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Mixture

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Mixité sociale, et après ? Le pouvoir aux habitants ? Inventées de façon expérimentale après les émeutes des Minguettes au début des années 1980, parallèlement à la “Marche des beurs” pour l’égalité, la Politique de la Ville visait à réformer le fonctionnement de l’État et les relations de ce dernier aux collectivités locales.

Le pouvoir aux habitants ?

Pour pallier l’urgence d’une nouvelle question sociale, associée à certains quartiers où les populations immigrées et minoritaires étaient concentrées, une action publique d’exception allait être mise en place, mobilisant une approche locale et ascendante, plus participative et transversale. Marie-Hélène BACQUÉ. Bandes de jeunes et ancrage territorial, recherche conduite en collaboration avec Lamence Madzou, 2007-2008.

Marie-Hélène BACQUÉ

Cette recherche revient sur un épisode de l’histoire des bandes de jeunes en région parisienne à la fin des années 1980 à partir du récit de vie d’un ancien chef de bande complété par une enquête auprès de différents acteurs, policiers, éducateurs, élus locaux, jeunes. Elle montre comment s’articulent différentes échelles d’ancrages territoriaux, analyse les constructions identitaires qui structurent ces groupes et les transformations des politiques locales.

Cette recherche a donné lieu à la publication d’un ouvrage : The middle classes in the city : social mix or just « people like us » ? A comparison of Paris and London, coordination de l’équipe française, ANR Franco-britannique, 2010-2013 Cette recherche comparative analyse les caractéristiques contemporaines des « nouvelles » classes moyennes urbaines en France et en Grande Bretagne. L'empowerment, pratique émancipatrice. L’empowerment, de la théorie à la pratique. Vous avez dit… “empowerment” ? Pour une approche critique de la mixité sociale. Longtemps considérées comme des lieux de croisement et de mélange, les villes sont aujourd’hui regardées comme les théâtres d’une désagrégation du lien social [1].

Pour une approche critique de la mixité sociale

Les plus aisés mettent de plus en plus explicitement en scène leur volonté de se tenir à l’écart des pauvres, avec notamment le développement des ensembles d’habitation privés et sécurisés (les gated communities). Les quartiers populaires, de plus en plus pauvres, deviennent pour leur part ce que certains sociologues n’hésitent plus à appeler des ghettos [2]. Cette ségrégation soulève de fait de graves problèmes. Les habitants des quartiers les plus pauvres souffrent ainsi d’un accès dégradé aux services et aux équipements urbains. Ils subissent également des inégalités dans l’accès à l’éducation, ce qui met en péril un projet central de nos sociétés, assurer l’égalité des chances. Pour lutter contre la ségrégation, la réaction immédiate consiste à favoriser la mixité dans les quartiers d’habitation. La Politique de la Ville en quête de réforme. On trouvera les notes de cet article dans le pdf ci-joint.

La Politique de la Ville en quête de réforme

La question des quartiers réputés « sensibles » est constituée depuis plus de trente ans comme un problème social et politique, parce que ces quartiers manifestent la concentration des phénomènes de l’exclusion et l’archétype du mal vivre des grands ensembles. Le durcissement des processus ségrégatifs dans les villes ainsi que le développement des émeutes urbaines, parmi d’autres violences diverses, produisent dans les représentations collectives une image de ghetto. La société française s’est finalement fabriquée une catégorie générique des problèmes sociaux, s’imposant à tous : les « quartiers ». Les Gated Communities : des ghettos de riches ? Partout dans le monde, des quartiers résidentiels se ferment aux visiteurs non autorisés [1].

Les Gated Communities : des ghettos de riches ?

Ces fermetures prennent des formes très diverses, allant des gardes armés postés à l’entrée d’une résidence huppée à la barrière du type passage à niveau restreignant la circulation automobile dans une rue pavillonnaire. Les espaces enclos sont également de tailles et de formes très diverses : du quartier comprenant plusieurs milliers d’habitants au groupement de quelques dizaines de personnes ; de l’ensemble de pavillons organisé autour d’une simple rue privée au complexe de tours de plusieurs dizaines d’étages doté de nombreux équipements et aménités. Mais, par delà cette diversité, on note partout une volonté des citadins de dresser des obstacles entre leur espace résidentiel et le monde extérieur [2].

Ce phénomène émergent éveille un fort intérêt car il rend particulièrement visibles des évolutions sociales inquiétantes. «Habiter Paris est un signe clair de domination sociale» «A Paris, le niveau de mixité est de loin le plus élevé» Paris aurait perdu son peuple, chassé par la gentrification.

«A Paris, le niveau de mixité est de loin le plus élevé»

La recherche de la mixité sociale ne serait qu’une illusion, participant au contraire à ce mouvement centrifuge. Dans nos pages (1), la géographe Anne Clerval développait cette thèse radicale. Jacques Lévy, géographe, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), récuse cette vision de l’embourgeoisement. Est-ce que le concept de gentrification a un sens ? Pour répondre à cette question, il faut revenir au sens que lui ont donné ceux qui ont inventé la notion de gentrification, c’est-à-dire d’embourgeoisement. Le fait de les classer comme bourgeois, ou même «petits bourgeois», pose problème. A Paris, le XVIe fait une petite place aux HLM. Il pénètre dans l’appartement, parcourt une à une les pièces avec des yeux attentifs au moindre détail, puis fait une halte dans le séjour - baie vitrée, parquet, balcon - donnant sur une charmante et paisible cour pavée.

A Paris, le XVIe fait une petite place aux HLM

«Avec Jean-Yves [Mano, adjoint (PS) chargé du logement] à chaque fois qu’on inaugure des logements sociaux, on fait le test. On se demande : "Est-ce qu’on aimerait y habiter ? " Celui-ci me conviendrait bien, mais je n’y ai pas droit», plaisante Bertrand Delanoë. Le maire (PS) de Paris inaugurait vendredi un immeuble de logements sociaux au 60-62, rue de Passy, dans le très chic XVIe arrondissement de la capitale.

Border Bistro.