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Mouvements anti-torture

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La guerre d'Algérie - Histoire et géographie pour tous. La vérité historique doit triompher. Torture: «l'Express» en première ligne. Quarante-cinq ans après les premiers témoignages sur la torture, la guerre d¹Algérie a resurgi dans les mémoires.

Torture: «l'Express» en première ligne.

Pendant une semaine, «Libération» revisite cette histoire inconnue des plus jeunes. Demain, deuxième volet avec l¹affaire Audin. Ce 15 janvier 1955, la une de l'Express est solen nelle: «Mauriac accuse». Depuis neuf mois déjà, l'écrivain catholique prête sa plume au jeune journal de Jean-Jacques Servan-Schreiber, fondé pour accompagner le parcours atypique d'un homme de la IVe République: Pierre Mendès France, dit PMF. La torture dans la République, par Gérard Chaliand (Le Monde diplomatique, av...

C’est en historien, non en moraliste, que Pierre Vidal-Naquet aborde le problème de la torture dans la République.

La torture dans la République, par Gérard Chaliand (Le Monde diplomatique, av...

Sans polémique, il examine, à partir de l’exemple de la société française durant la guerre d’Algérie, la dimension politique de la torture en tant qu’institution d’Etat. « La torture telle que je la définis ici, torture d’Etat, n’est en effet pas autre chose que la forme la plus directe, la plus immédiate de la domination de l’homme sur l’homme, ce qui est l’essence même du politique », écrit fort justement Vidal-Naquet, et il ajoute, posant le problème dans toute sa dimension : « Toute dissidence, quelle que soit sa nature, peut pousser l’Etat moderne, si libéral soit-il, à user de la torture. » Chemin faisant, il esquisse une histoire de la guerre ; de 1954 à 1958, d’abord avec le Front républicain de M.

Mais la publication de cet ouvrage d’historien revêt une importance particulière aujourd’hui. La torture pendant la guerre d'Algérie (1954-1962) Le rôle de l'armée françai... Par Marianne Arens et Françoise Thull L'armée française a systématiquement pratiqué l'assassinat et la torture sur ses adversaires.

La torture pendant la guerre d'Algérie (1954-1962) Le rôle de l'armée françai...

Un débat public à ce sujet est en cours en France depuis des mois. En novembre dernier, deux hauts responsables militaires français à la retraite ont révélé au quotidien Le Monde qu'ils avaient, torturé, maltraité et assassiné des membres du FLN (Front de libération nationale), le mouvement de libération algérien de l'époque, entre 1954 et 1962 lors de la guerre d'Algérie. Le général Jacques Massu, 92 ans, qui était en 1957 le chef des tristement célèbres "paras" (10e division de parachutistes) et son bras droit le général Paul Aussaresses, 82 ans, chargé des services de renseignement à Alger, ont confirmé que plus de 3 000 prisonniers qui avaient à l'époque été portés "disparus", avaient en réalité été exécutés. Aussaresses a reconnu la réalité, en 1957, de la torture et des exécutions sommaires dans les pratiques de la politique de guerre française.

Le fil rouge. La guerre d’Algérie Les Tortures pendant la Guerre d’Algérie.

Le fil rouge

Par Albert Perrot S’il est une guerre qui mérite vraiment le qualificatif de « SALE », c’est bien la guerre d’Algérie. Le « Secours populaire », courageusement, a dénoncé à cette époque toutes ces tortures dans une brochure intitulée  Algérie: dès 1955, François Mauriac dénonçait la torture dans L'Express. [Archives] Dans L'Express du 15 janvier 1955, François Mauriac aborde la question de la torture.

Algérie: dès 1955, François Mauriac dénonçait la torture dans L'Express

Il rapporte, sous la forme d'un dialogue, le témoignage d'un ami de Constantine. Celui-ci raconte "le baquet d'eau sale où la tête est maintenue jusqu'à l'étouffement", "le courant électrique sous les aisselles et entre les jambes", "l'eau souillée introduite par un tuyau dans la bouche". L'écrivain l'écoute. L'Express sera désormais à la pointe du combat contre la torture. Henri Alleg, dans «La Question»: «J’ai entendu hurler des hommes que l’on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours» Henri Alleg est mort le 17 juillet.

