Minorités. Flashback Dans les années 70, il y avait une idée très répandue.
Dans le rock, le jazz ou le blues, les puristes considéraient que certains groupes étaient trop commerciaux. Quand « Smoke On the Water » de Deep Purple est sorti, le disque a eu un succès phénoménal (tout le monde avait le 33 tours, même les ploucs à la campagne qui ont découvert le rock grâce à ça), mais l’avis partagé, c’était que l’album était commercial. N’importe qui pouvait voir que c’était produit pour séduire sans vergogne, avec des sons bien gras, des mélodies qu’on pouvait gueuler à tue tête, un riff de guitare trop énorme. Pareil comme « All Right Now » de Free, il y a des disques merveilleux comme ça qui ont été critiqués, comme Status Quo semblait trop commercial pour l’époque.
L’idée du « trop commercial » existe toujours, bien sûr. La musique, pour moi, a pénétré dans un truc de merde depuis qu’on nous impose le live, depuis plus de dix ans. Mon point n’est pas là. Passons. La house La house. Minorités. Les étudiants ricains descendent sur la Jamaïque comme la peste à chaque Spring Break, venant dorer leurs fesses blanchâtres et adipeusesau doux soleil caribéen, se saouler au punch planteur dans des complexes tout inclus entourés de barbelés où ils arrivent direct de l’aéroport et d’où ils repartiront de même, repus, appareils photos pleins de sourires impérissables.
Foutez-vous de leurs gueules, et rappelez-vous des commentaires de vos potes partis revenant de la Martinique. Les Antilles, c’est si bien quand on n’y voit pas de pauvres. C’est le slogan du tourisme local, et tant qu’on peut, on s’y prête. Seulement voilà, notre ami était à la Jamaïque pour une conférence organisée par les marrons de Charles Town , une communauté d’esclaves échappés ayant gagné de haute lutte leur indépendance et obtenu un traité de paix avec l’Angleterre au dix-huitième siècle. Christopher Dudus Coke Casiotone Vampaya music Dudus s’est fait caler déguisé en femme. Stop murder music. Minorités. Disco!
La première chose à faire dès qu’on parle de musique et de danse, c’est d’aller écouter de la bonne vieille disco. Car on a tendance à oublier qu’il y a eu certes beaucoup de merdes, mais qu’il y a eu aussi énormément de choses très bonnes et excellemment produites. Ce qui me fascine, outre le fait qu’ils arrivaient à régler tous ces instruments sans ordinateur, ce sont les orchestres: des trombones ici, des flutes là, des violons partout.
Ça me rend jaloux et je me sens un peu merdeux face à ces trombones en stéréo. J’adore l’électronique et j’ai grandi avec Oxygène et Radioactivity, mais le son d’un vrai orchestre avec des vrais instruments joués par des musiciens professionnels ça reste très beau et très impressionnant. Il y a certains disques de la période décadente de la disco qui ont des plages d’une dizaine de minutes, où tout est joué d’une traite, vu que tout est fait à la main, sinon ça ne serait jamais synchronisé comme il faut. Minorités.