L’appel d’Oslo à l’Europe. Le Nobel de la paix décerné à l’UE s’adresse à la fois aux dirigeants européens, afin qu’ils sauvent une Union en panne, et aux citoyens européens, pour qu’ils fassent preuve de solidarité, au moment où la crise met à mal le modèle social européen, écrit le philosophe allemand Jürgen Habermas. C’est à l’heure de la crise la plus grave de son histoire que l’Union européenne se voit décerner le Nobel de la paix. Dans ses motivations, le Comité Nobel la félicite d’avoir "contribué à faire passer la majeure partie de l’Europe d’un continent en guerre à continent en paix". Certes, on aurait du mal à imaginer d’autres raisons pour motiver l’attribution d’un prix Nobel de la paix.
Pourtant, les circonstances de la crise actuelle éclairent d’un jour particulier la remise de ce Nobel, ou plus exactement les répercussions qu’une telle décision peut avoir sur la situation actuelle de l’Union. Au-delà des antagonismes historiques L’Europe des citoyens Mais ce n’est pas tout. DIALECTIQUE - Jurgen Habermas. Jurgen Habermas n'a pas appartenu à la constellation historique des fondateurs de "l'Ecole de Francfort", il en est pourtant l'héritier qui actualise l'enjeu et le fond de la théorie critique. Sa carrière académique fut particulièrement brillante: il fut assistant de T. W. Adorno dès l'âge de 27 ans, chose exceptionnelle en Allemagne, et enseigne la philosophie à Heidelberg jusqu'en 1964 puis la sociologie à Francfort de 1964 à 1971. Il dirigea de 1971 à 1983 l'institut de recherche sociale Max Planck à Munich et depuis 1983, on le voit enseigner à l'Université J.W.
Goethe à Francfort s/Main. Ainsi Habermas avait déjà écrit, à moins de 60 ans, plus de 15 ouvrages et de nombreux articles. La position de Habermas au sein de l'Ecole de Francfort et par rapport à la théorie critique est définie par C. C'est à l'occasion de ce réinvestissement habermassien de la Théorie Critique que l'on parle de la "seconde génération de l'Ecole de Francfort". Vers la bibliographie de J. Jürgen Habermas, le dernier Européen. Le philosophe allemand a quitté sa table de travail pour sauver l’idée d’Europe de ses dirigeants politiques incapables et du pouvoir obscur des marchés.
Extraits. Jürgen Habermas est remonté. Très remonté. Et s’il est si remonté, c’est qu’il en fait une affaire personnelle. Il tape du poing sur la table en s’écriant : "Cela suffit, maintenant ! " Il n’a tout simplement pas envie de voir l’Europe disparaître dans les oubliettes de l’histoire mondiale. La colère reprend le dessus Le plus souvent, il tient des propos avisés : "Cette crise voit le télescopage d’impératifs fonctionnels et systémiques" – faisant référence aux dettes des Etats et à la pression des marchés. Et puis sa colère reprend le dessus : "J’en veux aux partis politiques. Le pouvoir n’est plus entre les mains des peuples, il est désormais aux mains d’instances à la légitimité douteuse comme le Conseil européen. Un phénomène rare en Allemagne Une affaire personnelle Traduction : Jean-Baptiste Bor.
Jürgen Habermas sur l’Europe : un essai non transformé. L’image de l’Europe ne va pas fort : les politiques sont divisés, les populations mettent en cause l’Union européenne. Depuis que Bruxelles a imposé des mesures drastiques d’austérité, les manifestations sont incessantes à Athènes. Le philosophe Jürgen Habermas s’adresse au public dans un essai sur la constitution de l’Europe. Son ouvrage est une critique retentissante de l’autocratie insidieuse exercée par les chefs d’État, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.
Si l’on en croit Habermas, ce que beaucoup tiennent pour impossible – être à la fois citoyen d’un État et de l’Union européenne- n’est pas si compliqué. A travers un examen minutieux de la constitution de l’UE, Habermas constate que la répartition des compétences telle qu’elle y est prévue confère déjà aux citoyens de larges pouvoirs de décision au niveau européen.
L’Europe est un conflit – mais ce dernier n’est pas insurmontable. "Le joli mot de "gouvernance" n'est qu'un euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique" L’Europe citoyenne selon Jürgen Habermas. Peu importe, au fond, de savoir si Jürgen Habermas est le plus grand philosophe vivant, le «Kant du XXe siècle». Il suffit de rappeler le sens général de son projet, qui d’une certaine manière poursuit celui des Lumières, tenu pour «inachevé», et est mené contre toutes les variantes de l’irrationalisme, du relativisme, du postmodernisme : mettre une rationalité argumentative au service de l’émancipation de l’homme ou parvenir à la fondation rationnelle et universelle d’une éthique publique, apte à faire face aux défis de la mondialisation.
Un tel projet a exigé une œuvre immense, qui s’est confrontée à toutes les pensées importantes de la modernité et par elles a été discutée. De Habermas, on réédite Raison et Légitimité. Problèmes de légitimation dans le capitalisme avancé, de 1973, et on publie son plus récent essai, la Constitution de l’Europe. En 1973, on s’interrogeait sur le destin historique du capitalisme, et notamment sur l’hypothèse de son «écroulement». Souveraineté.
Jürgen Habermas : La démocratie en jeu. La crise de la zone euro rend nécessaire une plus grande intégration politique de l’UE, constate le sociologue allemand. Mais la voie empruntée par les dirigeants européens laisse de côté ce qui devrait être leur priorité : le bien-être des citoyens, établi dans un cadre démocratique. Extraits. A court terme, la crise requiert la plus grande attention. Mais par-delà ceci, les acteurs politiques ne devraient pas oublier les défauts de construction qui sont au fondement de l'union monétaire et qui ne pourront pas être levés autrement que par une union politique adéquate : il manque à l'Union européenne les compétences nécessaires à l'harmonisation des économies nationales, qui connaissent des divergences drastiques dans leurs capacités de compétition. Une paralysie généralisée Seul le populisme de droite projette les grands sujets nationaux Pourquoi cette paralysie ?
Des négociations dans des zones juridiques grises L'exercice d'une domination post-démocratique. Jürgen Habermas.