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L’école après Charlie : on a mis le doigt dans un engrenage pervers - Rue89 - L'Obs

L’école après Charlie : on a mis le doigt dans un engrenage pervers - Rue89 - L'Obs
Tribune C’est sans doute la première fois de ma carrière que je me sens inquiet, et peut-être même menacé, dans l’exercice de mon métier de professeur de philosophie. Par qui suis-je inquiété ? Par des élèves, souvent présentés comme incultes et enfermés dans leurs préjugés ? Non, mes élèves sont ouverts à l’exercice de la pensée et du questionnement. Qui donc est alors responsable de ce « sentiment d’insécurité » qui m’empêche d’exercer sereinement mon métier ? Après les attentats des 7, 8 et 9 janvier, notre ministère et ses administrateurs ont brutalement pris conscience du fait que l’école n’était peut-être pas qu’un outil de formation technique des futurs travailleurs, mais qu’elle pouvait aussi, éventuellement, jouer un rôle dans le développement de l’homme et du citoyen. J’ai un scoop pour Mme la ministre Mme Vallaud-Belkacem et ses conseillers se sont soudainement écriés d’une seule voix : Comme face à une copie farfelue Commençons par la dimension comique de ces décisions. Related:  En parler à l'école

« Lettre à ma fille, au lendemain du 11 janvier 2015 », par Le Clézio Dans ce texte confié au « Monde », le Prix Nobel de littérature évoque l'avenir, quelques jours après les attentats qui ont frappé la France et la marche historique qui a suivi. Tu as choisi de participer à la grande manifestation contre les attentats terroristes. Je suis heureux pour toi que tu aies pu être présente dans les rangs de tous ceux qui marchaient contre le crime et contre la violence aveugle des fanatiques. Tes parents ont tremblé pour toi, mais c’est toi qui avais raison de braver le danger Emue d’apercevoir en passant un petit enfant d’origine africaine qui regardait du haut d’un balcon dont la rambarde était plus haute que lui. Il ­fallait du courage pour marcher désarmés dans les rues de Paris et d’ailleurs, car si parfaite soit l’organisation des forces de police, le risque d’un attentat était bien réel. Cela s’est passé, tu en as été témoin. Sur le même sujet Ce que « phobie » veut dire, par Olivier Rolin Ils ne sont pas des barbares

«Apologie du terrorisme» : un prof de philo suspendu Après les meurtres perpétrés par Coulibaly et les frères Kouachi, la plupart des enseignants, souvent démunis, ont voulu faire circuler la parole, organiser des débats, poser des mots sur ces événements glaçants. Dans le même temps, la ministre de l’Education nationale prévenait : tous les élèves ou les enseignants qui tiendraient des propos discutables seraient sanctionnés, voire signalés à la police. Un exercice difficile qui pourrait coûter cher à Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo de Poitiers. Il s’est vu reprocher d’avoir «tenu des propos déplacés» lors de la minute de silence (à laquelle il assure cependant n'avoir pas assisté), jeudi 8 janvier, en hommage aux victimes, rapporte la Nouvelle République. «Il y a eu des plaintes de familles, a expliqué au journal régional le recteur de l’académie de Poitiers, Jacques Moret. L’enseignant aurait tenu des propos déplacés […]. «Je suis sonné, je m'attendais à tout sauf ça»

Philippe Lançon: «J’allais partir quand les tueurs sont entrés...» - Libération Chers amis de Charlie et Libération, Il ne me reste pour l’instant que trois doigts émergeant des bandelettes, une mâchoire sous pansement et quelques minutes d’énergie au-delà desquelles mon ticket n’est plus valable pour vous dire toute mon affection et vous remercier de votre soutien et de votre amitié. Je voulais vous dire simplement ceci : s’il y a une chose que cet attentat m’a rappelée, sinon apprise, c’est bien pourquoi je pratique ce métier dans ces deux journaux – par esprit de liberté et par goût de la manifester, à travers l’information ou la caricature, en bonne compagnie, de toutes les façons possibles, même ratées, sans qu’il soit nécessaire de les juger. Je suis journaliste à Libération depuis vingt et un ans, j’en suis fier, j’aime les gens qui y travaillent et y ont travaillé. Je suis devenu chroniqueur à Charlie en 2003 parce que Philippe Val me l’a proposé en disant : «Fais ce que tu veux, essaie tout et n’importe quoi, invente, transgresse !»

Entendu à 8 ans pour apologie du terrorisme : que s'est-il vraiment passé ? L'audition d'un enfant de 8 ans mercredi dans le cadre d'une audition libre au commissariat de Nice (Alpes-Maritimes) pour "apologie d'acte de terrorisme" suscite la polémique, jeudi 29 janvier. Pourquoi un élève de CE2 s'est-il retrouvé interrogé par des policiers ? Qu'a-t-il vraiment dit ? # Qu'a dit précisément l'enfant ? Le 8 janvier dernier, un débat est organisé dans une classe de CE2 de Nice après l'attaque survenue la veille à "Charlie-Hebdo". Interrogée sur BFMTV, Fabienne Lewandowski, directrice-adjointe de la sécurité publique des Alpes-Maritimes, assure que l'enfant a ajouté : "Il faut tuer les Français. Selon le rectorat, il aurait également refusé de participer à la minute de silence en mémoire aux victimes. # Que s'est-il passé ensuite ? La version du rectorat Interrogé, le rectorat donne une version des faits très succincte. Une plainte a en revanche bien été déposée par le directeur au nom de l'école contre le père, pour intrusion dans l'école et attitude menaçante.

