L'Occident et la question identitaire
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Ma vision de l ' identité culturellement et historiquement enracinée est celle d ' un Bruxellois de langue et de culture françaises ou, pour ceux qui considèrent que le qualificatif « français » ou « française » ne peut être appliqué, logique nationale oblige, à un Bruxellois, disons que je suis d ' enracinement « gallique » (1).
Cette approche esthétique, ce Beau enraciné, naviguent toutefois, selon la loi du cycle, entre deux pôles, à savoir le « chaos grégaire » et la « médiocrité progressiste et planétariste ».
Les références identitaires résultant de sentiments, comme nous l'avons dit, forcément subjectifs, comme tout ce qui relève du sentiment humain, peuvent être multiples ou uniques, complémentaires ou antagonistes, sources de repli ou d'ouverture, et cela même chez des individus d'une population a priori supposée et réputée « homogène ». Cela est particulièrement vrai dans des sociétés comme les nôtres dans lesquelles, au nom de la globalisation, les enracinements identitaires, faisant l'objet d'une chasse permanente de la part du Système, sont souvent choisis « à la carte » par des individus désormais dépourvus de référence identitaire officielle, administrative, socialement établie et reconnue. Le fait, par exemple, de se poser la question « Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ?»
C'est en vain que l'on cherchera dans la géographie ou dans l'histoire les traces d'une quelconque « Europe » (un terme forgé au XVII e siècle) ou d'une improbable « civilisation européenne ».
Premièrement donc, nous venons de voir que du point de vue de l ' occidentalisme, la notion d ' Occident — l ' Europe réelle, historique, du point de vue occidentaliste — désigne un espace géopolitique, géoculturel et historique bien déterminé, à savoir l ' Europe de tradition chrétienne occidentale (catholique et protestante), délimitée au Nord, à l ' Ouest et au Sud par des espaces maritimes, et, à l ' Est, par une frontière de civilisation longeant les frontières suivantes : croato-serbe (Voïvodine), croato-bosniaque (l ' Herzégovine faisant, de notre point de vue occidentaliste, partie de la Croatie) et croato-monténégrine. Toute unité politique ou/et économique européenne devrait être — aurait dû être ?
Symptomatique d'une vision très anglo-saxonne de l'Occident, héritée des XIX e et XX e siècles : l'Amérique ibérique s'en voit d'emblée écartée. Or, l'Amérique ibérique, de langue et de culture hispaniques ou/et portugaises (Brésil) est également de tradition chrétienne occidentale (catholique, protestante).
Je n'en poursuivis pas moins ma « quête » géopolitique, par le fédéralisme européen d'abord, par l'occidentalisme ensuite, tentant toujours de faire coïncider une démarche identitaire civilisationnelle avec une certaine réalité géopolitique.