Mariage pour tous : "La compagne de la mère pourrait être préférée au père biologique" L'Assemblée nationale a voté en première lecture le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.
Il sera débattu par les sénateurs début avril. D'ici là, les locataires du palais du Luxembourg devront méditer les arguments de la lettre ouverte déposée dans leur boîte le 15 mars. Signée par 170 professeurs de droit, cette missive les invite à mesurer les conséquences du projet, notamment sur les enfants "qui ne sont ni des objets pour satisfaire un désir, ni des médicaments pour soulager une souffrance", souligne le texte. Première du genre, cette lettre a été rédigée par Guillaume Drago, publiciste, et Aude Mirkovic, privatiste, dont l'ouvrage Mariage des personnes de même sexe, la controverse juridique (éd. Téqui 2013) a été offert à chacun des sénateurs. Le Point.fr : Pourquoi cette lettre ouverte et qu'apporte-t-elle de nouveau dans le débat ? Notre conseil est d'ouvrir le Code civil et de l'appliquer ! Exactement. C'est exact. En père et contre toutes. LE MONDE CULTURE ET IDEES | • Mis à jour le | Par Gaëlle Dupont En ce début 2013 a eu lieu un événement inédit : le "printemps des pères".
Le 21 mars, à Caen, au Puy-en-Velay, ou encore à Ploufragan (Côtes d'Armor), des hommes sont montés sur des grues, des toits et des pylônes pour accrocher le plus haut possible leurs slogans : "Un père est aussi important qu'une mère" ou "Liberté, égalité, coparentalité". Le 15 février à Nantes, Serge Charnay avait inauguré ce mode d'action pour réclamer la garde de son fils. "Benoît, deux ans sans papa", affirmait la banderole de ce père qui est resté trois jours sur sa grue. Que disent en substance ces hommes ? Ils avancent une preuve de ce pouvoir jugé exorbitant : 75 % des enfants de divorcés vivent chez leur mère. Mais ce tableau est trompeur. Quant au partage des tâches à la maison, il reste très inégalitaire. Des recherches confirment l'ambiguïté de leur discours.
S'ils ne sont pas perchés sur des grues, où sont donc les "nouveaux pères" ? Sylviane Agacinski semaines sociales. Après avoir dressé l’état des lieux de l’égalité entre hommes et femmes vendredi 23 novembre, il s’agissait, samedi, de mesurer l’évolution non pas tant de l’égalité mais surtout de la qualité de la relation entre hommes et femmes. « Il n’y a pas beaucoup de lieux où l’on applaudit avec une même ferveur le nonce apostolique lisant un message du pape et une ministre socialiste se prononçant en faveur du mariage pour tous », a commencé par rappeler le journaliste et écrivain Bernard Lecomte, chargé de résumer, en début de matinée samedi 24 novembre, l’essentiel des interventions de la veille.
De fait, cette 87e Semaine sociale de France, consacrée au thème « Hommes et femmes, la nouvelle donne », permet d’entendre des propos d’une grande qualité et profondeur. Les métamorphoses de la différence Ce fut le cas encore samedi matin 24 novembre avec la philosophe Sylviane Agacinski, particulièrement applaudie après sa brillante conférence sur « les métamorphoses de la différence ». Non à un monde sans sexes ! LE MONDE | • Mis à jour le | Par Monette Vacquin, psychanalyste, auteur de "Main basse sur les vivants" et Jean-Pierre Winter, psychanalyste, auteur d'"Homoparenté" Les mots de père et mère vont être supprimés du code civil.
Ces deux mots, qui condensent toutes les différences, puisque porteurs à la fois de celle des sexes et de celle des générations, vont disparaître de ce qui codifie notre identité. Il faudrait être sourd pour ne pas entendre le souffle juvénile qui parcourt tout cela. Le coup de balai idéologique capable de renverser des siècles d'usage et de supprimer les mots auxquels nous devons la transmission de la vie doit s'appuyer sur des ambivalences inconscientes bien archaïques, et largement partagées, pour avoir la moindre chance de s'imposer et… de bientôt faire la loi. Cette violence, déflagratrice, n'est bien sûr pas seulement le fait d'une minorité d'homosexuels demandeurs du mariage. Politiquement correct : le discours doit être poli, sans aucun tranchant.