La Syrie dans la spirale de la révolte. Jusqu’à présent, à l’exception de Deraa, l’épicentre du mouvement, l’agitation en Syrie était plutôt sporadique, gagnant une ville, puis une autre, retombant ici, rejaillissant là. Vendredi, en touchant 16 villes, dont les deux plus grandes du pays, Damas et Alep, et en mobilisant des dizaines de milliers de personnes, elle est devenue une lame de fond qui promet de durer. Autre différence : en comparaison avec les jours précédents, le régime a peu fait usage de la force. Selon le Comité arabe des droits humains, trois personnes ont été tuées, dont deux à Lattaquié, portant à 202 le nombre de personnes décédées depuis le début de la révolte, le 15 mars. Graffitis. La formation jeudi d’un nouveau gouvernement chargé de mener des réformes et la libération de 200 prisonniers - il en reste 300 - n’ont donc pas calmé la situation qui, au contraire, devient plus inquiétante pour le régime de Bachar al-Assad.
Basses œuvres. Jean-Pierre PERRIN. Une chrono vidéo des manifestations dans le monde arabe. Source: YouTube / SwampPost John Caelan, sur son blog Swamp Post, met régulièrement à jour une «carte globale» des manifestations qui ont lieu à travers le monde, en tout cas celles qui font l'objet d'un compte-rendu médiatique. Un dérivé de cette «carte globale» se concentre sur les événements qui ont eu lieu au Moyen-Orient et au Maghreb, entre le 18 décembre 2010 et le 7 mars 2011. Mises bout à bout, ces cartes quotidiennes forment une vidéo, qui permet de se rendre compte de la propagation des manifestations à toute la région.
Le code couleur employé est disponible sur cette page. En bref: vert pour les manifs pacifiques, jaune pour celles qui ont compté de légers blessés, orange quand il y a des gens gravement blessés, rouge quand il y a des morts. MONDE ARABE • Révolutions en marche. Découvrez tous nos dossiers sur les révoltes qui secouent depuis plusieurs mois l'Afrique du Nord et plusieurs pays du Moyen-Orient. Vous y retrouverez des articles tirés de la presse mondiale, ainsi que des galeries de dessins. • La révolution libyenne Le 15 février 2011, des émeutes ont éclaté contre le régime du colonel Kadhafi à Benghazi, la deuxième ville du pays. Malgré la répression sanglante qui a fait plusieurs centaines de victimes, les manifestations ont rapidement gagné le reste du pays. Alors que plusieurs dizaines de milliers de ressortissants libyens et étrangers fuyaient le pays, les forces loyales de Kadhafi ont lancé une contre-offensive et avancé vers l'est du pays jusqu'aux portes de Benghazi, dernier bastion des opposants.
Le 17 mars les Nations unies adoptent la résolution 1973 autorisant une intervention militaire internationale. . • Un dictateur syrien en sursisLa Syrie semblait à l’abri des convulsions du monde arabe. Le soulèvement du monde arabe doit s'accompagner du respect des droits des femmes. UNION EUROPÉENNE • Sourde et aveugle face aux cris du monde arabe. Les réactions inappropriées des gouvernements européens vis-à-vis des événements en cours dans le monde arabe sont la marque de démocraties usées et apeurées, paralysées par la dépendance énergétique et des impératifs économiques, déplore un chroniqueur espagnol.
J'appartiens à une génération qui a eu le privilège d'assister en direct à quatre grandes vagues de démocratisation : dans le sud de l'Europe (Grèce, Portugal et Espagne) ; dans l'est européen, soumis à des régimes de type soviétique ; dans de nombreux pays latino-américains, après le long automne des dictatures militaires ; et enfin aujourd'hui dans le monde arabe, à moins que les choses ne tournent mal. Les révoltes d'Afrique du Nord coïncident avec le 30ème anniversaire du “23-F” [coup d'Etat avorté du 23 février 1981 en Espagne]. Cette commémoration doit nous rappeler que tout aurait pu se passer autrement et que les transitions démocratiques sont toujours imprévisibles et délicates.
