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La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ?

Il est temps d’ouvrir les yeux : les autorités qui se trouvent à la tête de l’Europe incarnent un fascisme nouveau. Ce fascisme, ce n’est plus celui, manifeste et assumé, qui a fait du XXe siècle l’un des grands siècles de la laideur politique ; il s’agit plutôt d’un fascisme mou et retors, dissimulant ses intentions mauvaises derrière un langage qui se voudrait de raison. Mais la raison que manifestent tous ceux qui, aujourd’hui, se trouvent forcés de discuter avec le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, est en réalité une raison délirante. Elle l’est sur plusieurs plans. Premièrement, la raison européenne est délirante sur le plan politique : chaque nouveau geste posé par les autorités de l’Europe (ainsi, en dernier lieu, celui du directeur de la Banque centrale, Mario Draghi) affiche davantage le mépris des principes sur lesquels elle se prétend fondée par ailleurs. Troisièmement, la raison européenne est délirante du point de vue de la raison elle-même. Related:  Crise de la démocratie

La Troïka, les banques et nous, par Zébu Billet invité. Le documentaire qu’Arte a diffusé ce mardi, « Puissante et incontrôlée : la Troïka », est un très bon documentaire. D’abord parce qu’il est réalisé par une chaîne franco-allemande, que c’est une production allemande et qu’il est présenté par un journaliste allemand, en allemand [1]. Ce type de documentaire participe justement à cette nécessité de ‘parler aux Allemands’, sur ce qu’est la réalité et non sur ce qu’en disent leurs représentants élus ou leurs medias. Ensuite, ce documentaire est très récent et intègre les derniers bouleversements politiques en Grèce, et même une interview de M. Et bien qu’il soit instruit en bonne partie ‘à charge’ contre la Troïka, ce documentaire prend aussi le soin de donner la parole à certains acteurs, en Grèce ou au Portugal, qui continuent de défendre la nécessité d’un tel programme et d’une telle ‘institution’, si tant est que l’on puisse dénommer ainsi ‘quelque chose’ qui n’a pas d’existence légale. Les banques, européennes, donc.

Européisme et nazisme... Das Jahr 2015 Nos annalistes et écrivains d’hier, entrevoyaient parfois assez clairement les fentes du temps humain qui est le nôtre. “Je me souviens de la maison sous l'Occupation, toujours fermée. Pendant la Guerre civile, même chose. Plus tard, je dus m'éloigner pour longtemps. Le régiment, les bateaux, des amours interminables et des tas de soucis, que je considérais comme uniques et pénibles entre tous. Yórgos Ioánnou (1927-1985) dont l'œuvre est reconnue comme l'une des plus originales de la littérature contemporaine grecque, est né à Thessalonique en 1927 dans une famille de réfugiés de Thrace orientale. Dans la nouvelle “Le seul héritage”, il décrit la mort prématurée des membres de sa famille. Ioánnou, a introduit en Grèce un genre nouveau, où la réalité la plus quotidienne et la plus intime se trouvait transposée en des textes courts, à mi-chemin de la nouvelle et de la confession, écrits toujours à la première personne. “Il ne restera plus rien dans le pays. Résumons.

VERS LA POST DÉMOCRATIE ? [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] Sombre tableau Àl’aide de multiples graphiques et avec un sens de la pédagogie qui ne nous épargne aucun détail du sombre tableau qu’il dresse, Wolfgang Streeck, professeur de l’université de Cologne, né en 1946, montre comment l’actuel triomphe du marché, fâché avec la croissance dès le milieu des années 1970, se produit alors que ledit marché n’est plus en mesure que d’empiler de la dette. Dans son avatar « néo­libéral », le capitalisme se révèle donc incapable d’honorer les promesses de l’Etat social d’après-guerre, et la politique qu’il reconfigure sous nos yeux se met au service d’un autre peuple, celui des « rentiers » du capital, qui ne maintient son emprise sur l’opinion publique qu’en anesthésiant celle-ci par le biais d’une industrie culturelle envahissante – et en lui martelant l’idée qu’il n’y a pas d’alternative. [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] En fait, le vaisseau navigue à vue, sans perspective.

