Minorités Minorités Comme on savait que le 1er décembre allait être une cérémonie totalement téléphonée du genre « le sida c'est vraiment méchant, envoyez-nous vos sous », on avait commencé à préparer une revue sur la transformation des corps, un truc ludique et convivial à la fois. Et puis finalement, Philippe Adam a sorti cette niouze vraiment essentielle qui change tout et dont on n'a pas fini de parler. Résultat, Minorités a décidé de parler sida malgré tout, sauf qu'on n'a pas invité Line Renaud. Au programme de « Sida Fashion Week »: un constat politique d'Arlindo Canstantino, une critique affûtée de Richard Mèmeteau, et un bilan par Didier Lestrade.
L'impasse L'impasse Il est pourtant clair que ma communauté est perdue dans un dédale de chemins à emprunter sur la voie de la « prévention ». Les uns écoutant les délires de Aides qui prône, ni plus ni moins et à mots couverts, l’abandon de la capote aux profits de thérapies pré-exposition au virus, dont nous connaissons peu et mal les effets. Les autres, les séronégatifs, et je pense qu’ils forment aujourd’hui une majorité « minoritaire », qui intègrent, bon an, mal an, les différentes données au gré des informations qui sortent, perdus au milieu de l’analyse des chiffres que des associations relativisent. Ces autres dont je fais partie pensent que les chiffres de nouvelles contaminations sont toujours trop hauts chaque année, que ce sont autant d’échecs de la lutte contre le sida. Au milieu de tout ça sort un livre de David Halperin, dont on connaît plus ou moins les théories queers aux USA, qui pose une question : Que veulent les gays ?
Essai clinique IPrEx : quand lespoir capote Les résultats de l’essai clinique IPrEx ou Pre-Exposure Prophylaxis Initiative viennent d'être publiés par Robert Grant et ses collègues dans le New England Journal of Medicine (1). L’essai clinique a pour but d’évaluer si l’utilisation d’antirétroviraux du type de ceux qui sont employés jusqu’ici pour traiter l’infection au VIH aide à prévenir l’acquisition du VIH chez des hommes non infectés à haut risque. IPrEx n’est pas le seul essai clinique à explorer cette possibilité d’utiliser la prophylaxie pré-exposition (PrEP) puisque d’autres essais, qui ciblent différentes populations, existent principalement aux Etats-Unis et en Afrique. Essai clinique IPrEx : quand lespoir capote
Prévention sida: revue de presse et analyse Et que ça soit réglé une fois pour toutes, dès le début de ce papier : je suis EN FAVEUR (comme Philippe Adam d’ailleurs) de la PreP, ce qu’on appelle prophylaxie pré-expostion pour le commun des mortels, qui consiste à donner des traitements contre le VIH à des personnes qui sont à risque de contracter le virus (prostituées, rent boys, toxicos, etc.). J’ai toujours pensé que ça marcherait, c’est pourquoi je me suis fritté à mort avec Act Up quand ces derniers ont fait capoter les premiers essais de PreP chez les femmes prostituées en Thaïlande et en Afrique. Ils leur ont dit que le traitement serait toxique alors que l’on sait désormais qu’il provoque uniquement… des nausées. On a perdu 5 ans de recherche à cause d’Act Up-Paris. C’est ce que le groupe américain TAG appelle de « l’activisme irrationnel ». Prévention sida: revue de presse et analyse
Alors quand j'ai vu le dernier livre d'Halperin sur les rayons, tout fraîchement traduit de l'anglais, malgré son prix franchement rebutant de 19 euros, je me suis dit que ça devait valoir le coup. Le thème est polémique et absolument contemporain : que veulent les gays, que cherchent-ils vraiment lorsqu'ils se mettent à abandonner la capote, à risquer leurs propres vies et celles de leurs partenaires en toute conscience ? En ouvrant, et en feuilletant le livre, je pensais trouver une approche nouvelle du problème. Quelques 150 pages plus loin (et en exceptant la discussion inutile de la fin), on reste tout seul, face au problème. Car la stratégie globale de David Halperin est tout simplement de dire qu'il n'y a pas de solution, puisqu'il n'y a pas de vrai problème. « Que veulent les gays ? » Réponse d'Halperin : la question est mal posée... Foucault peut-il combattre le sida ? Foucault peut-il combattre le sida ?