La société française refuse le risque | slate. Le débat autour des déboires du gouvernement dans sa campagne de vaccination contre le virus H1N1 est absolument central parce qu'il révèle un syndrome majeur de la France d'aujourd'hui: son extrême difficulté à aborder l'un des aspects de la modernité, la complexité et ses risques. L'époque est technologique, c'est banal de le dire, aussi bien pour la communication que pour la santé, l'environnement mais bientôt tous les aspects de notre vie sans exception, avec les biotechnologies, les nanotechnologies et l'intelligence artificielle. Or, le débat français, politique, médiatique et même au sein des communautés scientifiques, a beaucoup de mal à intégrer que cette hyper-technologie rend les choses, donc les réponses, hyper-complexes.
Le monde n'est pas déterminé, il est ouvert au hasard et ce hasard nous place dans des incertitudes, des possibles, des cas rares-mais-pas-impossibles, bref il nous force à un examen «dans le détail». Ce n'est pas nouveau dira-t-on. Publicité Eric Le Boucher. «La peur un moyen de faire obéir les hommes» Pourriez-vous citer une image qui soit emblématique de la peur ? Catherine Malabou : Je choisirais une image du film de Kubrick, Shining, la plus célèbre, celle de Jack Nicholson défonçant à coups de hache la porte de la salle de bains où sa femme s’est enfermée. Ce qui me frappe est que cette image est sans surprise : c’est l’image promotionnelle du film, qui figure sur l’affiche. Même avant de l’avoir vue, tout le monde sait que cette scène aura lieu. Lorsque le film est sorti, on voyait ainsi la tête de Nicholson sur tous les frontons des cinémas.
Et pourtant, même si on ne peut que s’attendre à cette scène, quand elle arrive, elle fait très peur. C’est là une des caractéristiques de la peur, par opposition à l’angoisse : elle ne vient pas nécessairement de ce qui est inconnu. Le plus souvent même, il s’agit d’une issue trop connue, attendue (elle va se faire tuer, il va m’agresser, le toit de la maison va être arraché, je vais perdre mon travail), effrayante pour cette raison même. Les Français, champions d'Europe pour la durée de la retraite - 28 ans pour les femmes, 24 pour les hommes. En Europe, les Français sont ceux qui passent en moyenne le plus d'années à la retraite estime l'OCDE dans un panorama statistique, sans tenir compte toutefois des inégalités des conditions de travail.
L'espérance de vie en bonne santé d'un ouvrier est de 63 ans seulement, contre 69 pour un cadre (INSEE - L’espérance de vie en bonne santé). Faut-il augmenter les taux de cotisations ? Remonter l'âge légal à 65 ans ? La France est le dernier pays d'Europe où l'âge légal est encore à 60 ans pour les hommes, ailleurs il est fixé à 65 ans. Dans les faits, les Français partent un peu plus tôt à la retraite que la plupart de leurs voisins européens, en moyenne un an et trois mois avant l'âge légal pour les hommes (58,7 ans).
Pourtant dans certains pays où l'âge est fixé à 65 ans, le départ est tout aussi précoce : Autriche, Belgique, Luxembourg. C'est le marché du travail qui refoule les plus de 50 ans. Pourquoi cette part va-t-elle rester stable ? Sortir de la logique de guerre - Temps Futurs.