Néolibéralisme globalisé et fascisme, une équation improbable ? LE MONDE | • Mis à jour le | Par Margherita Nasi Afin de sanctionner l’abus d’alcool, la ville de Londres expérimente en 2012 un nouveau dispositif : poser autour de la cheville d’individus arrêtés en état d’ébriété un boîtier électronique permettant de mesurer leur taux d’alcool toutes les 30 minutes. « C’est efficace et moins cher », commente alors le maire de la ville, Boris Johnson. Le professeur de psychopathologie clinique Roland Gori porte un regard plus sévère sur cette pratique. Une fois le dispositif enlevé, ces personnes ont tendance à récidiver comme les autres. Surtout, ce genre d’appareil - des machines miniaturisées introduites dans le corps humain pour accroître ses performances et en assurer la traçabilité - serait symptomatiques de notre civilisation. « Ne nous y trompons pas, nous nous dirigeons sans réflexion ni état d’âme vers ce type de lien social. Totalitarisme de la technique Parti unique, contrôle social et expansionnisme guerrier

Aide-mémoire N° 67 : L’« extrême-droite économique » ou « fascisme en col blanc », un entretien avec Paul Jorion Un entretien que j’ai accordé au magazine Aide-mémoire, édité par l’association Les territoires de la mémoire. Centre d’éducation à la résistance et à la citoyenneté. Dans vos écrits, vous avez évoqué à plusieurs reprises l’existence d’une « extrême-droite économique » ou encore d’un « fascisme en col blanc ». Qu’entendez-vous par là ? L’extrême-droite économique consiste essentiellement en un projet de société inégalitaire qui est de reconstituer un système de type féodal, c’est-à-dire une société extrêmement hiérarchisée. Le système qui est ici proposé est clairement non démocratique. Cette extrême-droite économique a-t-elle une incarnation politique et, si oui, quelle est-elle ? Son incarnation politique se résume en l’élimination de la politique comme ayant une quelconque importance par rapport à ses prises de décision. À leur sujet, vous parliez récemment de « prêtres d’une religion féroce ». Oui, tout à fait. Absolument. Tout d’abord parce que c’était un démocrate.

Epidémiologie appliquée au Néolibéralisme, démocratie en mode dégradé, par Jean-François Le Bitoux – Blog de Paul Jorion Billet invité. Ouvert aux commentaires. Dans un témoignage récent, l’anthropologue Paul Jorion constate qu’il a vécu les derniers jours de tribus bretonnes dépassées par les technologies de l’époque. Pierre Dardot et Christian Laval décrivent l’apparition du néolibéralisme et son étiologie en un ouvrage serré, « Ce cauchemar qui n’en finit pas – comment le néolibéralisme défait la démocratie » 2016) qui est une synthèse d’années de réflexion (Cf. Fort de quelques dizaines d’années passées à analyser et à réguler la vie d’écosystèmes aquatiques, j’ai fait mienne l’accroche de David F. En fait, les engrenages épidémiologiques de cette pathogénicité nouvelle, dite « émergente » car née des dérives d’un système mal régulé, sont très similaires à ceux qui induisent des mortalités chroniques et aiguës dans les bancs de coquillages d’élevage et naturels, le long des côtes. Il est nécessaire pour tout scientifique de citer ses sources mais l’image s’impose ici. Partager

PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : École (économique) de Chicago, par Bertrand Rouziès-Leonardi École libre du totalitarisme ou école totalitaire de la liberté. – Vous êtes libres de choisir. De quoi vous plaignez-vous ? – Forme une triade horrifique avec l’école ordolibérale allemande et l’école autrichienne. Son directeur le plus connu : feu Milton Friedman, homme de paix que son prénom renvoie en enfer. Sa devise : « Life is unfair » (« La vie est injuste »), ce qui sous-entend non de la commisération mais le souci de tirer profit (« to deal with ») des injustices constatées. L’école de Chicago, d’inspiration libérale, se caractérise par de hautes ambitions en matière de liberté. L’école de Chicago est considérée comme la forge du monétarisme, du néolibéralisme et du libertarianisme. Monétarisme, néolibéralisme, libertarianisme. La grande affaire de Friedman, c’est l’homo oeconomicus, une créature ancienne réanimée pour l’occasion.

L'accordéon de la philanthropie globale, par Bernard Hours Avec la prolifération des initiatives dites « humanitaires », généreuses, solidaires, s’installe une certaine confusion. Solidarité, aide, charité, urgence humanitaire : de quoi parle-t-on ? Derrière un chantage permanent à l’indifférence à l’égard du malheur d’autrui, ne voit-on pas se dessiner et se développer une vaste entreprise de formatage moral et global ? Parce que ces débats se présentent comme éthiques, la critique est suspecte. On peut d’abord souligner la dimension privée et non publique de ces actions et des discours qui les accompagnent. Au XXe siècle, l’Etat dit « providence » met en œuvre des politiques visant à améliorer la vie des citoyens. Un tel phénomène s’interprète dans un cadre idéologique global. Une propagande insidieuse Ce phénomène se révèle analogue dans sa forme à celui des milices qui viennent se substituer à la police dans les quartiers à risque. On comprend alors que les hommes s’indignent plus fréquemment qu’ils ne se révoltent. Des émotions fugaces

