Leïla Kilani : "Au Maroc, les réactions à 'Sur la planche' sont passionnelles" La réalisatrice marocaine Leïla Kilani revendique le droit d'interpeller le spectateur.© Véronique Besnard, pour J.A. Après deux documentaires remarqués, la réalisatrice marocaine Leïla Kilani se lance dans la fiction. Film coup-de-poing, "Sur la planche" explore la part d'ombre de Tanger et raconte le difficile combat pour survivre d'un quator de jeunes filles. « Je ne vole pas, je me rembourse ; je ne me prostitue pas, je m'invite ; je ne mens pas, je suis juste en avance sur la vérité : la mienne. » Dès le début de Sur la planche, avec cette déclaration de Badia, la meneuse d'un quatuor d'ouvrières qui, la nuit, versent dans la délinquance, le spectateur sait qu'il ne va pas voir un film romantique, mais une oeuvre dérangeante.
L'action se déroule autour du port de Tanger, où survivent, dans un état de tension permanente, des postadolescentes employées dans un atelier de décorticage des crevettes ou, pour les mieux loties, dans une usine de confection. Pourquoi pas ! Jeune Afrique. SUR LA PLANCHE « cinéphilies. Pied au plancher, droit vers le mur. Plus le mur approche, plus le pied appuie. Tout droit, sans dévier. Juste une petite hésitation avant l’impact. Et encore. Tanger le jour, une ruche. La planche, c’est celle sur laquelle on est. Et ? Et voilà. Like this: J'aime chargement… Sortie cinéma : "Sur la planche" Matt Damon poursuivi à travers les dédales d'une ville vertigineuse dans La Mémoire dans La Peau ... Voilà les derniers souvenirs cinématographiques que l'on a de Tanger.
Sur la Planche de Leïla Kilani propose une vision moins stéréotypée de la cité marocaine. En suivant les péripéties de quatre jeunes filles besogneuses mais insoumises, la réalisatrice créée une œuvre forte, qui mêle film-social et polar. La bande annonce Badia et Imane travaillent pour un salaire de misère dans une usine de crevettes sur le port. Grâce à sa caméra franche et précise, Leïla Kilani fait découvrir une facette du Maroc que peu de gens connaissent. Pour son premier film, la virevoltante Soufia Issami dévore l'écran L'autre réussite de Sur la Planche réside dans l'habileté avec laquelle il jongle entre les genres. L'autre genre abordé par Sur la Planche est le polar urbain. Étouffante, la tension est présente dans toutes les scènes du film Boris Cuisinier. Cinéma dans la lune. "Sur la planche" de Leila Kilani ou Les Râpeuses : petitspapiers.
Un visage plein écran. De fille. Qui slamme son acte de foi comme on vous crache à la gueule. « Je ne vole pas ; je me rembourse. Je ne tapine pas ; je m’invite». On croirait du Casey, la rappeuse. En plus jolie, encore un peu engourdie d’adolescence, les yeux noirs, le regard profond, mais sans étincelle. Tanger est dépourvue de tout exotisme. Des barrières, des grillages, des services de sécurité, des hangars, des préfabriqués. Il y a là deux sortes d’ouvrières : les humbles, les nouvelles venues : les « crevettes » qui décortiquent, payées au kilo, le crustacé, en blouse blanche, calot et gants blancs dans de vastes ateliers à la lumière clinique, surveillés par des contremaîtres dans les allées, et les « textiles », la noblesse ouvrière qui travaille le tissu, chanceuses ou parvenues, un peu pétroleuses. Badia et Imane sont des «crevettes ».
En décortiquant ses crevettes, Badia les compte. Ce film a la densité de la nuit et l’âpreté de la conscience de classe. Sortie réussie en France du film marocain "Sur la Planche" Le film marocain "Sur la planche", sorti mercredi sur les écrans français, a été favorablement accueilli par la critique et la presse spécialisée de l'Hexagone, impressionnée par le talent de sa jeune réalisatrice, Leila Kilani, qui signe sa première fiction. "Avec ses défauts et son énergie, le premier film de la Marocaine Leïla Kilani est un diamant brut, un chant de liberté", écrit mercredi le journal +Le Monde+ dans sa chronique sur les sorties cinéma de la semaine.
Le chroniqueur souligne "une imperfection désirable" de cette oeuvre qui recèle "une magie noire susceptible de conquérir le coeur du public: pêche d'enfer, gang de jeunes actrices explosives, hold-up poétique", alors que son confrère de +Libération+ salue "un pur bloc de nerfs et d'intelligence" ou encore "un genre de polar social féministe rongé par le sel et la rouille". Née à Casablanca en 1970, Leïla Kilani a suivi des études supérieures en économie à Paris avant de se consacrer à l'histoire. « Sur la planche », de Leïla Kilani : Filles de Tanger. Il déboule sur les écrans avec la force juvénile de ses interprètes et de sa mise en scène.
