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Marijuana a Chronic History (Full Version) Boris CYRULNIK. Grace à lui, plus personne n'ignore ce qu'est la résilience: cette capacité de l'individu à surmonter les pires traumatismes. Aujourd'hui, dans « Parler d'amour au bord du gouffre » (éd. Odile Jacob), Boris Cyrulnik nous assure qu'une rencontre amoureuse peut aussi réparer nos souffrances passées. La résilience comme nouvel antidote au malheur ? Le psy médiatique s'en explique à Catherine Roig (Elle Magazine N° 104 du 25Octobre 2004).

Cet homme est un phénomène. ELLE: Boris Cyrulnik, êtes-vous devenu un gourou ? Boris CYRULNIK. ELLE. B.C A vrai dire, je m'y attendais un peu. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. ELLE. B.C. Boris Cyrulnik, l'arpenteur de l'âme humaine. Qui interprète nos coups de foudre? Qui interroge les rêves des foetus? Qui décrypte le sourire des nouveau-nés? Qui déchaîne la passion d'une antilope sabre, dialogue avec les goélands, sait hypnotiser poules et crocodiles? Un inclassable, iconoclaste et pourtant respecté: Boris Cyrulnik. Depuis vingt ans, cet architecte d'une nouvelle discipline - l'éthologie humaine - a donné un visage aux émotions.

A côté de la culture de la molécule chère aux biologistes, et de celle de la parole, chouchou des psychanalystes, il prône celle de l'affectivité. Cet arpenteur de l'âme humaine se poste aux frontières des sciences, s'embusque aux confins des disciplines, emprunte des chemins de traverse et engage des dialogues impossibles. Pourtant, les bonnes fées ne se sont guère penchées sur son berceau. "J'ai fait médecine par souci de sécurité, par désir d'intégration; mon plaisir aurait été de devenir écrivain. " Boris Cyrulnik : « Je me croyais coupable de la mort de mes parents »

« On se tait, car on sait que les questions des autres ne seront jamais les bonnes. » Bouleversant livre que « Sauve-toi, la vie t’appelle ». Alors qu’il avait survolé le sujet dans ses précédents ouvrages, pour la première fois, Boris Cyrulnik raconte comment, à l’âge de 6 ans, il a déjoué les plans de la Gestapo, qui voulait le mettre à mort. Cette histoire dramatique peut se lire comme un roman policier, car c’est à une véritable enquête qu’il se livre, confrontant sa mémoire à celle des autres. En outre, il nous offre des clefs pour comprendre le travail que fait notre propre mémoire, consciemment ou non, sur nos souvenirs. ELLE. « Tous les blessés de l’âme éprouvent les effets protecteurs du silence. » Pourquoi le médecin, le chercheur, l’écrivain que vous êtes a eu autant de mal à parler du petit garçon, de l’adolescent et du jeune homme que vous avez été ?

Boris Cyrulnik. ELLE. . « J’ignorais ce que c’était qu’être juif, il n’y en avait pas autour de moi. » ELLE. ELLE. ELLE. ELLE. Boris Cyrulnik face au suicide des enfants. En France, entre 40 et 100 enfants de moins de 12 ans se suicident chaque année. Pourquoi un enfant veut-il mourir ? Une question à laquelle Boris Cyrulnik, à la demande de Jeannette Bougrab, secrétaire d'État à la Jeunesse, répond en explorant le monde, méconnu, dans lequel grandissent nos enfants. Le neuropsychiatre appelle à des changements radicaux. Le Point : Pourquoi un rapport sur les très rares suicides des enfants ?

Boris Cyrulnik : On meurt plus fréquemment par suicide que par accident de la route. Or, si de nombreux chercheurs ont travaillé à comprendre le suicide des adultes et des adolescents, jamais celui des enfants prépubères, dont le monde mental différe totalement de celui de leurs aînés, n'a été étudié. Je prends volontiers la parabole du canari dans la mine de charbon. Est-on prédiposé au suicide ? Il y a un facteur génétique, mais il existe mille autres facteurs. Les gènes ne déterminent-ils rien ? Le gène existe, toutefois il n'est pas une fatalité. Non, pas du tout. Les leçons de vie de Boris Cyrulnik. Avec "Sauve-toi, la vie t'appelle" (Odile Jacob), Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, psychanalyste, enseignant, écrivain, on en passe, signe là son livre le plus abouti et le plus intime.

