Minorités. La réponse est non.
Et on doute de la pertinence de la question. Pour arriver à un tel constat, Arlindo procède par syllogisme. Prémisse majeur : Monstre critiquerait la visibilité des gays en valorisant le placard. Prémisse mineure : Monstre a donné la parole à un barebacker. Conclusion : Monstre est barebacker dans le placard. Nous trouvons grave d’être contraints à devoir répondre à une telle assignation. Et on ne va pas choisir nos lecteurs. Monstre est une revue qui s’autorise à donner la parole à quelqu’un dès lors que ce qu’il dit a du sens. Nous avons eu « cette sorte de bienveillance » parce que sur le crystal — et par extension sur les risques sexuels — Valenzuela nous semble taper dans le mille lorsqu’il évoque la mélancolie qui saisit les gays.
. … quitte à devenir « monstre », just for one day. Il y a aussi d’autres points sur lesquels nous pensons qu’Arlindo se trompe et qu’il nous faut préciser (selon leur ordre d’apparition dans son texte). Minorités. Une des théories en vogue dans le Nord de l’Europe est que l’obésité est une maladie mentale.
Ce serait une sorte d’anorexie à l’envers, mixée à des comportements d’addiction, de faiblesse morale et de dérèglements comportementaux. Au lieu de laisser les laboratoires nous mener en bateau et nous concocter des pilules magiques qui font maigrir sans aucun effet secondaire, les médecins et psychologues se voient en grands prêtres du contrôle de soi, à mettre en place des thérapies pour empêcher les gens de se bâfrer comme des cochons. Un truc de paresseux C’est vrai que je me sens mal à l’aise quand je vois à Amsterdam ces touristes américaines obèses qui se remplissent de mégamenus XL de frites, de hamburgers et de wraps (contenant au moins une demi-feuille de laitue) mais qui font une crise d’asthme si la serveuse leur sert un coca normal au lieu du coca light qu’elles ont demandé.
Les psy ont beau essayer de nous vendre leur thérapie anti-morfales, je n’y crois pas. Un truc de classe. Minorités. Bon.
J’accuse le choc. J’en ai vu d’autres. Je sais rebondir. J’ai exercé jusqu’à ce jour beaucoup de métiers : danseur, vendeur de fringues aux puces ou chez Ralph Lauren, magasinier, serveur en brasserie ou en restaurant, responsable de magasin sur chantier SNCF, pigiste « en culturel », concepteur de projet chez Universal, banquier occasionnel, secrétaire, vendeur chez Picard, agent administratif, homme à tout faire chez « coiffeur pour stars »… « Mais Monsieur, Vous êtes totalement instable. Je trouvais toujours du boulot. Bon, tout n’est pas rose dans la vie, et j‘ai moi aussi mon point noir - mais que je maîtrise pourtant parfaitement : ma séropositivité. Mais voilà : fin avril, lorsque je perds mon emploi, le bail de mon appartement arrive également à échéance… Après douze années pendant lesquelles j’ai toujours payé mon loyer, la propriétaire décide de récupérer son appartement pour y installer sa fille qui vient étudier à Paris.
Mai 2009 - Août 2009 Septembre 2009 - décembre 2009. Minorités. Photo : Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy.
Les oiseaux de l'hiver (gay, séropo, SDF) par Jean-Philippe Card - Dimanche 04 avril 2010 En fait, je ne sais pas comment raconter ce que j’ai vécu. Perdre son emploi. Perdre son appart. [Lire la suite] Vie de merde, bouffe de merde, corps de pauvres par Laurent Chambon - Dimanche 04 avril 2010 À chaque fois que je rentre dans la banlieue où j'ai grandi, dans le neuf-un, je suis frappé par plusieurs choses: (1) tout est bien propre avec des fleurs partout malgré les voitures qui brûlent, (2) les zones commerciales à l’américaine (des magasins/entrepôts construits à la va-vite autour d’un parking) remplacent les dernières forêts, (3) on voit que les gens ont de moins en moins d’argent et les supermarchés ont supprimé les produits les plus luxueux au profit des gammes premier prix, (4) la laideur commerciale et l’indigence des publicités omniprésentes sont d’une violence extrême et (5) il y a plein de gens vraiment très gros partout.
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