Les nouvelles frontières de l’Europe. Un Tunisien fuit la Libye, au poste-frontière de Ras Jdir, le 23 février. Il y a trente ans, personne n’imaginait le processus qui aurait amené les pays du Pacte de Varsovie à adhérer à l’UE. A présent que les pays d’Afrique du Nord se soulèvent, l’Union devrait leur offrir la même occasion de renforcer la démocratie, en leur offrant la perspective d’une adhésion, écrit l’ancien directeur de The Economist dans La Stampa. (Extraits) Nul ne devrait s'étonner que le colonel Kadhafi, retranché à Tripoli et avec plus de la moitié du pays (en termes de population) aux mains de l'opposition, se refuse à accepter la logique morale ou pratique de sa situation. En plus de quarante ans à la tête de la Libye, il n'a jamais fait preuve d'instinct moral ni pratique sauf pour préserver son pouvoir. Quoiqu'il en soit, […] les évènements d'Egypte, de Tunisie et maintenant de Libye causeront une surprise qui nous envoie loin dans l'avenir.
Elargir l'UE à la côte sud de la Méditerranée. Galerie de Al Jazeera English. Contre-courants subsahariens. «Vous les Africains…» Ainsi commençait la phrase d’un Tunisien qui s’adressait à un Béninois. Y aurait-il un continent maghrébin non-africain? Comme pour se dédouaner d’un défaut d’africanité, un Algérien précisait, sur un forum Internet: «Je pense que les Africains d'Afrique subsaharienne ne nous considèrent pas comme de vrais Africains». Avant d’enfoncer le clou: «Dans la vie de tous les jours, quand on dit "africain", on pense directement à noir». L’eau séparerait-elle finalement moins que le sable? Y aurait-il, entre le nord et le sud du continent africain, un fossé qui expliquerait le mal-être des contrées «noires et blanches» —Mauritanie à l’ouest, Soudan à l’est? La propagation de révoltes «arabes» censément contagieuses bute encore sur ce mur invisible. Il ne faudrait pas s’étonner qu’on instaure bientôt une récompense caritative «Idi Amin Dada», qu’on décerne un prix honoris causa «Charles Taylor» ou qu’on crée une fondation à but non lucratif «Mobutu Sese Seko»… Damien Glez.
Political Unrest in North Africa and the Mideast - Graphic. Pourquoi parle-t-on de printemps des peuples arabes? Temps de lecture: 6 min «Printemps égyptien», «printemps arabe», «printemps des peuples arabes»... à force d’entendre ces expressions printanières fleurir dans la presse, on en oublierait presque que les révoltes populaires du monde arabe se déroulent en plein hiver. L’agitation a commencé toute fin décembre en Tunisie, en janvier pour l’Egypte, en février en Libye et au Bahreïn. Alors pourquoi utiliser cette expression pour parler des soulèvements dans ces pays?
Les journalistes et les hommes politiques, comme Nicolas Sarkozy quand il parle de «printemps des peuples arabes» au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) le 9 février 2011, ont-ils oublié que le printemps commence le 21 mars? Font-ils des parallèles historiques ou se sentent-ils simplement pousser des bourgeons lyriques? Un cliché politique et journalistique Ce n’est pas la première fois que l’expression éclot dans l’espace public.
Petites fleurs et grandes espérances Petit rappel des faits. Www.lesechos.fr/pop.htm?/medias/2011/0222//0201166128717_web.jpg. Le Devenir des partis de gauche autour de la Méditerranée. Le vent de liberté pourrait se transformer en tempête. Zine el Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak ayant dégagé, qui sera le prochain despote qui sera obligé de quitter le pouvoir?
La Révolution tunisienne avait provoqué un souffle contestataire à travers le monde arabe, mais il est évident que les conséquences de ce qui vient de se passer en Egypte seront encore plus énormes. «Rendez-vous compte, c’est de l’Egypte dont il s’agit!» , s’enthousiasme le politologue Ahssen Mourad. «Ce pays a toujours été à l’avant-garde des mutations du monde arabe. Il a permis la diffusion du nationalisme puis il a servi de pont au libéralisme, mais aussi à la normalisation avec Israël. Aujourd’hui, c’est de liberté et de démocratie qu’il s’agit. Certes, personne ne sait comment les choses vont évoluer —d’autant que c’est l’armée égyptienne qui détient désormais les rennes du pays. L'Algérie défie le régime Ce sera le cas dès ce samedi 12 février en Algérie où une partie de l’opposition a décidé de maintenir une marche pourtant interdite par le pouvoir.