Le plus singulier aussi. On ne sache pas qu’un psy ait jamais eu l’audace de se prendre ainsi lui-même pour thème d’étude, convoquant les traces les plus ténues de sa mémoire pour les analyser et les revisiter à la lumière des plus récents acquis de la neurologie, de la biologie et de la psychologie. De sorte que, dans ce livre, Boris Cyrulnik est à la fois le sujet et l’objet de la recherche. Le livre pourrait s'intituler le cas Boris On pense au "Je me souviens" de Georges Perec (qu’il appelle son "frère d’âme"). Boris Cyrulnik explique les raisons de ce livre par LeNouvelObservateur C’est un livre sur le traumatisme. Et c’est en même temps le plus émouvant des romans vrais : l’incroyable et authentique histoire d’un petit garçon condamné à mort pour le seul crime d’être né. Téléchargez le magazine : Boris Cyrulnik: "Le sport a un rôle énorme sur le développement du cerveau"

[Express Yourself]Auteur médiatique qui a mis en lumière le concept de "résilience" (comprenez "renaître de sa souffrance"), Boris Cyrulnik est avant tout neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste. Il partage avec nous sa vision de l'Olympisme et des sportifs de haut niveau. L'occasion de découvrir les résultats d'une étude récemment parue portant sur le cerveau de ces athlètes hors normes. Edifiant. Selon de récentes publications, on apprend que le sport joue un rôle non négligeable dans le développement du cerveau...

Boris Cyrulnik: Effectivement, nous sommes en train de découvrir que le sport a un rôle énorme sur le développement du cerveau et des apprentissages. Peut-on aller jusqu'à affirmer que cela développe des capacités d'intelligence supplémentaires ? Boris Cyrulnik: On est en train de bouleverser complètement la vision du sportif. Et du coup il peut devenir un canal pour faire passer des messages... Boris Cyrulnik: Ce que vous dites est vrai. Boris Cyrulnik : « La mythomanie est fondatrice de notre destin » Daniel Auteuil est Jean-Claude Romand, le mythomane assassin, dans “L’Adversaire”, dernier film de Nicole Garcia. Le psychiatre Boris Cyrulnik se penche sur ce cas troublant et explique les raisons de notre insatiable curiosité. Hélène Mathieu Sommaire Psychiatre, il dirige un groupe de recherche sur l’éthologie clinique à l’hôpital de Toulon et enseigne l’éthologie humaine à l’université du Var. Auteur de plusieurs ouvrages dont “Les Vilains Petits Canards” (Odile Jacob, 2001), qu’il consacre aux “éclopés” de la vie, contraints d’œuvrer sans cesse à leur métamorphose. 9 janvier 1993.

Jean-Claude Romand, « brillant chercheur à l’OMS », assassine sa femme et leurs deux enfants, puis ses parents, avant de tenter de mettre fin à ses jours. Psychologies : Pourquoi sommes-nous tous passionnés par l’histoire de Jean-Claude Romand ? Pourquoi certains, comme Romand, plongent-ils dans la mythomanie alors que la plupart d’entre nous reviennent au réel ? “Le mensonge est une preuve d’intelligence”

Boris Cyrulnik : " Dieu est une belle construction culturelle " Qu'est-ce que "Dieu" pour vous ? Dieu est une représentation apaisante que l'homme se fabrique dans toutes les cultures. Pour les psys, Dieu est l'équivalent des fonctions maternelles sécurisantes. On devrait dire "notre mère qui êtes aux cieux". Le goût de Dieu est-il inné ? Aucun enfant ne croit en Dieu le jour de sa naissance : le "goût" de Dieu s'acquiert. Vivre dans un environnement affectif fort favorise même la foi.

