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La ségrégation scolaire

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Curriculum optionnel et composition sociale. Le cas des collèges. 1 Classe pré-professionnelle de niveau (CPPN), Section d’éducation spécialisée (SES).

Curriculum optionnel et composition sociale. Le cas des collèges

Ces deux types (...) 1Inscrit dans un ensemble de réformes, mais héritier d’une organisation en deux ordres, le collège français relève du modèle de « l’intégration uniforme » (Mons, 2008). Comme dans d’autres pays latins européens (Espagne, Portugal...), cette école moyenne combine en effet un tronc commun avec un soutien individualisé des élèves en difficulté scolaire et une gestion des parcours scolaires par sélection (redoublement, classes de niveau). Néanmoins, ce type d’organisation pédagogique du « collège unique » présente, à côté d’un tronc commun, une offre scolaire diversifiée que des travaux institutionnels ont très tôt mis en évidence. 2Cette question de la disparité de l’offre d’enseignement est abordée chez les sociologues notamment par l’étude de l’assouplissement de la carte scolaire. Quand la ségrégation scolaire est aussi sociale et ethnique. Egalité face à l’école.

Quand la ségrégation scolaire est aussi sociale et ethnique

Si le principe existe, la réalité scolaire est autre. Les enfants immigrés ou issus de l’immigration sont massivement scolarisés dans des établissements repoussoirs, qui concentrent les difficultés sociales et scolaires. Le constat n’est pas nouveau. Pas plus que le terme « apartheid scolaire », titre d’un ouvrage de trois sociologues, Georges Felouzis, Françoise Liot et Joëlle Perroton, en 2005 (Seuil). Il y a dix ans déjà, le mot « apartheid » avait fait beaucoup réagir. « C’était le but, explique M. Préoccupante, la situation l’est tout autant aujourd’hui. Carte scolaire Dans ces zones, 73 % des élèves sont enfants d’ouvriers et d’inactifs, contre 35 % ailleurs.

En Seine-Saint-Denis, « des maires signalent que, dans certaines écoles, il n’y a plus qu’une petite minorité d’enfants dont le français est la langue maternelle », témoigne Didier Leschi, préfet délégué pour l’égalité des chances de ce département. Agnès Van Zanten : Les effets de la ségrégation scolaire sur les conditions d'apprentissage des élèves. Comment se met en place la ségrégation scolaire ?

Agnès Van Zanten : Les effets de la ségrégation scolaire sur les conditions d'apprentissage des élèves

Quelles conséquences a t-elle ? Comment y remédier ? Personne est plus qualifiée qu'Agnès Van Zanten pour traiter ces questions comme elle l'a fait en ouvrant l'Université d'automne du Snuipp. La ségrégation est une concentration qui produit des effets négatifs, une recherche de l'entre-soi. Elle est souvent assimilée à une ségrégation sociale, concentration de populations en difficultés, ou ethnique ou raciale, avec appartenance culturelle à une communauté. Comment se met en place cette ségrégation ? Une ségrégation scolaire croissante. On parle peu en France de la ségrégation scolaire.

Une ségrégation scolaire croissante

Elle est pourtant bien à l'oeuvre et influence fortement la scolarisation des élèves, contribuant ainsi à produire une société encore plus inégalitaire. Autant la question de la violence dans les établissements scolaires est omniprésente dans les débats publics, autant celle de la ségrégation est ignorée. Cette omerta médiatique est confortée par l'absence d'études sur les processus ségrégatifs dans les publications ministérielles. Pourtant, cette ségrégation transforme, de façon insidieuse et marquante, les modalités de scolarisation des élèves. La question de la mixité sociale des établissements n'est pas davantage présente dans les débats, si bien que se répand l'idée que mixité ou ségrégation sont des réalités d'importance secondaire. Ecole : jusqu’où va la ségrégation? L’étude exploite un indicateur de ségrégation, l'indice d'exposition normalisé, pour mesurer d’une part la ségrégation sociale, définie par la différence entre les environnements fréquentés par les élèves de milieux sociaux aisés[1] et ceux fréquentés par les autres ; d’autre part la ségrégation scolaire, définie par la même différence entre les « bons élèves[2] » et les autres.

Ecole : jusqu’où va la ségrégation?

Ecole des riches, Ecole des pauvres ? En utilisant cet indicateur, on observe tout d’abord une forte ségrégation sociale entre les établissements. Les élèves des classes aisées comptent en effet presque deux fois plus d’élèves également aisés dans leur établissement que les autres élèves (34 % contre 18 % au collège, soit 16 % de ségrégation selon l’indice d’exposition normalisé). Pierre Merle, La ségrégation scolaire. 1Pierre Merle a marqué la sociologie française contemporaine en imposant une expression : la « démocratisation ségrégative » de l’école, en particulier dans l’accès au bac. « Démocratisation » car les enfants qui parviennent à obtenir le bac toutes séries confondues sont de plus en plus nombreux (on peut aussi parler de « démocratisation quantitative ») ; « Ségrégative » pour indiquer qu’il existe une forte inégalité des chances en fonction de la série à raison de l’origine sociale notamment : ainsi, les enfants de cadre ont beaucoup plus de chances de décrocher un bac S que les enfants d’ouvriers (sur ce point, il est possible d’évoquer l’absence de « démocratisation qualitative »).

Pierre Merle, La ségrégation scolaire

On peut appliquer ce raisonnement, et donc la formule, à l’enseignement supérieur : les enfants issus des milieux supérieurs sont fortement surreprésentés dans les troisièmes cycles universitaires ou dans les effectifs des grandes écoles.