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Suicide à EDF et sous traitant

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Suicides et mal vivre à la centrale nucléaire près de Chinon, vidéo Suicides et mal vivre à la centrale nucléaire près de Chinon, vidéo Economie et société Vie économique - Archives vidéos Economie et société Vie économique. Www.sante-et-travail.fr/page.php?controller=article&action=htmlimpression&id_article=34448&id_parution=649. La caisse primaire d'assurance maladie d'Indre-et-Loire et EDF s'affrontent devant la justice à propos de la reconnaissance du suicide d'un agent en maladie professionnelle. La société nationale craint les réactions en chaîne. Ce sera sans doute une longue bataille judiciaire.

EDF n'est pas près d'accepter la décision de la caisse primaire d'assurance maladie (Cpam) d'Indre-et-Loire de reconnaître en maladie professionnelle le suicide de l'un de ses agents, Dominique Peutevynck. Or le jugement rendu le 14 mai dernier par le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Tours maintient le suspense. En effet, au lieu de se prononcer sur l'opposabilité de la décision de la Cpam à EDF, les juges ont renvoyé le dossier devant le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) des Pays-de-la-Loire. Ce dernier devra dire s'il y a bien un "lien direct et essentiel" entre le suicide du salarié et le travail, comme le CRRMP de la région Centre l'a déjà fait en 2005. Le suicide, une maladie professionnelle ? L’entreprise deviendrait-elle une «machine à broyer»* ? Non, répond EDF, qui comparaissait lundi devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de Tours pour le suicide d’un technicien en août 2004.

L’entreprise conteste une décision de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de considérer comme une maladie professionnelle le suicide de Dominique Peutevynck, 49 ans. EDF estime en effet qu'il «existe un certain nombre de facteurs personnels pour expliquer» le passage à l’acte de ce technicien supérieur à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire). L’avocat du groupe a notamment cité «une période de dépression lors de son divorce, une autre quand il s'est séparé de sa nouvelle compagne».

«Surcharge de travail» Cette affaire est examinée alors que trois autres employés de cette centrale se sont suicidés ces six derniers mois, selon la CGT, qui évoque la «surcharge de travail» affectant certains employés du site nucléaire. Suicide et travail Le cas EDF. Dans le mot qu'il a laissé avant de se jeter sous un train, aucune explication. "J'embrasse mes enfants", a simplement écrit Dominique Peutevynck le 21 août 2004. Le cas de ce technicien supérieur d'EDF, qui travaillait à la maintenance de la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), sera examiné le 5 mars par le tribunal des affaires de sécurité sociale de Tours.

L'employeur conteste la décision rendue en 2005 par le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, qui a retenu "le lien direct entre l'affection déclarée [la dépression] et l'activité professionnelle". Les rapports transmis par le médecin du travail dressaient alors le portrait d'un salarié sans histoires, investi dans son métier au point de ne pas avoir pu prendre ses distances quand la pression s'est accentuée sur son service.

Son fils aîné, Jérôme, n'ira pas au tribunal pour régler des comptes. EDF conteste la maladie professionnelle. Pas de faute inexcusable de l'employeur. Le tribunal des affaires sociales de Tours a rejeté la "faute inexcusable" d'EDF dans le suicide d'un de ses employés. Vous défendez la famille de la victime.

Ce jugement vous a-t-il surpris? Il nous a laissés pantois! Nous étions extrêmement confiants dans la solidité de notre dossier. Les deux expertises successives qui ont conduit à la reconnaissance du suicide de Dominique Peutevynck comme une maladie professionnelle établissaient le lien entre le geste de cet homme et ses conditions de travail à la centrale de Chinon. Un constat étayé par une série d'alertes lancées par le médecin du travail, le Dr Dominique Huez: le service dans lequel travaillait M. Peutevynck allait mal, les salariés étaient stressés, débordés. L'employeur est-il nécessairement responsable de cette situation?

A cet égard, le dossier Peutevynck est aussi emblématique qu'accablant. Comme la famille Peutevynck, je suis très déçu. C'est un autre contentieux.