Sécurisé, l'enfant a envie de partager, il apprend plus volontiers les croyances de ceux qu'il aime. L'enfant s'invente donc un Dieu ? Plus on vieillit, plus on croit ? Vous avez reçu une éducation religieuse ou laïque ? On fait parfois le lien entre votre théorie sur la résilience et le message des Evangiles : la souffrance nous fait grandir. Que pensez-vous de la quête scientifique de l'existence de Dieu ? Peut-on vivre sans "Dieu" ? Père de la résilience Boris Cyrulnik, 74 ans, a fait de sa vie un champ d'exploration. L'inconscience animale selon Boris Cyrulnik. Boris Cyrulnik et le "concept" de résilience ? Extraits d'une autre entrevue avec Boris Cylrulnik par Pierre Boncenne Après Un merveilleux malheur (Odile Jacob), votre dernier livre, les vilains petits canards, explore à nouveau la notion-clé de "résilience", cette capacité à se remettre de ses blessures.

Il est d'abord important de rappeler l'origine très concrète du mot "résilience", qui vient de la physique. En effet, c'est un mot que l'on trouve dans le dictionnaire employé pour désigner la résilience d'un métal, c'est-à-dire son aptitude à reprendre sa structure après un coup. On utilise aussi le mot "résilient" pour une sorte de ressort permettant, par exemple, l'ajustement entre deux wagons de chemin de fer. Tout en soulignant que la résilience n'est synonyme ni d'invulnérabilité ni de réussite sociale, vous évoquez notamment Barbara, traumatisée par l'inceste et la guerre, qui a pu dire : "J'ai perdu la vie autrefois.

Il existait, en effet, des métaphores végétales qui induisaient de redoutables comportements sociaux. La résilience : concept abstrait ou pratique de vie. 1 : Résilience : comment ils s'en sortent. Le psychiatre et psychothérapeute Boris Cyrulnik enseigne à l’université de Toulon. Spécialiste des comportements animaux et humains, il a travaillé sur les processus d’attachement précoces et les rituels amoureux. On lui doit de nombreux ouvrages, dont “Sous le signe du lien” (Hachette, 1997), “La Naissance du sens” (Hachette, 1998), “Les Nourritures affectives” (O. Jacob, 2000) et “Un merveilleux malheur” (O. Jacob, 1999), dans lequel il étudie déjà la résilience. Face aux traumatismes, certains s’en tirent mieux que d’autres.

Ils vivent, rient, aiment, travaillent, créent, alors que les épreuves qu’ils ont traversées auraient logiquement dû les terrasser. En France, Boris Cyrulnik a été le premier à s’y atteler. Psychologies : Comment définissez-vous la résilience ? Boris Cyrulnik : C’est l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale.

On a le sentiment que ce terme ne s’applique qu’aux traumatisés profonds. B.C : Les deux sont vrais. 2 : Résilience : comment ils s'en sortent. B.C : La vraie question est plutôt : pourquoi suis-je devenu psychiatre ? Enfant, en pensant à toutes les horreurs, à toutes les tragédies humaines, je me suis demandé : « Comment de telles choses sont-elles possibles ? Comment peut-on s’en sortir ? Comment agir pour que “ça” ne se reproduise pas ? Comment aider ceux qui ont souffert, qui souffrent ? » C’est pour répondre à ces interrogations qu’à l’âge de 10 ans, j’ai décidé de devenir psychiatre. Si j’avais été plus équilibré, je n’aurais jamais fait d’études de médecine et, a fortiori, de psychiatrie. En 1990, un peu avant sa mort, mon « maître », le psychiatre John Bowlby, déclarait dans un article : « Nous devons absolument développer les travaux sur la résilience, car nous pourrons alors observer directement la manière dont les processus d’évolution se mettent en place, et donc savoir comment mieux aider les enfants blessés. » Je l’ai suivi.