Henri Alleg, dans «La Question»: «J’ai entendu hurler des hommes que l’on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours»

Ce journaliste et écrivain franco-algérien aurait pu mourir 56 ans plus tôt, en juin 1957, lorsqu'il subit la torture, en pleine guerre d'Algérie. Arrêté par les parachutistes de la 10e DP, pendant un mois il endure des sévices. L'affaire Audin, 1957-1978 par Pierre Vidal-Naquet. Le 11 juin 1957, Maurice Audin, mathématicien, assistant à la faculté des sciences d'Alger, était arrêté par les parachutistes du 1er RCP.

L'affaire Audin, 1957-1978 par Pierre Vidal-Naquet

Le 21 juin, selon ses gardiens, il se serait évadé. Nul ne l'a plus revu vivant. L'appel des douze à la condamnation de la torture durant la guerre d'Algérie. Des deux côtés de la Méditerranée, la mémoire française et la mémoire algérienne resteront hantées par les horreurs qui ont marqué la guerre d’Algérie tant que la vérité n’aura pas été dite et reconnue.

l'appel des douze à la condamnation de la torture durant la guerre d'Algérie.

Ce travail de mémoire appartient à chacun des deux peuples et aux communautés, de quelle qu’origine que ce soit, qui ont cruellement souffert de cette tragédie dont les autorités françaises portent la responsabilité essentielle en raison de leur obstination à refuser aux Algériens leur émancipation. Aujourd’hui, il est possible de promouvoir une démarche de vérité qui ne laisse rien dans l’ombre. En France, le nouveau témoignage d’une Algérienne, publié dans la presse, qui met en accusation la torture, ne peut rester sans suite ni sanction.

Henri Marrou : France, ma patrie. Je ne suis ni journaliste professionnel ni homme politique ; je témoigne ici en simple citoyen que sa conscience tourmente et qui constate n’être pas le seul à éprouver cette lourde gêne, cette inquiétude, cette angoisse. [...]

Henri Marrou : France, ma patrie

Il n’est pas nécessaire d’aller chercher bien loin des raisons de s’indigner ; laissons le passé et les occasions perdues ; le présent suffit bien à notre angoisse. Je ne prononcerai que trois mots, assez chargés de sens : camps de concentration, torture et répression collective. Je ne veux scandaliser personne et ne prononcerai pas à la légère les noms sacrés de Dachau et Buchenwald ; il me suffira, hélas ! D’en prononcer un autre, déjà bien lourd à porter : nous, Français, avions déjà sur la conscience le camp de Gurs, et nous savons, n’ayant pas d’excuse, de quelles abominations, de quelles souffrances, au surplus toujours politiquement inutiles, s’accompagnent le recrutement de « suspects » et leur abandon aux démences concentrationnaires. 13 janvier 1955 : Claude Bourdet: « Votre Gestapo d'Algérie. » (Algérie)

Suivant: 13 janvier 1672 : monter: Janvier précédent: 13 janvier 1963: Assassinat Table des matières Index Le 6 décembre 1951, Claude Bourdet, ancien membre du Conseil National de la Résistance, publie dans L'Observateur (futur France Observateur) un article intitulé « Y a-t-il une Gestapo algérienne ?

13 janvier 1955 : Claude Bourdet: « Votre Gestapo d'Algérie. » (Algérie)

» . Il y dénonce les méthodes d'interrogatoire utilisées par la police française d'Algérie avec la complicité d'un certain nombre de magistrats. Cela se passait près de trois ans avant l'insurrection de la Toussaint 1954, après le trucage des élections par le gouverneur Naegelen et au moment où le combat mené par le Viêt-minh en Indochine commençait à inspirer de jeunes militants algériens. Dès l'apparition des premiers maquis, en 1954, la torture reprend de plus belle.