Google vs. China

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La Chine n'expulse pas Google. Google félicité par la Chine pour «ses progrès».

La Chine n'expulse pas Google

Le bras de fer entre l'entreprise américaine et les autorités aura tourné court : dimanche, sa licence d'exploitation a été renouvelée jusqu'en 2012. Non sans quelques conditions. Chine : Twitter se rebelle aussi. La rébellion de Google fait ses premiers émules.

Chine : Twitter se rebelle aussi

Ce matin, le PDG de Twitter Evan Williams a lui aussi annoncé son intention de s'opposer aux règles de censure chinoises. L'enjeu est certes très différent : contrairement à la firme de Mountain View, Twitter n'a jamais activement collaboré aux lois chinoises en posant des filtres sur les contenus qui transitent par son réseau, et ne possède aucun bureau en Chine à fermer pour signifier son retrait du pays. Il ne s'agit d'ailleurs pas de retrait. Dans la lignée de l'appel de Reporters sans frontières qui invitait les entreprises américaines à «tenir tête aux censeurs du web» , Twitter compte purement et simplement affronter les autorités chinoises en contournant leur censure. Sont également visés tous les pays qui bloquent ou restreignent, totalement ou partiellement, et de quelque manière que ce soit, la circulation des messages de Twitter. La CNIL veut pouvoir contrôler la vidéosurveillance dont elle do. Dans une note envoyée au gouvernement le 21 janvier dont nous avons eu connaissance, la CNIL s'inquiète des conséquences d'un "développement massif de la vidéosurveillance comme outil de lutte contre la délinquance", notamment au regard des nouvelles technologies de détection comportementale et de reconnaissance faciale.

La CNIL veut pouvoir contrôler la vidéosurveillance dont elle do

"Ce développement ne pourra s'opérer de façon harmonieuse et respectueuse des libertés que s'il garantit au citoyen une protection effective de ses droits", prévient dans la note Alex Türk, le président de la CNIL. Le courrier vise essentiellement à plaider la cause de la CNIL, qui demande à être investie d'un pouvoir étendu de contrôle de la vidéosurveillance. A new approach to China.

Google, un cheval de Troie derrière la Grande muraille numérique. Un véritable coup d'éclat!

Google, un cheval de Troie derrière la Grande muraille numérique

Le 12 janvier dernier, le géant d'Internet Google a annoncé être prêt à mettre la clé sous la porte en Chine. Ses dirigeants refusent désormais de censurer la version chinoise de leur moteur de recherche, Google.cn, quitte à devoir se retirer du marché. Une décision sans appel, prise à la suite de plusieurs cyber-attaques «hautement sophistiquées» contre l'entreprise américaine et une vingtaine d'autres sociétés, visant des militants des droits de l'homme. Google adopte une position courageuse en défiant ouvertement les autorités chinoises.

En rendant public ces attaques, l'entreprise américaine fait savoir que sa priorité est de protéger les données personnelles de ses usagers, en particulier les dissidents et militants des droits de l'homme. Le grand bluff de Google. L'annonce fracassante de Google, dont des secrets industriels auraient été volés par des hackers chinois, fait énormément de bruit aujourd'hui, et relance l'arlésienne de l'espionnage économique venu de Chine.

Le grand bluff de Google

En réalité, très peu de détails ont été révélés sur cette attaque : Google parle d'une part d'une intrusion qui aurait également affecté d'autres entreprises, puis dans un deuxième temps, mentionne des vols de comptes d'opposants au gouvernement chinois par phishing ou par malware. Ce mélange de modes opératoires très différents rend difficile d'estimer la réalité et l'ampleur de ces attaques. Aucun moyen donc d'analyser sérieusement cette annonce sous l'angle de la sécurité. Le mystère restera entier à moins que la firme dévoile davantage d'informations. Google : Pékin s'en moque et pas qu'un peu. «La loi chinoise proscrit toute forme de piratage informatique.»