B.C : Naturellement, des déterminants génétiques existent. 3 : Résilience : comment ils s'en sortent. B.C : S’il y a ratage au cours des premières années, c’est quand même rejouable avec d’autres acteurs, plus tard. Ce sera certainement plus long, moins spontané, mais possible ! J’ai beaucoup travaillé avec les orphelins roumains de l’ère Ceausescu, abandonnés très tôt dans des institutions inhumaines. Quand on nous parlait de ces enfants, on nous disait : « Ce sont des monstres. » Et, réellement, ils étaient sales, sentaient mauvais, ne parlaient pas, se balançaient en permanence, mordaient, se frappaient la tête sur le sol dès que l’on s’adressait à eux.

Mais parfois, des paysannes arrivaient : « Puisque je vis seule, je vais le prendre un peu, ce petit. » Elles parvenaient à reconstituer symboliquement un semblant de famille autour de lui car, proches de ces femmes, il y avait d’autres adultes, des parents, des voisins, tout un village. Du coup, ces petits avaient dans leur tête un référent, une personne centrale soutenue par tout un environnement.

4 : Résilience : comment ils s'en sortent. 1 : Arielle Dombasle rencontre Boris Cyrulnik. C’était une rencontre improbable. Mais lorsque j’ai appris à Boris Cyrulnik qu’Arielle Dombasle serait en couverture du numéro dont il était le rédacteur en chef, il s’est exclamé : « Je l’aime beaucoup ! Je serais très flatté de la rencontrer. » Arielle, contactée par téléphone, a tout de suite accepté. C’est ainsi que le 1er mai, un brin de muguet à la main, nous sommes arrivées chez Boris Cyrulnik, à quelques encablures de Toulon.

Arielle Dombasle Je suis fascinée par la psychanalyse, et pourtant, je n’ai jamais voulu aller chez un psychanalyste. Pour moi, ce serait une obscénité d’aller raconter « mon misérable petit tas de secrets ». Boris Cyrulnik Eh bien, vous venez de commencer votre première séance d’analyse ! J’ai bizarrement l’impression que si j’allais chez un psychanalyste, je n’arriverais plus à être une artiste. 2 : Arielle Dombasle rencontre Boris Cyrulnik. Ce que vous dites me fait penser à une anecdote concernant l’un de mes maîtres, l’écrivain Frédéric Dard. Il était invité à une soutenance de thèse sur lui. À la fin, le président du jury lui demande : « Vous venez d’entendre parler de vous, qu’est-ce que vous pensez de cette thèse ? » Dard répond : « Vous avez démonté ma montre et maintenant vous me demandez quelle heure il est. » C’est un peu votre démarche.

J’ai besoin de raconter, j’ai besoin de prendre ma place dans le monde des humains, mais je ne peux pas dire « je » parce que c’est indécent, je ne peux pas parler avec la convention psychanalytique de « mon misérable petit tas de secrets », alors je vais employer le détour de l’art. Psychologies : Vous avez comme point commun une enfance douloureuse, marquée par le deuil. Arielle Dombasle Je ne dirais pas que j’ai reçu trop d’amour. 3 : Arielle Dombasle rencontre Boris Cyrulnik. Je fais l’hypothèse que les domestiques ont été des tuteurs de résilience précieux pour vous, parce que ce sont eux qui vous ont apporté la distance affective nécessaire à un enfant, sans vous étouffer.

Avec l’affection écrasante, on est, comme vous le dites, « une petite chose ». Mais, par bonheur, ces domestiques vous ont permis de reprendre confiance en vous et de vous sentir plus à l’aise à leurs côtés qu’avec les gens glorieux qui vous entouraient. Arielle Dombasle Pourtant, je crois n’avoir jamais pris vraiment confiance en moi. En quoi ai-je vraiment confiance ? Dans mon sens moral, dans mon jugement, dans ma voix. Mais profondément, je n’ai pas confiance, I feel insecure. L'INTEGRALITÉ DE L'INTERVIEW Retrouvez l'intégralité de l'entretien entre Arielle Dombasle et Boris Cyrulnik dans le ARIELLE DE A À Z !

Juillet 2009.