Consequences et perpipeties

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Comment Hadopi a modifié vos pratiques de téléchargement. Des lecteurs du Monde.fr racontent ce que la mise en place de l'Hadopi, chargée de lutter contre le téléchargement illégal, a changé à leurs pratiques culturelles en ligne.

Comment Hadopi a modifié vos pratiques de téléchargement

Effet d'aubaine par Bertrand Trois raisons principales au fait que je n'ai pas arrêté de télécharger : 1) Hadopi, c'est comme si on vous disait que vous ne pouvez pas griller de feux rouges, mais que les deux première fois, vous ne risquez rien, hormis un rappel à l'ordre. Donc je continue de griller tranquillement mes feux rouges en attendant mon deuxième message. 2) Tout le monde sait que cette loi ne tiendra jamais devant un juge. 3) Hadopi s'attaque à un système (peer-to-peer) désuet, dont les téléchargeurs (les vrais, pas Mme Michu) ont abandonné l'utilisation depuis déjà deux ans. Une intensification, mais quelques précautions tout de même par Un père de famille Ma première réaction à Hadopi a été... de télécharger plus, "pendant que ca dure".

Peu de changements... par Grégoire. Comment Amazon a failli bloquer le fonctionnement de l'HADOPI. Sans doute que le géant américain n'imaginait pas que dans le cadre d'un contentieux l'opposant à des fabricants de produits cosmétiques, un acte de procédure aurait pu bloquer le mécanisme HADOPI et notamment le signalement par les ayants droit des internautes suspectés de partager des fichiers protégés par des droits de propriété intellectuelle.

Comment Amazon a failli bloquer le fonctionnement de l'HADOPI

Avant d'expliquer pourquoi, il faut partir d'un sujet un peu technique, qui est l'un des éléments du contentieux dans lequel intervenait Amazon. Ce sujet agite depuis de très nombreuses années le petit monde de l'internet : la validité des constats réalisés par les agents assermentés de l'Agence pour la Protection des Programmes (APP), notamment lorsque ces constats sont réalisés dans des matières autres que les problématiques de contrefaçon de logiciel. Aux termes de l'article L. 331-2 du Code de la propriété intellectuelle, La validité des constats APP "hors périmètre"

On a testé pour vous le centre d'appel de l'Hadopi... Etait-ce une gaffe ou était-ce programmé ?

On a testé pour vous le centre d'appel de l'Hadopi...

Toujours est-il qu'en publiant sa page d'assistance sur Hadopi, l'opérateur Free a communiqué en primeur le numéro du centre d'appel de l'Hadopi (09.69.32.90.90), ouvert tous les jours de la semaine de 9h à 17h. L'occasion était trop belle pour ne pas la saisir. Nous avons donc appelé comme n'importe quel internaute, et beaucoup souffert en silence pour cette agent administrative qui a décroché, sans doute pour l'une des toutes premières fois de sa carrière à la Haute Autorité. Le moins que l'on puisse dire est que la conversation fut des plus laborieuses. Après un court répondeur qui nous informe que l'on est bien au centre d'appel de l'Hadopi, c'est d'une voix hésitante, presque chevrotante, que l'employée nous accueille. Il nous est alors expliqué que les moyens de sécurisation peuvent être mis en place à deux niveaux, sur l'ordinateur, et sur la connexion.

. - "Lesquels par exemple ? Le site Hadopi.fr ne sera pas protégé contre les attaques DDOS. Le secrétaire général de l'Hadopi Eric Walter n'a pas oublié les mésaventures du site de propagande pro-riposte graduée qu'avait lancé le ministère de la Culture lors des débats parlementaires.

Le site Hadopi.fr ne sera pas protégé contre les attaques DDOS

"Ils peuvent toujours attaquer, le site est super blindé", avait fanfaronné le cabinet de Christine Albanel, provoquant immédiatement une attaque DDOS de grande ampleur sur Jaimelesartistes.fr, puis la fermeture du site, qui fut toutefois une victoire à la Pyrrhus pour les internautes. Avec Hadopi.fr, qui devrait être lancé en début de semaine prochaine, Eric Walter a prévenu. Pas question d'agiter le chiffon rouge et de prétendre que le site est blindé.

Il ne le sera pas. "Le site est conçu pour recevoir un afflux très important de visiteurs naturels, mais s'il y a une attaque DDOS, il tombera", reconnaît en toute simplicité le secrétaire général de la Haute autorité. Pour une fois, la réflexion est ici très intelligente, et menée avec finesse. L'Hadopi continue à traiter ses opposants avec mépris. C'est dans la lignée des "5 gus dans un garage" auxquels avaient été résumés les opposants à la riposte graduée par le cabinet de Christine Albanel, lors de l'examen du projet de loi Hadopi 1.

L'Hadopi continue à traiter ses opposants avec mépris

Dans la même thématique que les "grognards" ou les "groupuscules". Dans son premier rapport d'activité, où elle dévoile les chiffres d'une machine écrasante à distribuer des e-mails en masse, la Haute Autorité juge utile de traiter encore avec mépris ceux qui continuent de s'opposer à elle. Elle revient en effet dans son rapport sur les réactions très négatives (et parfois excessives) subies lors de la diffusion de campagne PUR, avec la fameuse Emma Leprince, en constatant d'abord que "les réactions à la campagne ont montré et confirmé la nature très clivée des publics de l'Hadopi, également mise en évidence au traers des réactions à la réponse graduée".

D'un côté, donc, des gens responsables et sereins.