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APRIL 2011

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La Monstrueuse Université. Denis Robert, l’écrivain et le journaliste à l’origine des affaires Clearstream, mais aussi le plasticien réinvestissant entre autres ce travail d’enquête sur des toiles et des installations, nous raconte son combat contre Bankenstein : « Mon monstre à moi avait un regard de poisson mort, des muscles d'acrobate, le courage d'un âne et la folie d'un oligarque russe ayant abusé de vodka.

La Monstrueuse Université

Il avait placé au-dessus de ma tête, tenue par un fil, une enclume très lourde fabriquée à Luxembourg. Chacun de mes gestes devait être lent et pensé sinon j'étais mort. » Les artistes conférenciers de la monstrueuse université prouvent que le monstre canalise nos peurs et nos doutes, que son inhumanité n’est parfois qu’une projection de nos secrètes espérances. En octobre et en mars, l’université du Rond-Point devient champs de mines et de monstres. Précédé d'un montage sonore sur l'affaire Clearstream. Vers l’infini et au-delà… C’était l’histoire de la dette de la Grèce et des chiffres du déficit pendant un certain temps, surtout depuis qu’il est devenu presque habituel que les chiffres subissent au moins une révision à la hausse par rapport à leur estimation initiale.

Vers l’infini et au-delà…

Toutefois, les dernières données publiées par Eurostat suggèrent que l’incapacité à tenir ses objectifs semble se propager à d’autres pays à la périphérie de l’eurozone (alors que les projecteurs sont encore fermement pointés sur la Grèce). Eurostat a publié hier ses chiffres concernant sa dette et son déficit pour 2010 et y a ajouté quelques modifications intéressantes – à la hausse comme toujours. Commençons par la Grèce : nous voyons que le gouvernement a raté son objectif de déficit de 1,1% de son PIB (tous les pourcentages sont indexés sur le PIB à partir de maintenant), pour s’établir à 10,5% au lieu des 9,4% que le gouvernement Grec avait fièrement prévus en Janvier. Les deux gros cochons, partie 2. Renversement de la liquidité internationale ?

Si par une sorte de dialectique un peu scolaire, le premier commentaire a d’abord sursauté à la nouvelle proprement économique de la mise sous surveillance des Etats-Unis (voir Partie 1), puis s’est corrigé pour en minimiser la portée et y voir un « simple avertissement » politique, il serait utile (négation de la négation) de revenir, pour la redramatiser quelque peu, à l’économie du problème. Le parallèle avec l’épisode précédent de « surveillance négative » de 1996 ne tient pas la route une seule seconde, et si c’est sur ce genre de rapprochement que l’on croit pouvoir compter pour se rassurer un peu il va falloir assez vite trouver autre chose.

Or il faudrait être inconscient pour minimiser les effets d’une éventuelle dégradation des Etats-Unis. Mais ce problème qu’on peut voir par le petit bout des calculs spéculatifs, il faut surtout le voir par le gros bout d’une crise possible de la liquidité internationale. Les deux gros cochons , partie 1. Ainsi donc il va falloir envisager d’agrandir la porcherie… Car deux fameux gorets tapent du groin à la porte.

Les deux gros cochons , partie 1

Au commencement, ils étaient trois petits – les cochons. Grèce, Portugal, Espagne. Et comme il fallait un « I » (pour bien faire PIGS), on eut d’abord l’idée de l’Italie – puisque les crottés sont nécessairement les Méditerranéens. Sauf que ce fut l’Irlande. Et la théorie financière des types et des climats connut un premier accident. Comme par un effet d’habitat préféré, la finance, culturellement anglo-saxonne, a toujours eu un faible pour ses appartenances. Par un de ces revirements qui font tout son charme, le commentaire financier est passé de l’état d’alarme lundi 18 avril à la grande placidité mardi 19. Royaume-Uni : impasse totale de politique économique ?

Passé le coup de semonce de l’annonce, aussi bien les opérateurs que les commentateurs de la finance semblent revenir à leur tropisme de « l’habitat préféré » et faire peu de cas d’une « péripétie ». Les pensions.