Révolution post-islamiste. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Olivier Roy, professeur et directeur du programme méditerranéen de l'Institut universitaire européen de Florence (Italie) L'opinion européenne interprète les soulèvements populaires en Afrique du Nord et en Egypte à travers une grille vieille de plus de trente ans : la révolution islamique d'Iran. Elle s'attend donc à voir les mouvements islamistes, en l'occurrence les Frères musulmans et leurs équivalents locaux, être soit à la tête du mouvement, soit en embuscade, prêt à prendre le pouvoir. Mais la discrétion et le pragmatisme des Frères musulmans étonnent et inquiètent : où sont passés les islamistes ? Mais si l'on regarde ceux qui ont lancé le mouvement, il est évident qu'il s'agit d'une génération post-islamiste.
Cette génération est pluraliste, sans doute parce qu'elle est aussi plus individualiste. On manifeste avant tout pour la dignité, pour le "respect" : ce slogan est parti de l'Algérie à la fin des années 1990. Art qui dérange ! (3) Un jeune Marocain meurt après s'être immolé par le feu. Un jeune Marocain qui avait été licencié de l’armée, est mort après s’être immolé par le feu, le premier décès à la suite d’une immolation signalé au Maroc, ont rapporté des médias locaux samedi. Selon le quotidien Akhbar al-Yaoum, le jeune homme, Mourad Raho, 26 ans, s’est immolé par le feu jeudi, à Benguerir (centre du Maroc). Il entendait protester contre ses conditions de vie. Un site local, Rhamna.org, a précisé que le jeune homme touchait très peu d’argent depuis qu’il avait été licencié de l’armée en juillet 2010 et qu’il était déprimé. Un responsable local de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a confirmé l’incident et la mort du jeune homme à l’AFP.
«Il s’est aspergé de cinq litres d’essence avant de s’immoler par le feu à l’intérieur du souk hebdomadaire de Benguerir. Il n’avait toutefois pas été possible samedi matin d’obtenir de confirmation auprès des autorités. (Source AFP) Fin des républiques de « fils de » en Egypte, au Yémen... Ailleurs ? Un Egyptien endommage une affiche représentant le fils de Moubarak, à Alexandrie, le 25 janvier 2011 (Reuters). Avant même sa conclusion, la vague révolutionnaire qui traverse le monde arabe a déjà fait une première victime : la dynastie républicaine. La tendance croissante des despotes vieillissants à vouloir passer le relais à leur fils ou un membre de leur famille a peu de chances de survivre au soulèvement populaire actuel, et pas seulement dans le monde arabe. Deux « fils de » sont d’ores et déjà les victimes assurées de ce printemps des peuples : Gamal Moubarak, le fils du président égyptien, et Ahmed Ali Saleh, fils du président du Yémen. Ils étaient tous deux en orbite pour succéder à leurs pères, Hosni Moubarak et Ali Abdullah Saleh, respectivement au pouvoir depuis 27 et 32 ans dans deux pays touchés par l’onde de choc de la révolution tunisienne.
Gamal (Moubarak) et Ahmed Ali (Saleh), victimes collatérales Gamal Moubarak (Forum économique mondial de 2006/Wikimedia Commons). Les «dinosaures» africains face aux révolutions. «L’heure de la fin des dinosaures politiques semble avoir sonné», se réjouit le quotidien burkinabè Le Pays. «Les peuples africains entrent en éruption», renchérit le quotidien Le Républicain, au Mali voisin. Et de souligner: «Partout où le vernis défraîchi dévoile d’épaisses couches de laideurs, où les rois se prennent pour les sauveurs suprêmes et où les oligarques riches de nos Etats pillés narguent une jeunesse désespérée qui préfère la barque même incertaine des passeurs aux horizons bouchés du pays, le danger est grand. Les rois ont prouvé qu’ils peuvent être nus. Et les sujets ont prouvé qu’ils peuvent être des acteurs.» Sur le continent noir, plusieurs dirigeants s’accrochent au pouvoir depuis un quart de siècle —voire plus.