Moi, adorateur de Jean-Claude Michéa, infiltré à Slate Nous autres, jeanclaudemichéistes, avons repris depuis peu notre patient travail de jeanclaudemichéisation de la sphère médiatique. Il faut dire que le moment est crucial pour nous. Jean-Claude Michéa vient de publier Les mystères de la gauche, de l’idéal des lumières au triomphe du capitalisme absolu, pour approfondir son précédent essai, Le Complexe d’Orphée. Or quand un nouveau volume michéien paraît, nous nous précipitons en librairie en quête des nouvelles sourates michéiennes, qui à chaque fois raffinent un peu plus notre connaissance de l’Œuvre. publicité Je vous écris depuis Slate, un site notoirement jeanclaudemichéosceptique, et je ne sais pas encore quel sort me sera réservé après ce texte politique. Jean-Claude Michéa, fais nous mal, car c’est ce que nous aimons Depuis des années, Jean-Claude Michéa est un philosophe socialiste qui écrit des livres sur la gauche que personne à gauche ne lit. Soyons sérieux cinq minutes. ... L’adversaire est déstabilisé. Jean-Laurent Cassely

PÉREMPTION DU DÉCLIN, par Bertrand Rouziès-Leonardi Billet invité. Mes chers compatriotes, nous déclinons. La France n’est plus ce qu’elle était. La nouvelle n’est pas neuve. Le chef de chœur des déclinologues, Nicolas Baverez, décline le déclin sur tous les tons depuis qu’il est entré dans l’âge mûr, comme s’il fallait que toute chose autour de lui se marquât plus profondément des signes de la péremption qu’il observe sur lui-même. La République, en effet, comme bien des régimes, a été frappée de déclin quasiment dès l’origine, dans tous ses avatars successifs, notamment à cause d’affaires de concussion retentissantes et de témoignages répétés d’impéritie qui ont immanquablement fait les gorges chaudes de l’opposition réactionnaire ou révolutionnaire. La déclinologie, en République, n’est pas née de la dernière pluie acide. Qu’y avait-il en face de Barrès et consorts ? Et maintenant ? [1] Voir les archives de la XIIIe législature :

Pierre Rabhi : "le superflu est sans limites alors qu'on n'assure pas l'indispensable" Après un premier entretien il y a quinze jours, Reporterre retrouve Pierre Rabhi pour prolonger la discussion sur les grands enjeux écologiques de la société française. Le gouvernement organise un débat public national la « transition énergétique ». Qu’en attendez-vous ? Pierre Rabhi - Avant toute chose, il faut d’abord qu’on réduise notre avidité. On ne met jamais en évidence ce que l’on a, ce qui peut déjà nous réjouir. Et les gaz de schistes participent de cette tendance énergivore… Ca prouve une fois de plus que la civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Pourtant, notre population augmente, nous sommes sept milliards d’êtres humains sur Terre, bientôt neuf. Non, l’histoire de la démographie n’a rien à voir là-dedans. Aujourd’hui, on concentre beaucoup de moyens sur le meurtre, on est capable de créer des armes terrifiantes et on consacre beaucoup d’argent pour fabriquer des missiles intercontinentaux ou des avions de guerre.

COMMENT JE SUIS DEVENU UN SOCIAL-DÉMOCRATE EXTRÉMISTE, par Michel Leis Billet invité Mon entrée dans l’adolescence a coïncidé avec la fin des Trente Glorieuses. De la période qui a précédé, il ne me reste que des souvenirs assez lointains et l’impression que la croyance dans de beaux lendemains était partagée par le plus grand nombre, à commencer par mes parents. Les livres de mon enfance s’extasiaient sur les progrès de la technique quand la télévision (encore en noir et blanc) retransmettait les premiers pas de l’homme sur la lune. La foi dans le progrès, la science et l’amélioration des conditions matérielles ne pouvaient conduire qu’à un avenir meilleur pour tous, du moins le pensais-je, le pensions-nous. L’histoire individuelle et la nostalgie sont des prismes qui déforment une réalité autrement plus âpre. Pour expliquer ces avancées, on peut mettre en avant la volonté du monde politique de mettre en œuvre des réformes. On peut aussi s’interroger sur la relation entre les nombreux conflits de toute nature et les avancées qui en ont découlé.

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