer précisément les besoins en logements et les possibilités de renouvellement urbain. Limiter l’offre foncière pour l’urbanisation. Promouvoir le développement multipolaire. Fixer des normes de densité, notamment le long des voies de transports en commun. 2. 3. 4. 5.
Mais où est donc passé l’espace rural ? Café géographique « Mais où est donc passé l’espace rural ? », animé par Bénédicte Tratnjek, avec Samuel DEPRAZ (géographe, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3, chercheur à l’UMR 5600 Environnement Ville et Société), le mercredi 25 septembre 2013 au Café de La Cloche (Lyon). Le Café Géo du 25 septembre 2013 accueille Samuel Depraz, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Il existe de nombreux débats sur des notions qui ne font pas consensus au sein de la communauté géographique. La question posée ce soir : « Mais où est donc passé l’espace rural ? I. La question remonte à octobre 2011, lorsque la revue Insee Première n°1374[2] présente la nouvelle typologie des espaces urbains de l’INSEE, ou zonage en aires urbaines 2010 (ZAU). Cela reflète selon nous un malaise, un questionnement disciplinaire qui dépasse la seule raison statistique. Ainsi, 20% de la population française vit dans une commune rurale selon la définition morphologique. II. III. IV.
L'exception territoriale : un atout pour la France Le recensement de 1999 confirme certaines tendances. L'urbanisation se poursuit, non pas tant par une concentration de la population dans les zones urbaines que par une extension du périmètre urbain. La moitié des 4,5 M d'habitants supplémentaires recensés en France entre 1975 et 1999 sont installés dans six aires urbaines seulement (Paris, Toulouse, Lyon, Montpellier, Bordeaux, Nantes). Figure 3.1 - Evolution comparée des populations urbaines DATAR, Aménager la France de 2020 - Mettre les territoires en mouvement, Paris,La Documentation française, 2002, p.24. La France compte aujourd'hui 52 aires urbaines de plus de 150 000 habitants, qui représentent 52 % de la population du pays. Les dix unités urbaines atteignant ou dépassant 500 000 habitants concentrent 32 % de la population nationale. La dynamique urbaine concerne d'abord les métropoles. Source : INSEE Ainsi, la croissance démographique est plus vive dans les métropoles régionales que dans la capitale. Source : Reclus, Th.
Les systèmes urbains français : une approche relationnelle 1Répondre à la question de l’enjeu des villes dans un système mondialisé de flux, c’est revenir sur certains postulats qui sont au fondement des théories urbaines et des principes d’action de l’aménagement des territoires. Aujourd'hui, ni la ville ni la métropole ne racontent plus les dynamiques territoriales et métropolitaines en cours. Dans un monde dominé par l'échange, un changement de perspective dans les savoir-faire et savoir-penser est nécessaire car les mutations territoriales questionnent le sens même d’espaces urbains et métropolitains définis dans des périmètres trop restreints, suivant une lecture et une gestion aréolaires des territoires, dans la contiguïté et la continuité. 2Saisir les modifications qui traversent les systèmes urbains et métropolitains, c’est comprendre que nous sommes entrés dans l’ère des territorialités mobiles et des sociétés en réseaux. 5Cette recherche réussit le pari de combiner la figure de la ville-réseau avec celle de la ville-territoire.
Gentrification résidentielle Après deux épisodes consacrés aux enfants et aux mamies, on rentre dans le tas en abordant un sujet sensible : la gentrification. Parce qu’il semble que tout le monde peut prétendre avoir un avis sur le sujet, je m’y mets aussi. Mon postulat de départ veut que les gentrifieurs soient jeunes et diplômés, donc que les quartiers ayant vu une arrivée de diplomés plus rapide qu’ailleurs depuis les années 1990 sont davantage susceptibles d’être soumis à un processus de gentrification. On parle ici de gentrification résidentielle puisqu’on étudie les caractéristiques de la population résidente et non les types de commerces, d’équipements ou d’associations qui permettent eux de cerner les processus de gentrification d’une autre manière. Pour comprendre les phénomènes socio-démographiques qui se jouent à l’échelle du quartier, on se base toujours sur les zones entourant les stations de transports en commun (métro, tram, RER et transilien) de la région Ile de France.
