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Objets-frontière

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Objet frontière. Retour sur la notion d'objet-frontière. Dans un article devenu célèbre : « Institutional Ecology, ‘Translations’, and Boundary Objects: Amateurs and Professionals » :, Susan L. Star et James R. Griesemer (Star et Griesemer, 1989) fondaient la notion d’objet-frontière (boundary object) à partir d’une étude ethnographique des mécanismes de coordination du travail scientifique. Cette première conceptualisation proposait de repenser la théorie de l’acteur-réseau (ANT) dans une perspective écologique de l’action collective et de l’innovation.

L’objet-frontière mettait en scène le rôle de toutes sortes d’artefacts : répertoires, classifications, représentations matérialisées (cartes, dessins), méthodes standardisées : intervenant dans la collecte, la gestion et la coordination de connaissances distribuées. Depuis, le concept a connu une carrière académique importante et s’est notamment déployé dans le champ du management des connaissances.

Depuis, la notion d’objet-frontière a connu une carrière académique importante. Revue d’Anthropologie des Connaissances - La Revue d’Anthropolog. Objets techniques. Objets frontière. 1 Historique et contexte Le terme d’objet-frontière est apparu pour la première fois dans une étude de Suzan Leigh Star et de James Griesemer, publiée en 1989, qui traitait des mécanismes de coordination du travail scientifique. Dans cette recherche ils montrèrent comment un chercheur, en l’occurrence Joseph Grinnel, avait pu faire coopérer des acteurs d’horizons disparates autour de la création du Musée de Zoologie Vertébrée de l'Université de Californie à Berkeley.

Les auteurs de l’étude, en observant comment ces différents mondes sociaux hétérogènes collaboraient et communiquaient, ont montré que cette coopération se réalisait autour d’ « objets » communs, qu’ils ont appelé les « objets frontière ». Elle n’a pu être efficiente qu’au prix d’une « réconciliation » autour de la signification d’une même chose dans des mondes différents. L’étude de Star et Griesemer, s’inscrit dans le courant interactionniste symbolique, fondé par Mead et Simmel puis développé par Bateson et Goffman.