Extreme droite

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Tuerie d'Oslo : le signe extrême du glissement à droite en Europe. Un policier se tient devant une ferme louée par Anders Behring Breivik, auteur présumé de la double attaque en Norvège, le 27 juillet 2011 (Fabrizio Bensch/Reuters).

Tuerie d'Oslo : le signe extrême du glissement à droite en Europe

Il y a quelques mois, le politologue italien Raffaele Simone publiait « Le Monstre doux », dans lequel il analysait la « droitisation » générale de l’Europe. Il attribuait ce mouvement au fait que les gauches européennes n’avaient pas pu offrir d’alternative crédible, n’ayant pas compris à temps les mouvements sociologique et intellectuel profonds de nos sociétés. Notre époque est devenue d’abord consommatrice, évidemment individualiste – ce à quoi la gauche prétend répondre par l’« autonomie », sans bien en définir les contours – pressée, changeante, « zappante » , médiatique.

Les extrêmes droites à l’offensive. Coup sur coup, en deux ans, l’extrême droite a frôlé ou franchi la barre des 10 %, voire des 15 %, lors d’un scrutin national dans plusieurs Etats européens, comme la Belgique (17,1 %), la Bulgarie (12 %), la France (10 %), la Hongrie (14,8 %), les Pays-Bas (17 %) ou la Norvège (22,9 %).

Les extrêmes droites à l’offensive

En Italie, où l’Alliance nationale a rompu le cordon ombilical pour s’intégrer à la droite classique, la Ligue du Nord sécessionniste préside la Lombardie, la Vénétie et le Piémont (lire « L’art de gérer un legs encombrant »). En Suisse, l’Union démocratique du centre, un an après l’interdiction des minarets, a convaincu 53 % des votants d’expulser tout immigrant reconnu coupable d’un « crime » — y compris d’« abus d’aide sociale »… Rien là, toutefois, d’un bloc homogène. A l’Est, l’extrême droite hérite d’une histoire longue et spécifique (lire « A l’Est, l’obsession des frontières »). Causes montée du FN - Natacha Polony. Hongrie - Implantation de l'extrême droite. Halte aux procès en sorcellerie et au « républi-clanisme » ! Bien évidemment, cette progression n'aurait pas été possible sans un sérieux recentrage du discours sur les thématiques classiques chères aux républicains (retour de l'Etat, défense de la laïcité, lutte contre les communautarismes, restauration de l'autorité de la Loi) aux souverainistes (sortie du carcan communautaire, respect de l'indépendance des nations, dénonciation du mondialisme, prima du politique, réhabilitation de l'intérêt national) ainsi qu'aux économistes alternatifs (sortie de l'Euro, critique du néolibéralisme, protectionnisme, monétisation des dettes, définanciarisation de l'économie, réindustrialisation), ni sans un dépoussiérage des thèmes classiques frontistes : l'immigration est désormais dénoncée sous un prisme économique plus qu'identitaire ; l'islamisation appréhendée en termes d'ordre public et non de clash des civilisations.

Halte aux procès en sorcellerie et au « républi-clanisme » !

Le vote FN est, logiquement, un vote social. C’est un sondage publié par Marianne 2 qui l’a révélé : quand Marine Le Pen fait 21%, elle obtient 34.5% des intentions de vote des employés et 37.5% de celles des ouvriers.

Le vote FN est, logiquement, un vote social

Le vote FN est un vote social. Un vote sanction contre un système injuste. « Le vote FN donne une valeur politique à ce que les gens vivent » - France - la-Croix.com. Entretien Alain Mergier, sociologue "La Croix" : Vous menez depuis janvier une enquête qualitative (1) sur la progression du vote FN dans les milieux populaires.

« Le vote FN donne une valeur politique à ce que les gens vivent » - France - la-Croix.com

Qu'est-ce qui les incite à rejoindre le Front national ? Alain Mergier : Ce ne sont plus les mêmes raisons qu'il y a dix ans. Pour faire réellement face au Front national. L’espace politique que Marine Le Pen semble conquérir témoigne d’une radicalisation du monde du travail face à la globalisation financière, l’euro et le libre-échange.

Pour faire réellement face au Front national

Une gauche regardant le monde tel qu’il est devrait y répondre politiquement. Cela implique de rompre avec l’état d’apesanteur dans lequel elle s’est enfermée. Il aura fallu attendre les analyse stimulantes de Christopher Caldwell parues sur Rue89 et dans le Weekly Standard et celle d’Emmanuel Todd sur Marianne2.fr pour sortir du débat convenu qui entoure la montée du Front national.

Marine Le Pen, la Front tireuse. Alors que la campagne pour la succession de Jean-Marie Le Pen à la tête du Front national s'intensifie, nous republions et actualisons un article mis en ligne à l'occasion des élections régionales de mars 2010. publicité Lors de son apparition sur les plateaux de télé en 2002, Marine Le Pen était une jeune femme blonde, calme, souriante.

Marine Le Pen, la Front tireuse

Une image télévisuelle étonnante parce qu’aux antipodes des stéréotypes traditionnellement associés à l’extrême droite française. La jeune femme jouait sur le pathos en racontant son enfance difficile, l’attentat contre l’immeuble où elle vivait petite, le divorce de ses parents, l’exclusion sociale du simple fait de son patronyme. Montée des xénophobies en Europe.

Ce n’est pas une surprise.

Montée des xénophobies en Europe

Le résultat (53%) du référendum d’initiative populaire du 28 novembre 2010 en Suisse, organisé à la demande du principal parti du pays, l’Union démocratique du Centre (une formation qui avait déjà remporté un succès en 2009 en faisant interdire la construction de minarets) légalise l’expulsion - une fois sa peine purgée - de tout étranger condamné pour crime grave (homicide, viol, proxénétisme, trafic de drogue, cambriolage), mais aussi pour avoir simplement "perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale, ou pour ne pas avoir payé une pension alimentaire".

C’est une nouvelle victoire pour l’extrême droite en Europe. Elle risque de donner des idées à d’autres partis d’identique idéologie. De toutes façons, ce résultat aura inévitablement des conséquences pour l’Union européenne dont la Suisse ne fait certes pas partie, mais avec laquelle Berne a signé, en 2002, un accord sur la libre circulation des personnes. L'inquiétante poussée de l'extrême droite anglaise. L'enquête vidéo du Guardian au sein du mouvement d'extrême droite de l'«English Defence League» (EDL) fait froid dans le dos.

L'inquiétante poussée de l'extrême droite anglaise

Selon le quotidien, le mouvement anti-musulman a décidé d'intensifier ses manifestations dans les rues des villes anglaises. L'«English Defence League», qui a lancé son mouvement dans la ville de Lutton l'an dernier et multiplié les actions violentes, est devenu le plus actif groupe d'extrême droite en Grande-Bretagne depuis la création du British National Front (BNP) dans les années 70. Internet vs. nation.