Google : Pékin s'en moque et pas qu'un peu

D'une phrase lapidaire, le ministère chinois des affaires étrangères a balayé les demandes d'explications que Google, soutenu par le gouvernement américain, lui avait adressées hier . Mais Google n'avait pas explicitement accusé Pékin d'être à l'origine de la vaste opération de surveillance d'e-mails découverte le mois dernier, et Pékin n'a pas explicitement envoyé Google sur les roses : la porte-parole du ministère, Jiang Yu, s'est bornée à répéter que les questions informatiques devaient être adressées aux «départements compétents» . A un journaliste qui demandait si la loi s'applique aux agences chargées du contrôle d'Internet, aucune réponse n'a été donnée. Clinton transforme Internet en champ de bataille idéologique. Internet sera-t-il le terrain d’affrontement mondial du XXIe siècle ?

Clinton transforme Internet en champ de bataille idéologique

Après la Guerre froide qui se mesurait en terme d’ogives nucléaires capables d’annihiler l’ennemi, après la croisade éphémère de l’administration Bush qui rêvait d’imposer la démocratie par les chars et les armes, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a présenté jeudi Internet comme la nouvelle frontière de la liberté pour le monde. Premiers visés, les dirigeants chinois ont réagi dès vendredi en dénonçant une approche idéologique utilisant la « soi-disant liberté d’Internet ».

Un communiqué officiel a rejeté les accusations de la secrétaire d’État qui avait appelé Pékin à enquêter sérieusement sur la récente tentative d’intrusion dans les serveurs de Google que ce dernier attribue à des hackers chinois. Un éditorial du Global Times, quotidien reflétant les vues du courant nationaliste au sein du pouvoir chinois, est allé plus loin en écrivant vendredi : L'offensive américaine pour un Internet libre. «A l'instant où je vous parle, des censeurs gouvernementaux travaillent avec zèle, quelque part dans le monde, pour effacer mes mots des archives de l'histoire.»

L'offensive américaine pour un Internet libre

C'est d'un ton parfois mélodramatique que Hillary Clinton s'est exprimée, hier soir, au Newsmuseum à Washington. Un musée consacré à l'information et au journalisme pour un discours , largement applaudi par les auditeurs, sur la liberté d'expression et d'information : le lieu était voulu symbolique. Google n'a pas changé la Chine. Google a toujours dit qu'il n'était pas allé en Chine pour l'argent, mais pour promouvoir le changement social.

Google n'a pas changé la Chine

Oui, le gouvernement chinois avait exigé que Google censure certains de ses résultats de recherche pour pouvoir légalement faire des affaires dans le pays, et oui, l'acceptation par Google de ces restrictions avait déclenché la réprobation des militants du monde entier - sans parler de son image de marque «Don't be evil» (ne soyez pas malveillant) ternie. Mais donner aux Chinois un certain accès à l'information, disait Google, c'était toujours mieux que pas d'accès du tout. «Nous avons conclu cet accord sans que les limitations nous fassent sauter de joie, mais il était encore pire de ne pas essayer du tout de proposer nos services à ces utilisateurs», avait déclaré le PDG de Google, Eric Schmidt, peu avant l'implantation.

«Nous avons effectivement conçu une échelle du mal, et décidé que l'absence de service correspondait à un mal encore plus grand.» Google puissance/3 – Serveurs, bande passante et cyber power - T. Protection de la liberté d'expression en Chine ou opération de relation publique pour redonner le blason de leur marque attaquée de partout?

Google puissance/3 – Serveurs, bande passante et cyber power - T

Nous nous sommes tous interrogés sur ce qui a bien pu pousser les dirigeants de Google à annoncer publiquement qu'ils ne censureraient plus les résultats sur leur moteur de recherche chinois. Leurs motivations pourtant comptent moins que le jeu qu'ils jouent. Pékin, big brother mondial. Le gouvernement chinois mondialise depuis 2009 sa censure, et la France ne fait pas exception. A au moins deux reprises l’an dernier, Pékin a tenté d’interdire la diffusion sur des chaînes françaises de documentaires sur la Chine, révèlent des sources françaises fiables et concordantes. L’un d’eux évoquait la répression de Tiananmen (1989), l’autre le Tibet. Au printemps 2009, alors que l’un de ces sujets était en tournage en Chine, la police chinoise a été surprise en train de cambrioler le siège de la maison de production française, qui est basée à Pékin, où elle a dérobé une copie d’un de ces films, au montage à peine achevé.

Le directeur de cette compagnie, qui souhaite garder l’anonymat, explique qu’il a peu après été convoqué par un officiel du ministère des Affaires étrangères à Pékin. Google and China.