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Révolution en Tunisie - les textes

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Tunisie : ni militaire, ni islamiste, ni apparatchik ! Karim, jeune tunisien résidant à Paris, accepte que je publie sur Mediapart son analyse de la situation, optimiste "réaliste" avant les élections présidentielles de son pays. "L'énorme victoire sur la tyrannie reste fragile et inachevée. La prochaine échéance électorale sera déterminante pour transformer la Révolte de SidiBouzid en vraie Révolution du jasmin. Comme tous les tunisiens je suis optimiste...

Je me laisse rêver et je vois un printemps démocratique et du bonheur dans notre pays... Mais ne pouvant pas m'empêcher d'être réaliste, je perçois des dangers qui peuvent tout plomber... Les prochaines élections concerneront les présidentielles et une dissolution de l'assemblée dans ce contexte semble improbable. Alors que nous vivons une vraie histoire d'amour avec l'armée nationale, désormais seule capable de garantir la sécurité du pays, il serait clairement mal venu qu'un militaire succède au Général Ben Ali.

En réponse à deux internautes, Karim conclut : Tunisie : Facebook révolution !? Une bonne et une mauvaise nouvelle pour les utilisateurs de facebook qui, plutôt que Twitter ou même Wikileaks, a fortement contribué à la mobilisation tunisienne. Fabrice Ebelpoin, éditeur de ReadWriteWeb francophone, affirme que Facebook a été l'"outil de support opérationnel à la révolution Tunisienne". Pourtant, jusque là, Facebook n'avait pas brillé par son sens du respect de la vie privée. On a récemment montré que Mark Zuckerberg, son fondateur, avait piraté la base de données de Harvard pour créer un site permettant de noter les photos des étudiantes de son université ; puis, il aurait piraté les comptes d'email de ses collaborateurs, en créant the facebook pour son compte, alors qu'il était associé pour créer le réseau social Connect U.

Comment alors un réseau social comme facebook a-t-il pu aider les tunisiens à se libérer de Ben Ali en utilisant un outil qui joue le rôle de Big Brother à l'instar de Google ? Les blogs ont joué aussi un rôle très important. Tunisie : Vive la Révolution du Jasmin! Des dizaines de milliers de Tunisiens sont sortis dans la rue unis dans un même cri : "Ben Ali assassin", "Ben Ali dehors", "Du pain et de l'eau, mais Ben Ali Non", "Ben Ali dégage"... Le peuple tunisien vomit son tyran et lui demande de partir. Et l'a montré avec courage et détermination.

Et alors qu'il avait promis dans son discours d'hier, 13 janvier 2011, qu'il n'emploierait plus la force contre les citoyens, c'est des morts supplémentaires que compte l'insurrection populaire en Tunisie depuis hier soir. Devant le ministère de l'Intérieur où s'étaient massés des dizaines de milliers de manifestants n'ayant pour seules armes que leur haine et leur espoir, arborant des slogans hostiles au régime, hommes et femmes, crient à Ben Ali qu'ils ne veulent plus de son système despotique, du mépris qu'ils subissent depuis si longtemps et de la répression généralisée qui depuis un mois a fait des dizaines de victimes. Vive la Révolution du Jasmin!

Vive le peuple tunisien! Farah Bensalem. Un jasmin qui fleure bon le Banania. Vous les entendez ? Vous les lisez ? Tous ces hérauts de la liberté des peuples, porte-drapeaux de l'autodétermination des masses ? C'en est émouvant de les voir ressortir de la naphtaline leurs grands discours aux accents enflammés, au ton épique et à la verve révolutionnaire. Ils le savaient, eux, ils le savaient que les Tunisiens allaient un jour se lever « comme un seul homme » pour « conquérir » leur liberté, « chasser le tyran » qui, « la mine déconfite » (forcément déconfite) s'enfuirait alors « lâchement », car c'était écrit, c'est la loi de la liberté et de la justice, c'est le retour à la normale, la fin de l'anomalie, le sursaut des consciences, l'indignation des opprimés, le souffle de la révolte, une flamme, un feu, un brasier, etc.

[complétez avec votre propre sélection] Où vont-ils chercher tout ça ? Mais ce n'est pas tout. Remarquez, on aura échappé à la Révolution de Burnous ; Le peuple contre-attaque ; L'avion présidentiel passe, le peuple aboie, etc. Panorama des partis politiques en Tunisie. Jasmin 2.0. Slim Amamou, célèbre blogueur activiste Tunisien, avait été arrêté le 6 janvier. Il avait dénoncé l’année dernière une opération de phishing des comptes mails des internautes tunisiens. Il était un des initiateurs de l’opération “Nhar 3la 3ammar” et l’un des organisateur de la manifestation contre la censure le 22 mai 2010 à Tunis. Libéré jeudi dernier, juste après le discours du président Ben Ali annonçant la levée complète de la censure des sites Internet, il est aujourd'hui le tout nouveau "secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports" selon un de ses tweets de l'après-midi.

Il ajoute : "La révolution la plus rapide de l'histoire. parce qu'on est connectés, synchronisés. " Slim Amamou est la partie émergente d'un glacier masqué, un réseau d'anonymes qui combattent pour la liberté. Ce réseau n'a pas de frontière, et une fois de plus, comme pendant les élections en Iran, les réseaux sociaux et la technologie mobile sont des armes de résistance. Honte à nous, gloire aux Tunisiens ! Le peuple tunisien dément S. Huntington. L'apôtre du « choc des civilisations », décédé en décembre 2008, a exercé un magistère sur la pensée géopolitique depuis la diffusion en 1993 d'un article dans la revue Foreign Affairs, développé par la suite dans « The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order » paru en 1996.

S'appuyant sur l'exemple de la guerre en Yougoslavie, S. Huntington pressentait l'émergence de conflits d'une nature nouvelle, structurés autour du concept de civilisation. La civilisation était définie par une culture, un mode de fonctionnement, des pratiques, le tout renvoyant le plus souvent à des héritages religieux plus ou moins vivaces. De ce nouveau paradigme, il déduisait les lignes de fracture du monde de l'après guerre froide. Cette lecture d'un monde en tension se révélait parfois pertinente, le plus souvent non. Quels mécanismes S. La révolution tunisienne en cours s'inscrit-elle dans la logique des schémas de S.

Photo WEF Davos 2004. L'Arabe et la Dictature.