Sur la planche a l’énergie non canalisée d’un morceau de rock ou de rap que des jeunes gens lanceraient à la face du monde. C’est direct, entier. À l’image de Badia : rapide, ne tenant pas en place, toujours concentrée, nerveuse, intransigeante. Un premier film est une impertinence. Nul ne l’attend et pourtant il affirme sa présence, s’offre aux regards, tente de s’imposer pour ce qu’il est. Pour réaliser une première œuvre, il faut s’autoriser à prendre la parole et se jeter dans le vide. Cela demande du tempérament, de l’audace et une dose d’insouciance. Le contraire de ce qu’exige le formatage en vigueur. À Tanger, où, arrivées « de l’intérieur » du pays pour trouver du travail, Badia et sa copine Imane décortiquent des kilos de crevettes – boulot misérable mais légal –, elles se livrent la nuit à de petits trafics, voire se prostituent.
Chronique ciné: Sur la planche. Sur la planche: La ville de tous les Tanger L'histoire Simplement prenante. L’intrigue ne prend pas de gants et nous confronte, dès les premières images, à l’âpreté de la vie des héroïnes. Badia et son amie Imane sont des « femmes-crevettes ». Toute la journée, elles en décortiquent pour gagner leur pain. Vivent dans des réduits sans eau courante. S’attablent au café. La mise en scène Gonflée. Les actrices Intenses.
Film de genre, coup de poing « no future » entre nos deux yeux de spectateurs, Sur la planche est un beau coup d'essai, dans les salles depuis le 1er février. Projection Publique » De filles et de femmes. Elles de Malgorzata Szumowska, Sur la planche de Leïla Kilani La semaine dernière, le bien nommé Sport de filles vibrait de l’élan porté ensemble par trois femmes, la cinéaste Patricia Mazuy, l’actrice Marina Hands et le personnage, Gracieuse. Cette semaine, ce sont deux bataillons féminins qui prennent d’assaut les écrans, avec d’autres armes et d’autres énergies. Juliette Binoche et Anaïs Demoustier dans Elles de Malgorzata Szumowska Une réalisatrice polonaise, Malgorzata Szumowska, accompagnée d’une scénariste anglaise, Tyne Birckel, et d’une productrice danoise, Marianne Slot, mettent en scène trois actrices remarquables dans Elles. Au départ, il y a un « sujet » (aïe !) Et une situation (re-aïe !).
Il faut finalement porter au crédit de Malgorzata Szumowska d’avoir laissé se déployer les vastes et profondes houles de Juliette Binoche, les précises et délicates risées d’Anaïs Demoustier, les éclats tranchants de Joanna Kulig. Sur la planche de Leïla Kilmani. Extraits commentés : “Sur la planche”, par sa réalisatrice Leïla Kilani - Cinéma. Sur la planche. Pas franchement surf, Sur la planche (expression qui signifie “sur la corde raide” ou “au bord de l’abîme”) nous embarque direct et sans préliminaires dans le quotidien de jeunes filles en situation de survie à Tanger.
Badia et ses copines, la vingtaine, travaillent plus pour gagner moins dans les usines de fringues et de produits marins d’une zone portuaire en pleine expansion. Les fruits de la croissance n’étant pas redistribués à ces ouvrières, elles pratiquent la débrouille pour mettre du beurre dans leur maigre semoule : prostitution, arnaques, petits larcins… On ne trouvera pas le moindre gramme de misérabilisme dans l’attitude de ces “bad girls”, ni dans le regard que porte sur elles Leïla Kilani.
Comme dit Badia : “Je ne vole pas, je me rembourse”. Souvent portée à l’épaule, la caméra de Kilani colle aux basques de ces petites bombes d’énergie. Ce style physique pourrait faire penser aux Dardenne ou à Kechiche, en plus brut de décoffrage. Un extrait du film avec vodkaster.com. « Sur la planche », la vie d’ouvrières entre textile et crevettes. "Sur la planche" - Tanger, loin du folklore.
"Sur la planche" : à Tanger, le 'A bout de souffle' de quatre rebelles. Avec ses défauts et son énergie, le premier film de la Marocaine Leïla Kilani est un diamant brut, un chant de liberté. Certains films arrivent sur les écrans moins vierges qu'on ne le croit. Sur la planche, de la Marocaine Leïla Kilani, sous ses airs de "ravi de la crèche" (réalisatrice inconnue du grand public, premier long métrage de fiction, titre sec comme un bout de bois), sort en réalité d'une longue gestation.
Depuis sa première présentation à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes au mois de mai 2011, il revient d'un tour du monde de neuf mois où trente-cinq festivals de cinéma, d'Abou Dhabi à Vienne en passant par Chicago, lui ont servi d'escales. Une telle convoitise, s'agissant d'un coup d'essai, est généralement de bon augure. Ce film bancal, d'une imperfection désirable, recèle de fait une magie noire susceptible de conquérir le coeur du public : pêche d'enfer, gang de jeunes actrices explosives, hold-up poétique. "J'étais une littéraire, je sacralisais l'écrit, mais pas l'image" «Sur la planche», Tanger immédiat. Calamity Jane à Tanger, mais avec son phrasé, son «flow» pour seule arme à l’heure du braquage.
