
Mise sous tutelle de la presse en ligne ?
Net: l'argent de l'état sème la zizanie
L'Etat décide de financements aux sites d'information en ligne |
C’est une première : le tout nouveau Fonds d’aide au développement des services de presse en ligne (fonds Spel) vient de décider d’une première vague de financements. Rue89 fait partie des bénéficiaires, ainsi que plusieurs autres « pure players », c’est-à-dire des sites d’information qui ne sont pas adossés à un titre de la presse traditionnelle, comme Mediapart et Slate.fr. Les sites des médias traditionnels ont également reçu ces financements publics, d’un montant total de 20 millions d’euros au titre de l’année 2009. Ces aides de l’Etat sont liées à la création du nouveau statut d’ éditeur de presse en ligne , une modernisation que nous avions appelé de nos voeux et que nous avions appuyée lors des états généraux de la presse au début de l’année.- Kiosque à journaux en novembre 2008. REUTERS/Benoit Tessier - Toute la nature de la relation de Nicolas Sarkozy aux médias était perceptible le 23 janvier 2009 lors de la présentation des mesures gouvernementales en faveur de la presse. Cette relation se résume à deux concepts: sujétion et léger mépris. Ce jour-là, sous les ors de l'Elysée, le président de la République détaillait les mesures que le gouvernement entendait tirer du fameux Livre Vert présenté quelques semaines plus tôt en clôture des Etats Généraux de la presse écrite (EGPE).
1) Polémique sur les subventions
Presse en ligne : le gouvernement valide le statut d'éditeur et
Clonage et mise sous respiration artificielle de la presse web «
L’État spolie les blogueurs
Je dois être naïf. Je ne suis pas l’actualité alors je tombe des nues quand, sur Twitter, François Bon attire mon attention vers un article du Monde où j’apprends que la presse en ligne va recevoir 60 millions d’Euros de subvention. Et pourquoi je ne reçois rien moi ? Pourquoi nous autres blogueurs qui écrivons presque tous les jours et donc participons bien à la presse en ligne ne recevons-nous rien ? Ok nous n’avons pas déposé de dossiers pour demander les subsides de l’État.Il est facile d'ironiser sur les sites d'information qui vont bénéficier des aides de l'Etat. Les blogueurs, dans l'ensemble, ne s'en sont pas privé. Le sujet a été traité chez Vogelsong , Narvic , Rubin , Thierry et Juan . (à lire aussi: Le Monde et Marianne )
Des aides à la presse sur Internet
Réponse de Mettout
Aujourd’hui, je vais défendre les journalistes – ce que d’aucuns ne manqueront pas de qualifier de réflexe corporatiste et ils n’auront pas tort. M’en fous. Or donc, cinq articles, trois de Narvic, ici , ici et ici , un de Vogelsong , le dernier de Thierry Crouzet , qui, sur leurs blogs respectifs, cassent du collègue sous prétexte de subvention gouvernementale injuste à la presse en ligne en général et aux pure players en particulier. Les trois ne sont pas de même nature: quand Narvic argumente à sa manière habituelle, implacable et/mais interminable, Crouzet fait dans l’incantation et la grosse crise de jalousie, Vogelsong dans l’éditorial fâché. J’en finis, vite, avec le second, avant de répondre plus longuement au premier – le troisième piochera des réponses chez les deux autres.Sous de multiples aspects, le libéralisme du réel s’impose graduellement dans la netosphère. La colonisation de la terra numerica incognita est en voie de finalisation. Elle s’appuie sur les réflexes individuels de l’internaute, l’arrivée de mannes financières et l’organisation d’un état sécuritaire. La blogosphère abandonne ses oripeaux libertaires pour endosser ceux du monde tangible et économique.

