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Minorités. Je veux décrire plus en détail ce qui m’arrivait.

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Je voulais voir ça, je savais que c’était comme ça. J’étais allé à New York, à Harlem. Je sais que le carnaval n’est pas uniquement un événement pour s’amuser, c’est une célébration dangereuse qui doit faire peur, qui doit s’ancrer dans la mémoire comme l’image qui vous restera pendant des années : une impuissance complète face à une force de groupe insurmontable, pas encadrée, de la vraie puissance physique. Un seul geste déplacé et c’est 100 mecs qui vous déchirent. Le sourire qui était sur mon visage cinq minutes auparavant était devenu un rictus maladroit et pas très photogénique, puis il n’y avait plus de sourire du tout quand ils sont passés devant moi. À Rome, fais comme les Romains À Paris, défile comme les Parisiens Je suis content d’avoir eu peur ce jour-là.

Tout ça pour dire que je pense qu’il manque un truc essentiel en France, c’est une Arab Pride. Admettons-le. Ça marche pour les uns pourquoi pas pour les autres ? Minorités. Il suffit de décrire ce qu'on voit en traversant les rues pavées d'Arnhem, capitale de la province de Gueldre.

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Sur la place du marché, les Chinois embauchés par l'ambassade vous tendent des sacs en tissus qui doivent être des surplus de l'exposition universelle de Shanghaï. Et tandis que vous cherchez le rapport, et que vous orientez aux sons des sifflets et des basses, vous vous retrouvez coincé par une bande d'ados sortis des centres commerciaux. Les chars sont modestes, les rues petites, mais la fête ne perd en rien. Des grosses, des pédés, des gamines et des mamans, plusieurs créatures assez indistinctes quant à leur sexe, les beaux gosses derrière font de la batucada, le DJ poseur essaie de prendre tout le mérite pour lui. Une bonne partie des blancs reste sur les terrasses à siffler une bière et observe ce petit melting pot s'opérer sans eux.

Chaque communauté est censée être représentée par un char. Minorités. La Guyane est généralement citée pour trois raisons : — le bagne: la France y expédie ses prisonniers à partir du 18ème siècle.

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Le capitaine Dreyfus, notamment, y passera une grande partie de sa condamnation. Le journaliste Albert Londres contribue, grâce à son enquête dénonçant les conditions abominables dans lesquelles vivent et travaillent les bagnards, à sa fermeture après la seconde guerre mondiale. — le centre spatial de Kourou: jusque dans les années 60, la base spatiale de la France se situe en Algérie. Evidemment, après la guerre, il faut trouver une alternative. . — le sida: en 2008, le Conseil National du Sida déclarait la Guyane comme zone d'épidémie. Diversité ! Une prémisse pour comprendre la réalité de la Guyane, c'est que sa population est très, très composite.

Comment la France, avec les capacités et les moyens dont elle dispose en tant pays développé se trouve-t-elle dans une situation si identique du continent africain ? Une sexualité guyanaise débridée. Minorités. Photo par Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy. « Carnival » est le nom de cette Revue.

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Car le carnaval y est central. Parce-qu'il permet d'occulter l'épidémie de VIH en Guyane, une épidémie terrible, à en lire Louise Culot qui a enquêté sur place. Parce-que pour Richard Mèmeteau, le carnaval permet de comprendre un peu mieux l'Europe, la Batavie et sa façon un peu kinky de (ne pas) gérer les identités. Enfin parce-que se montrer dans la rue est le début d'une reconnaissance collective, comme ce rêve de Didier Lestrade d'une Arab Pride™ à Paris.

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