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L'école, ascenseur social ou reproduction sociale ?

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Aider les élèves les plus faibles est essentiel pour la société et pour l’économie, selon l'OCDE. Acquis des élèves au collège : les écarts se renforcent entre la sixième et la troisième en fonction de l'origine sociale et culturelle. Auteurs : Linda Ben Ali et Ronan Vourc’h, DEPP-B2 L'infographie Proportion d’élèves qui figurent parmi le quart des élèves les plus performants aux évaluations standardisées de fin de troisième selon leur niveau en sixième (en %) En mathématiques, en traitement de phrases lacunaires (maîtrise syntaxique) et en mémoire encyclopédique (acquisition du vocabulaire scolaire), plus de 60 % des élèves les plus performants en sixième (quatrième quartile) le sont aussi en troisième.

Acquis des élèves au collège : les écarts se renforcent entre la sixième et la troisième en fonction de l'origine sociale et culturelle

En forte baisse depuis trente ans, le retard à l'entrée en CE2 reste très dépendant du milieu social de l'élève - Comparaison des panels 1978, 1997 et 2011. Auteur : Sarah Abdouni, DEPP B1.

En forte baisse depuis trente ans, le retard à l'entrée en CE2 reste très dépendant du milieu social de l'élève - Comparaison des panels 1978, 1997 et 2011

Projet mentions. Sociologie des prénoms Sociologie des prénoms, aux éditions La Découverte, synthétise une trentaine d'années de travaux de sciences sociales sur les prénoms.Ce livre peut vous aider à comprendre pourquoi les « Léa » de maintenant seront, demain, les « Mauricette » d'aujourd'hui Sociologie des prénoms » Baptiste Coulmont Baptiste Coulmont est sociologue, maître de conférences à l'université Paris 8 et chercheur au CRESPPA, laboratoire commun à Paris 8 et au CNRS.

Projet mentions

Il pense que les prénoms peuvent constituer de puissants indicateurs de position sociale. Son site » Prénoms : « Rassurez-vous, ce ne sont que des statistiques » - Rue89 - L'Obs. Depuis quelques années, j’utilise les résultats nominatifs au bac pour donner à voir une des dimensions de l’espace social.

Prénoms : « Rassurez-vous, ce ne sont que des statistiques » - Rue89 - L'Obs

Des prénoms différents sont en effet associés à des proportions différentes d’accès à la mention « Très bien ». Cela n’a rien à voir avec les prénoms eux-mêmes : des groupes sociaux différents utilisent des prénoms différents, et l’on sait que les résultats scolaires des enfants dépendent fortement des diplômes des parents. Making of Le sociologue Baptiste Coulmont a rédigé ce billet pour son blog. Ce qu’il dit de notre perception des statistiques nous a semblé intéressant.

Sociologie d’une évidence, mais encore fallait-il le montrer. Temporellement, l’intérêt des non-sociologues pour ce travail est lié à la publication résultats du bac : un peu avant le 14 juillet. Un palmarès qui est un faux palmarès. L’ascenseur et l’autobus. Régulièrement dans la presse, on met en avant des réussites exemplaires.

L’ascenseur et l’autobus

Telle ministre issue des quartiers nord d’Amiens, tel haut fonctionnaire venant d’une famille très modeste, etc. Ces parcours sont admirables et on doit justement les admirer ! La métaphore de l’ascenseur social vient tout de suite en tête. L’école peut-elle réduire les inégalités sociales ? 13 décembre 2013 - Face aux inégalités sociales, l’école ne peut pas tout.

L’école peut-elle réduire les inégalités sociales ?

Mais elle ne fait pas assez. Et certaines réformes ont même accentué les écarts. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Les héritiers : Comment se transmet le niveau d'éducation de génération en génération ? A quoi sert l'Ecole ? « A quoi sert l’école ?

A quoi sert l'Ecole ?

» : la question se présente à première vue davantage comme une provocation que comme une interrogation sérieuse. Elle présuppose d’abord, par le jeu même de cette évocation, qu’un certain doute subsiste et que l’école puisse, de facto, ne servir à rien. La mission de service public éducatif, indiscutablement éminente quant à ses objectifs, pourrait donc être interrogée quant à ses effets.

Le bac, une illusion démocratique. Il y a une trentaine d’années, face à la montée d’un échec scolaire qu’ils s’étaient montrés incapables d’endiguer, les responsables politiques ont sorti leur baguette magique pour décréter que, dans les délais les plus brefs et sans changer grand-chose, ils allaient démocratiser l’école.

Le bac, une illusion démocratique

Ces illusionnistes maquillèrent donc la massification de l’école pour lui donner une façade démocratique et décidèrent qu’il fallait que l’on atteignît à marche forcée 80 % de réussite au baccalauréat. Ainsi notre école put-elle démontrer aux yeux du monde son efficacité et son équité. Mais comment réussir ce tour de passe-passe alors qu’année après année une partie de plus en plus importante des élèves avaient du mal à lire et encore plus de mal à écrire ?

Aucun problème ! Pour que la majorité pût franchir l’obstacle, il fut décidé d’ajuster la hauteur de la barre à la faible détente des élèves. La démocratisation de l’éducation ne se décrète pas du jour au lendemain. Camille Peugny : «Passons d’une école méritocratique à une école démocratique» Pourquoi les enfants de profs réussissent-ils mieux que les autres ? "Une continuité des pratiques et des valeurs entre les sphères familiale et scolaire" Annie Lasne , enseignante, vient de soutenir une thèse en sciences de l'éducation : "La singulière réussite scolaire des enfants d'enseignants : des pratiques éducatives parentales spécifiques ?

"Une continuité des pratiques et des valeurs entre les sphères familiale et scolaire"

" Votre thèse tend à démontrer que les enfants d'enseignants obtiennent de meilleurs résultats scolaires, voire "les" meilleurs résultats. Sur quelles données vous appuyez- vous ? Je suis partie des publications existantes, celles du ministère de l'éducation nationale notamment. Et j'ai vérifié ces résultats en me fondant sur le "panel 1995" , une enquête sur la trajectoire scolaire de plus de 17000enfants entrés en 6 e en 1995, et suivis année après année –ainsi que leurs familles– de l'école primaire au baccalauréat, et au-delà. J'ai isolé les enfants d'enseignants des enfants de cadres, pour mettre en évidence que, de la maternelle au baccalauréat, les enfants de "profs" réussissent particulièrement bien, et même mieux que tous les autres. Pourquoi l'école favorise... les favorisés. Attention, voilà un livre qui risque d’ébranler quelques certitudes.

Pourquoi l'école favorise... les favorisés

Dans ‘‘le Destin au berceau’’, qui vient de paraître aux éditions du Seuil, le sociologue Camille Peugny détruit quelques illusions sur l’école de Jules Ferry, appuyant sa démonstration sur d’irréfutables données. Dans l’inconscient collectif, le système scolaire français est une efficace machine à sélectionner les meilleurs, quelle que soit leur origine sociale. Un fils d’ouvrier, s’il est méritant, travailleur et futé, pourra embrasser la carrière de chirurgien, d’avocat ou de premier ministre. Cette vision rassurante, Camille Peugny la soumet aux statistiques, c’est-à-dire aux dures lois de la réalité... et elle n’y résiste pas.


  1. lauriane_l3_psy Mar 5 2016
    Merci pour ce recueil de données fort intéressant