D’entrée de jeu, elle attaque et arrose à feu nourri, tenant l’assistance en respect : «Mieux vaut être debout, tenu par son mensonge, qu’allongé, écrasé par la vérité des autres. Je ne vole pas, je me rembourse. Je ne cambriole pas, je récupère. Je ne trafique pas, je commerce. Je ne me prostitue pas, je m’invite. Je ne mens pas. Sur la planche est le premier film de fiction de Leïla Kilani, 40 ans, née à Casablanca, mais dont la famille est profondément ancrée à Tanger. En rupture avec la mythologie autoentretenue de la ville cosmopolite, le film la revisite à neuf, loin du folklore et de la carte postale (le café Hafa, le petit et le grand Socco, etc.).
Silhouettes. Dans Sur la planche, les hommes sont réduits à l’état de silhouettes, les personnages qui comptent sont les filles de 20 ans, Badia, Imane, Nawal et Asma. Cul-de-sac. «Messe». Sur la planche, réalisé par Leïla Kilani. Premier long métrage de fiction de la documentariste marocaine Leïla Kilani, Sur la planche suit le déhanché de quatre jeunes femmes avec la vie, dans un Tanger partagé entre précarité du concret et facilité illusoire miroitée par les rêves d’Europe.
Entre chronique de la débrouille et polar, ce récit d’une fuite en avant met en scène habilement les connexions entre la réalité d’une société et celle d’un personnage. Premier plan : l’actrice se heurte aux murs de son monde, à la caméra, comme au réel, comme un poisson qui voudrait sortir de son bocal. Elle s’y cogne, cogne, cogne. La caméra bloque inflexiblement le passage, comme pour marquer les limites de la géographie, mais en même temps scrute son personnage, sa proie.
Badia passera tout le film à tenter d’échapper à ce regard, à ces plans souvent serrés qui lui collent au train, à ce cadre étriqué qui la confine. Badia et le monde. Sur la planche - Leïla Kilani. Réalisé par Leila Kilani. France/Maroc/Allemagne. Drame. 1h46. (Sortie 1er février 2012. Avec Soufia Issami, Mouna Bahmad, Nouzha Akel et Sara Betioui.
Elle se bat. Dans un film indépendant français, on en ferait une boudeuse mutique, un témoin triste et déjà résigné avant même que le film commence. La réalisatrice marocaine Leïla Kilani s’y refuse et préfère la transformer en "jeune fille courage". Et puis, il faut tenter l’impossible. Leïla Kilani dit qu’elle a pensé à "Wanda" de Barbara Loden pour écrire et faire vivre son personnage. "Sur la planche"a le mérite incontestable de jouer la fiction, tout en montrant de manière froide et documentaire le sort des ouvrières marocaines. "Sur la planche" est un thriller politique, économique, féministe et une sacrée leçon pour ceux qui continuent à filmer par le petit bout de la lorgnette de la grande Histoire.
C’est un film libre, fort, dense. Leïla Kilani - "Sur la planche. "Sur la planche" comme un funambule au-dessus du vide, comme un condamné, "sur la planche" comme on s'accroche à un radeau... Le titre évocateur du premier long métrage de la Marocaine Leïla Kilani (sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du dernier Festival de Cannes) est rigide, dur, comme la voix qui s'adresse à nous d'un fourgon dans la nuit tangéroise : "Je ne vole pas : je me rembourse... Je ne me prostitue pas : je m'invite".
Pour Badia, "mieux vaut être debout tenu par son mensonge qu'allongé, écrasé par la vérité des autres", et la tension dans sa litanie prolonge la tension permanente de son existence, que le film nous communique au fil du long flashback qui suit la scène d'ouverture. Sur la planche s'articule autour du combat de deux forces contraires, de l'individu insoumis contre l'implacable système, et la résistance, l'effort du premier pour ne pas être broyé par le second est palpable pendant tout le film. Critique - Sur la planche. La peau. Elle se la frotte à l'arracher, après une journée de décorticage de crevettes à l'usine, avec force citron pour enlever l'odeur. Pour se détacher de sa condition d'ouvrière sous-payée et mal-logée. Pour foncer vers une autre vie, celle du soir, celle où le vocabulaire s'inverse : "Je ne vole pas, je me rembourse. Je ne cambriole pas, je récupère. Je ne trafique pas, je commerce. Je ne me prostitue pas, je m'invite.
" La parole de Badia, en voix-off, est un slam. Ce sont ces jeunes à fleur de peau que capte Leïla Kilani. Il fallait cette radicalité de mise en scène et de jeu d'actrices pour que l'on capte cette tension. Inutile de dire que l'image touristique du Maroc en prend un coup, à commencer par Tanger, la ville natale de la réalisatrice, ville doublement butoir : premier contact pour les voyageurs motorisés, point de non-retour pour les migrants qui tentent la traversée.
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