Définir l'espace urbain : Centre historique : Espace compris à l’intérieur des anciens remparts. 1 : Les remparts ont été détruits pour construire un boulevard périphérique. Faubourgs industriels : Extension de la ville à l’époque industrielle, avec le développement des chemins de fer. 2 : Cimetières construits à l’extérieur du centre historique par manque de place. Ancienne usine (1ere industrialisation), désaffectée, ou affectée à un nouvel usage (musée par exemple). Banlieues : Extension de la ville depuis l’époque industrielle, jusqu’aux périphéries actuelles plus lointaines. 3 : Quartier d’affaires. 4 : Grands ensembles. 5 : Habitat pavillonnaire. 6 : Zone d’activité. Espace périurbain : Transition entre l’espace urbain et l’espace rural, c’est une campagne en cours d’urbanisation. 7 : Village. 8 : Nouveau lotissement. 9 : Mitage. Espace rural : Inclut l’ensemble des communes non urbaines.
La France reste le pays le plus visité au monde- 11 août 2014 Cocorico ! La France a été en 2013 le pays le plus visité au monde, avec 84,7 millions de touristes étrangers, en hausse de 2% par rapport à 2012, selon l'étude annuelle de la DGCIS et de la Banque de France, publiée lundi 11 août. Les Etats-Unis et l'Espagne, qui se classent derrière la France, ont enregistré respectivement 69,8 et 60,7 millions d'arrivées de touristes étrangers, détaillent dans cette étude la DGCIS, la direction générale en charge des questions de compétitivité à Bercy, et la Banque de France. L'Hexagone a notamment été plébiscité par les touristes européens (+1,2%), à commencer par les Allemands, qui ont été 13 millions à visiter le pays (+6,5%), suivis des Britanniques. Plus de Chinois, moins de Japonais L'Amérique du Nord constitue la première clientèle extra-européenne de la France. Les touristes asiatiques sont eux aussi venus plus nombreux : ils sont 4,5 millions à avoir visité la France, soit une hausse de près de 13% par rapport à 2012. Des séjours plus longs
Aire urbaine (France) Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. L'aire urbaine est une notion utilisée par l'Insee pour appréhender et décrire l'organisation urbaine de la France, et notamment le phénomène de la périurbanisation. La notion d’aire urbaine est utilisée dans d’autres pays, mais avec une signification assez différente. Le terme d'aire métropolitaine peut également être utilisé, mais celui-ci désigne, en France, les plus grandes aires urbaines. La notion d'aire urbaine repose sur celle d’unité urbaine, définie sur des critères morphologiques (continuité du bâti) et démographiques (taille minimale). On utilise pour l'aire urbaine également des critères de fonctionnement : le nombre d'emplois offerts et les déplacements domicile-travail. Cette définition a été élaborée entre 1994 et 1996 et appliquée pour la première fois en 1997 dans le cadre du recensement de 1990[2], en remplacement de la notion de zone de peuplement industriel et urbain (ZPIU), devenue trop peu discriminante.
Gentrification verte : quand la nature en ville chasse les pauvres Entre les vieux entrepôts, la High Line s’immisce, verte et tranquille. Sur ses dalles de béton, le week-end venu, des sportifs amateurs courent en short, d’autres dissertent en buvant un café, des couples promènent de savantes poussettes. Un repère à bobos, dirait-on. L’aménagement des anciennes voies ferrées en parc suspendu a transformé ce quartier new-yorkais miteux, où s’animaient autrefois les abattoirs de la ville, en aimant à promoteurs. Entre 2003 et 2011, les prix de l’immobilier ont bondi de 103% dans les rues alentour (voir ce pdf), entraînant dans leur sillage « l’une des gentrifications les plus rapides de l’histoire de la ville », selon un éditorialiste du New York Times. Comme Central Park en son temps, la High Line est devenu le nouvel emblème de la gentrification verte. Le bienfait des espaces verts Aussi ; les municipalités prennent-elles parfois les choses en main, en réintroduisant la nature dans les quartiers populaires… et créent, au passage, un effet pervers.