Robert Badinter : «Les terroristes nous tendent un piège politique» - Libération Robert Badinter, ancien ministre socialiste de la Justice, réagit à l’attaque contre «Charlie Hebdo». «Devant un tel crime, préparé et exécuté de sang-froid, c’est d’abord aux victimes que pense chacun d’entre nous. Policiers assumant le risque quotidien auquel les expose leur devoir, journalistes réunis pour accomplir leur mission d’information, sans laquelle la démocratie serait étouffée. Ces journalistes-là sont morts pour nous, pour nos libertés qu’ils ont toujours défendues. «Au-delà du chagrin et de la pitié s’inscrit le devoir de justice. «Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Laure Bretton

« Charlie, ils l’ont bien cherché » : le « témoignage » choc était inventé Le témoignage de Moahamed Kacimi, écrivain et dramaturge publié dans de très bonnes maisons d’édition, faisait froid dans le dos. Le 12 janvier dernier, il racontait sur Facebook sa rencontre avec des étudiants du Lycée Michelet dans le 94 et leur apologie du terrorisme très inquiétante. Charlie Hebdo « l’a bien cherché » Voici les propos qu’il est censé avoir échangé avec ces élèves au sujet des attentats contre Charlie Hebdo : « Bon je vois que le théâtre ne vous passionne pas beaucoup, pouvez vous me dire comment vous avez vécu les.... événements du journal... satirique.Un frisson parcourt les deux classes : – Vous parlez de Charlie ? Il concluait enfin son récit par l’avertissement d’un des lycéens : « Monsieur, faut que je vous dise une chose, c’est la guerre, ça va être la guerre nous les musulmans et les autres, les juifs et les chrétiens, la guerre à mort. » Cité sur France 2 par Finkielkraut Dans ce qui semble être un mea culpa, l’hebdomadaire explique : Kacimi avoue un « condensé »

#JeSuisMisogyne - Les mots sont importants (lmsi.net) Nous aussi on a grandi avec Cabu, Wolinski, Reiser, Cavanna, Choron... Nous avons vu les mêmes dessins mais nous n’avons pas compris la même chose : Sûrement parce que ces blagues ne s’adressaient pas à nous mais qu’elles se faisaient à nos dépens. Ces types nous rappelaient sans cesse qui nous étions : des Filles, des Femmes, c’est à dire le deuxième sexe, mais un sexe avant tout. Ils nous ont enseigné très tôt qu’une femme c’est une poupée gonflable, un cul, des seins, un con. Une femme, chez Reiser, ça n’ouvre pas la bouche ou bien c’est parce qu’elle suce. Et gare à celles qui ne voudraient pas, qui se cacheraient derrière un voile : ça les irrite les mecs de Charlie – surtout Charb et Tignous – qu’on se refuse comme ça, ça les met en colère : alors ils les dessinent à poil avec un foulard, une chatte avec une burqa, comme ça ils peuvent rigoler un peu quand même, les humilier un peu, les baiser un peu aussi publiquement, montrer qui est le patron ...

A 8 ans au commissariat : le retour de l’école-caserne | Journal d’un prof d’histoire Najat Vallaud-Belkacem, en conférence de presse, le 22 janvier 2015 à Paris (ERIC FEFERBERG/AFP) Un enfant de 8 ans dénoncé à la police par son école et auditionné pour une affaire d’apologie de terrorisme... Bien sûr que c’est grotesque, pathétique, sidérant mais ce n’est pas une bavure, ce n’est pas le fruit d’un malencontreux cafouillage administratif. « Pan ! Quelles que soient les paroles entendues dans la bouche d’un enfant, on pourrait attendre de la part d’un éducateur un minimum de discernement, de distanciation, un réflexe professionnel qui lui ferait remettre en contexte et évaluer à sa juste valeur une attitude enfantine, somme toute banale compte tenu de son âge. Dans le cas présent – et même si une partie des circonstances reste dans l’ombre –, équipe pédagogique et policiers ont juste négligé une chose : ils avaient devant eux un garçon de 8 ans qui n’a manifestement aucune représentation de ce que peuvent être « Charlie » ou le « terrorisme ». Par conviction personnelle ?

Après les attentats, l’école mise au pas | Journal d’un prof d’histoire Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem, à l’école Jean-Moulin (77) le 23 janvier 2015 (AFP Photo / Joël Saget) Vendredi dernier, Manuel Valls, désormais ministre auto-promu de l’Education nationale, accompagné de son adjointe, Najat Vallaud-Belkacem, se rend en visite promotionnelle dans un lycée de Seine-et-Marne pour une réception digne d’un village Potemkine. Les élèves, soigneusement cornaqués, sont autorisés à « dialoguer » avec lui, à condition, bien sûr, que les questions lui fassent plaisir. Heureux effet des attentats – parmi d’autres – personne n’aura songé à l’interpeller sur le chômage des jeunes ; on ne va quand même pas importuner un chef de guerre ni troubler l’union nationale avec de telles futilités. Un tri dans les valeurs républicaines La république a fait son tri. Laïcité très contrôlée En comparaison, l’intransigeance manifestée dès lors qu’il est question de « la laïcité et de la transmission des valeurs républicaines » prend ici tout son sens.

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