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Frederic lordon se debarasser du capitalisme. Vive la banqueroute ! - Entretien avec Frédéric Lordon. Lordon-Todd : Les intellectuels vont devoir parler au peuple. Frédéric Lordon - Arts & Spectacles. Frédéric Lordon : «Revenir aux monnaies nationales, pour refaire une monnaie commune»

Impasse Michéa, par Frédéric Lordon. Rien d’étonnant à ce que Jean-Claude Michéa, depuis son Impasse Adam Smith jusqu’à ses Mystères de la gauche, reçoive un accueil des plus bienveillants chez les commentateurs de droite, du Figaro à Valeurs actuelles en passant par L’Express.

Impasse Michéa, par Frédéric Lordon

Que certains à gauche lui trouvent quelque charme est plus surprenant. Frédéric Lordon dissipe ici avec vigueur et humour les malentendus qu’une lecture superficielle des écrits de Michéa peut produire. En jeu : rien de moins que notre rapport à l’histoire et à la situation contemporaine, et la possibilité d’y intervenir. (Article paru dans RdL la Revue des Livres n° 12, juillet-août 2013.) A propos de : Jean-Claude Michéa, Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas. La colorimétrie des demi-habiles ne connaissant que deux teintes, toute mise en cause de l’Europe, fût-elle rendue au dernier degré du néolibéralisme, est le commencement d’une abomination guerrière, toute entrave au libre-échange est la démonstration manifeste d’une xénophobie profonde, toute velléité de démondialisation l’annonce d’un renfermement autarcique, tout rappel au principe de la souveraineté populaire la résurgence d’un nationalisme du pire, tout rappel au principe de la souveraineté populaire en vue d’une transformation sociale, la certitude (logique) du… national-socialisme, bien sûr !

Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas

Voilà sur quel fumier intellectuel prospère le commentariat européiste quand, à bout d’argument, il ne lui reste plus que des spectres à brandir. Souverainisme de droite, souverainisme de gauche « Repli national », en tout cas, est devenu le syntagme-épouvantail, générique parfait susceptible d’être opposé à tout projet de sortie de l’ordre néolibéral. Faucher la nation au FN.

Arr_t_sur_images_2013-03-28-chypre. Pour une monnaie commune sans l’Allemagne (ou avec, mais pas à la francfortoise) Tel le radeau de la Méduse, la Droite Complexée (DC, ex-Parti socialiste [1]) s’accroche maintenant aux hypothèses les plus ténues pour éviter de sombrer corps et âme dans la honte historique.

Pour une monnaie commune sans l’Allemagne (ou avec, mais pas à la francfortoise)

Une vaillante escouade de « responsables du PS français et du SPD allemand » a, par exemple, enfin cerné l’origine du « mal européen » dont elle redoute, à raison, d’avoir à pâtir : c’est « l’alliance néolibérale et conservatrice majoritaire [2] » — comprendre Angela Merkel et David Cameron. Que David Cameron soit premier ministre d’un Etat qui n’appartient pas à la zone euro sera considéré en première approximation comme un enrôlement admissible puisqu’il s’agit de démontrer que, fût-elle sous la bienveillante tutelle de toutes les DC européennes, la monnaie unique aurait le visage progressiste et riant qui résulterait de l’inversion trait pour trait de sa sale gueule austéritaire présente.

L’Europe constitutionnellement (ordo)libérale… …parce que constitutionnellement allemande. Le balai comme la moindre des choses. Seuls ceux qui portent sur la politique le regard scolastique des logiciens auront du mal à comprendre qu’on puisse dire d’un même événement — comme l’affaire Cahuzac — qu’il est à la fois secondaire et principal.

Moui c'est un peu l'esprit de ce que propose Méluche ! y'a qu'à voir les balais de toutes les couleurs qui illustrent le blog en ce moment. Je suis partante (mais pas au boulot, mon patron étant un sarkozyste avéré...chuis pas suicidaire ^^) – laetsgo
Tu veux dire passer la journée muni d'un balai ? Bon pourquoi pas après tout ? ;) – alwen
" ... N’attendons pas le 6 mai pour dégainer le balai sous les récupérations idéologiques de tel ou tel parti qui se croit moins hideux que ceux dont il dénonce ce qu’on ne saurait cependant appeler un brin de paille ! Prenons toute cette paille et faisons en des balais ! Courons chez le quincaillier nous procurer des balais ! Distribuons en à nos voisins ! Quel meilleur moyen pour retrouver l’occasion de discuter politique entre français, de relancer l’espace d’une véritable remise en question du système, tels une armée de Socrates sur l’agora pour accoucher nos âmes et les affranchir de la tutelle sophistique des preneurs d’otages de la démocratie ? Pour ma part, la chose est vite vue : je n’ai pas encore de balai, mais lui et moi serons inséparables dans les jours à venir, et je pense que nombre de mes accointances auront le balai facile.. " – tourist.information
Un petit commentaire a retenue notre attention ( Le premier sur les 40 precedents) : " Aux balais citoyens ! Formez les bataillons ! Sans rire : imaginons-nous dans la rue, sortant de chez nous, allant au boulot, revenant à nos chaumière, mais... un balai à la main : le tout un balai à la main ! Et pourquoi pas distribuer gratuitement dans la rue des balais à nos concitoyens avec dessus le lien vers cet article ou vers d’autres, histoire de médiatiser un peu les auteurs de valeurs noyés dans l’obscurantisme de la désinformation ? Pourquoi pas une armée de balayeurs, silencieux, pacifiques, qui se contentent de balayer leur chemin de temps en temps dans leur marche, dans un premier temps au moins... Car si vraiment un truc pareil prenait, il pourrait effectivement devenir le symbole fort d’une lutte juste. Et toutes les luttes ont effectivement besoin d’un symbole... " ( suite dans com suivant ) – tourist.information

Péripétie fait-diversière et crapoteuse, bien faite pour attraper le regard et le détourner des choses importantes (accord sur l’emploi « ANI » [1], austérité, chômage, etc.), la bouse soudainement posée n’en a pas moins le mauvais goût de tomber au plus mauvais moment — il est bien vrai que le spectacle de la cupidité déboutonnée, lors même que le corps social en bave comme jamais, donne quelques envies de coups de fourche.

Le balai comme la moindre des choses

Lire aussi Martine Bulard, « Social-défaitisme à la française », avril 2013. Frédéric Lordon: « l'Union Européenne a laissé ses banques faire n'importe quoi »