Sur la frontière de l’ouest : Vers Nalut. Le poste-frontière de Dehiba est au djebel Nefussah ce que le port est à Misrata. Un lien vital. Dans le strict sens du terme. Alors que de sinistres experts en géopolitique glosaient encore, il y a quelques jours, à propos d’une hypothétique partition du pays, entre l’Est insurgé et l’Ouest soi-disant loyaliste, le djebel Nefussah, tout comme Misrata, résiste toujours. Cette résistance contredit en tout point les pronostics imbéciles de ces stratèges de plateau télé et prouve une fois encore que ce qui se joue, c’est ce qui se vit sur le terrain loin du spectacle. Dans le djebel Nefussah, loin des débats médiatiques convenus et polis, les insurgés préparent et organisent la contre-offensive en vue de faire tomber le régime. Pour cela, les insurgés doivent conserver à tout prix le poste-frontière de Dehiba-Wazan pour ne pas étouffer de nouveau sous l’étau des milices de Khadafi.
Deux derniers check-points et l’on arrive sous la halle des douanes tunisiennes. Like this: J'aime chargement… Un soir à Misratah. Vendredi est le jour saint pour les musulmans. Ce vendredi soir avec les amis de la Katiba Nabaka nous avions convenu d’un repas spécial : un bazim (ou bazeem), plat traditionnel de Misratah, composé d’une pâte épaisse de céréales entourée de sauce, le tout servi chaud et mangé avec les doigts. En plus des combattants, je rencontre un homme plus âgé, que je connais bien, notable de cette ville : il me parle des premiers combats.
Après avoir été chassés de la ville le 20 février, par un soulèvement populaire, les forces kadafhistes ont tenté une première attaque le 27 février qui fut, malgré la violence engagée, un échec total. Presque un mois après, le 25 mars, les milices loyalistes revenaient, prenant pied dans la ville, malgré la résistance acharnée des insurgés. Le second piège était plus construit.
La suite de l’histoire, je ne l’aurais qu’après. Nous profitons de cette nuit pour une fois paisible ; dehors l’OTAN rode. Like this: J'aime chargement… Sur le la frontière de l’Ouest libyen suite. Malgré les dépêches quotidiennes d’agences de presse faisant état de milliers de libyens franchissant la frontière de l’ouest pour se réfugier en Tunisie, on aurait tort de considérer que tous les libyens fuient le pays.
Comme le précédant article intitulé sur la frontière de l’ouest le signalait, les libyens viennent en Tunisie mettre les femmes, les enfants, les vieux à l’abri. Pourtant beaucoup d’entre eux, de jeunes garçons et pères de familles du Djebel Nefussah, repartent au plus vite là-bas pour participer aux combats ou le plus souvent s’occuper de tâches logistiques et matérielles. La Tunisie est désormais devenu la profondeur stratégique, l’arrière du front ouest pour les insurgés. D’un autre côté, les combattants blessés à Misrata et qui ont été rapatrié par bateau pour être hospitalisé à Tunis, Gabès, Sfax ou Djerba repartent dès qu’ils le peuvent, et si l’état de leurs blessures le permet, via l’Égypte pour retourner se battre dans leur ville.
Like this: J'aime chargement… Misrata. Mes copains, ma maison sous les bombes. Les kadhafistes sont hors de Misrata et désormais s’abat toutes les nuits, de dix heures du soir à huit heures du matin, une pluie de roquettes et d’obus sur les quartiers résidentiels de la ville. Les combats se déroulent maintenant sur un terrain plus dégagé, à priori moins favorable aux insurgés, mais ces derniers progressent petit à petit en bons professionnels. Témoignage : "On est jeudi et demain tous les magasins seront fermés. Du coup, tout est bondé de monde, la troisième couronne de la ville (boulevard périphérique) est paralysée par les check points qui vérifient toutes les bagnoles. Il y a plein de magasins ouverts, dans tous les quartiers, bouffe, vêtements, supermarchés parfois, tout ce que tu veux. Je suis avec un pote qui a endormi une ambulance genre superclasse à l’hôpital principal, et même en poussant à fond sur les sirènes, on galère à mort dans les bouchons.
Après ne t’y trompes pas ; ne crois pas que les bombardements ont cessé. Like this: J'aime chargement…