Numérique: pourquoi la France résiste. Le livre n’a pas attendu d’être numérique pour exister.
C’était un objet parfait. L’industrie et le marketing mondialisé en ont décidé autrement. Déjà, dès 1995, avec le cédérom, les ventes d’encyclopédies sur papier s’étaient écroulées. Les revues scientifiques, pourtant chères, ont suivi avec Internet. Et voilà qu’Amazon a annoncé qu’en mai dernier la vente de livres numériques avait dépassé aux USA celle de livres papier (dont la vente a progressé aussi). Les premiers tentent de rattraper ce qu’en langage commercial on appelle le «temps perdu», et les seconds de s’adapter, pour éviter de mettre la clef sous la porte.
C’est que la France traîne les pieds, témoin la rentrée littéraire, qui s’est faite en l’absence presque complète du numérique. Aux États-Unis, l'agonie des libraires On prévoit que l’e-book prendra 20% du marché mondial d’ici à 2015 (évaluation de Bain et Co). Www.arl-haute-normandie.fr/upload/medias/publications18.pdf. Au CNL, le numérique dans tous ses états.
Des ateliers autour du livre numérique, en partenariat avec nonfiction.fr et Livres Hebdo, se déroulent aujourd'hui au Centre national du livre.
Ce que vous avez manqué ce matin. Ce matin du 12 décembre au CNL à Paris, plus d'une centaine de personnes se répartissent dans deux ateliers simultanés, parler de différentes questions autour du numérique. Le premier atelier pose la question de la réorganisation des maisons d'édition, à l'heure du numérique. Des changements sont mis en évidence : Mélanie Duley, de "Place des éditeurs", explique les techniques de webmarketing évoluent : les pics de vente des livres numériques, en été notamment, sont différents de ceux du livres papier, très forts à Noël. La Mission « Lescure » plaide pour le soutien à la numérisation des œuvres. Installée le 25 septembre 2012 , la mission « Lescure » a fait le 6 décembre un premier constat : « un manque de disponibilité des catalogues », qui constitue un des freins au développement de l’offre légale.
Les offres les moins fournies étant celles de la vidéo à la demande et du livre. « Le livre numérique entre dans le numérique à reculons », a regretté Pierre Lescure, avec des catalogues incomplets : 90 000 titres disponibles sous forme numérique contre 620 000 références imprimées. En conséquence, selon la mission, une réflexion sur les dispositifs de soutien à la numérisation paraît donc indispensable ; dans le cinéma, ces dispositifs sont soit jugés inadaptés (investissements d’avenir) soit menacés par les restrictions budgétaires (CNC). La numérisation du domaine public requiert une analyse spécifique. Pierre Lescure a indiqué que la mission avait retenu trois grands axes de réflexion dans la perspective de son futur rapport : l’exception pédagogique (voir ci-dessus)
Noël sera-t-il numérique ? {*style:<b>78% des sondés ne souhaitent pas utiliser d'e-books. Ils étaient 90% il y a 6 mois. </b>*} Comme le livre est le premier cadeau envisagé par les Français (lire notre actualité du 8 novembre dernier ), c'est sans doute en librairie que les liseuses vont trouver preneur. L'alliance de Chapitre.com avec Sony, puis avec Archos, qui proposent désormais sur leurs liseuses un accès direct à la librairie en ligne, devrait faire des heureux. De même, la nouvelle Cybook Odyssey a conclu un partenariat avec moult libraires indépendants, ainsi que Cultura, Decitre et Virgin (voir 931 du 23/11/12).
Débat - Pourquoi le livre électronique patine-t-il en France ? Le premier problème quand on évoque les freins au développement du livre numérique, c'est évidemment le prix.
Des études viennent régulièrement nous rappeler le coût élevé pour le consommateurs, pour un produit qui devrait a priori coûter moins cher à produire, la fabrication du livre numérique étant tout de même plus simple qu'une impression. Dernière en date, l'étude de Youboox et Storelytics met en lumière les prix sur l'iBookStore d'Apple. En moyenne, un ouvrage y coûte 9,30 euros. L’avenir du format poche face au livre numérique. J'ai eu l'occasion hier, 05 octobre 2012, d'intervenir dans le cadre de la journée professionnelle d'ouverture du Salon Lire en Poche de Gradignan (Gironde) à une table ronde, modérée par Emmanuelle Andrieux de l'ECLA : "L'avenir du format poche face au livre numérique", en compagnie de Narges Temimi (Responsable du développement numérique du groupe d'édition Libella) et de Patrick Gambache (Directeur du développement numérique du groupe La Martinière / Le Seuil, directeur de la filiale poche Points, président de la plateforme Eden Livre et vice-président de la commission "Numérique et nouvelles technologies" du SNE).
J'avais choisi d'adopter le point de vue des lecteurs. C'était bien sûr faire fi des réelles contraintes, et légales et économiques, qui s'imposent aux éditeurs, et donc prendre le risque de déplaire et d'agacer. Triste. Et inquiétant quelque part :-( Synthèse de mon intervention. Scoop.it sur le livre numérique. Edition & livres numériques.