Leur bilan en matière de respect des droits de l’homme est au mieux peu reluisant, au pire franchement catastrophique. Cinq «dinosaures» du sud du Sahara font de la résistance Yoweri Museveni est au pouvoir depuis 1986, soit un an avant Ben Ali. Adrien Hart. "Il faut changer notre regard sur les Musulmans" | myeurop.info. Myeurop : Votre appel « l’Islam bafoué par les terroristes » lancé il y a quinze jours a eu un grand retentissement.
Depuis, les Tunisiens ont renversé le régime despotique de Ben Ali et la rue algérienne gronde. Pensez-vous que le regard ambigu de l’Occident sur l’Islam puisse rapidement redevenir positif ? Marc Cheb Sun : Rapidement, non. Les analyses livrées sur la société tunisienne par certains grands médias et responsables politiques manquent de discernement. Ils rassemblent sous le vocable d’"islamiste" des tendances très diverses, créant une confusion dans les esprits entre les mouvements conservateurs de l’islam politique et les milices armées de type GIA, voire Al-Qaida. Comme si on mettait sur un pied d’égalité les groupes les plus durs de l’extrême-droite chrétienne et des partis type CDU en Allemagne ! Cet appel a fait du bruit en France. C’est l’argument avancé par les quelques personnes réticentes ou opposées à l’appel.
Ils le sont ! Cette initiative est-elle historique ? De Tunis à Tokyo, la solidarité avec le peuple égyptien. Le monde arabe défie le mur de la peur. Un mur s'écroule sur l'autre rive de la Méditerranée. Une muraille invisible mais omniprésente qui a constitué pendant des décennies le principal ressort de régimes à la légitimité chancelante. Ce mur est celui de la peur. La peur d'un arbitraire systématique, à tous les échelons régaliens, à commencer par ceux de la police et de la justice, auxiliaires zélées prêtes à broyer entre leurs meules ceux qui osent revendiquer leurs droits.
La peur ensuite d'une violence d'Etat laissée à la discrétion d'un cercle restreint mais omnipotent et assuré de son impunité. La peur aussi, paradoxale, d'une béance trop brutale du pouvoir, de l'absence d'une alternative politique faisant des régimes en place les pires des systèmes à l'exclusion de tous les autres. Cette muraille a cédé tout d'abord en Tunisie sous les coups de boutoir d'un peuple trop longtemps humilié et soudainement déterminé à ne plus accepter le sort qui lui était réservé.
[LIVE] Après la Tunisie, l’Egypte s’embrase » Article » OWNI, Digital Journalism. Inspirée par l'exemple tunisien, la population égyptienne manifeste pour exiger le départ du président Hosni Moubarrak. Dans leur liste de griefs, la corruption et le népotisme du régime. Mardi 25 janvier 2011, le peuple égyptien battait le pavé au Caire et exigeait le départ du président Hosni Moubarak. L’équipe d’OWNI se mobilise pour vous tenir informé de l’évolution de la situation. Voici ce que nous préparons sur cette propagation de la révolte en Afrique du Nord dans le cadre de notre dossier :Vous disposez d’informations ? N’hésitez pas à nous contacter. Ce liveblogging est désormais clôt compte tenu que les événements semblent se prolonger de manière indécise. Nous continuons de couvrir les événements de près grâce à Damien Spleeters accompagné de François Hien qui sont sur place au Caire.
. [02h20] Barack Obama : « We hear your voices » Le discours de Barack Obama a été des plus concis et efficace. We hear your voices. . [00h00] Réactions aux discours de Moubarak Où êtes-vous, Iman ? Une nouvelle culture politique émerge dans le monde arabe. Algérie: Des manifestations populaires ont dégénéré samedi à Alger. Les Algériens descendent dans la rue, actualité Monde : Le Point. De la Tunisie à l'Egypte, un air de liberté. Quel est donc ce pays si apprécié par l'opinion publique arabe? Wikileaks : Bouteflika réélu par la Fraude en 2009 ! Samedi 22 janvier : Fin de la censure à Tunis, marche réprimée à Alger. L'Egypte, l'Algérie et la Tunisie vivent sous le joug de la "sécuritocratie" « L'Algérie, ce n'est pas la Tunisie » MAGHREB • Je brûle donc je suis. Le prince Moulay Hicham: "Le Maroc ne fera probablement pas exception" · ELPAÍS.com.