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Les mutations sociales et le boom des nouvelles technologies ont changé radicalement les rapports des jeunes aux savoirs, mais aussi aux adultes, estime Brigitte Prot , psychopédagogue, enseignante et formatrice. L’école n’est plus adaptée à la réalité de ce qu’ils vivent. Et la formation des enseignants encore moins. Vous voyez dans votre pratique quotidienne de plus en plus d’élèves qui s’ennuient ou sont démotivés.
Pour le directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, apprendre, ce n’est pas seulement augmenter ses chances d’obtenir un emploi. C’est avant tout élever son niveau de conscience citoyenne. D e nombreux élèves poursuivent des études sans forcément en percevoir le sens. Ce phénomène est-il lié à ce qu’on appelle la « massification »de l’enseignement ? L’interrogation autour du sens des apprentissages n’est pas nouvelle, loin s’en faut. Quand Jules Ferry, à la fin du XIXe siècle, a instauré l’instruction obligatoire, il a dû convaincre les parents de l’intérêt que représentait la classe pour leurs enfants.
Par François Jarraud Organisé par la "Mission d'information sur l'organisation territoriale du système scolaire et sur l'évaluation des expérimentations locales en matière d'éducation" du Sénat, le colloque du 4 mai est le dernier événement avant la remise du rapport final de la Mission fin juin. On en retiendra surtout la fin : la révélation, par un organisme inconnu mais invité par la Mission, d'une étude qui affirme que le coût d'un élève est nettement plus onéreux dans le public que dans le privé du fait d'une gestion publique "laxiste". De là à conclure sur la nécessaire privatisation du système éducatif, il n'y a qu'un pas. La Mission le franchira-t-elle ? Faut-il privatiser l'Ecole française ?
http://www.astrosurf.com/luxorion/Sciences/humanite-monde.jpg Une nouvelle école s'esquisse. Comme face à un puzzle auquel il manque trop de pièces, il est longtemps resté difficile de deviner à quoi l'école de l'après-2012 pourrait ressembler en cas de réélection de la droite. Est-ce qu'on était dans un simple régime minceur - jeudi 10 février, les enseignants sont en grève pour dénoncer une rentrée avec 16 000 postes en moins -, ou dans un changement de modèle ? La réponse s'impose doucement et une architecture nouvelle se dessine. La pièce maîtresse s'est emboîtée le 12 janvier.
A peine plus d'un Français sur deux (51%) trouve que le collège « fonctionne bien » et les deux tiers des personnes interrogées (67%) se prononcent pour une remise en cause du « collège unique ». A l'inverse, 46% des sondés déclarent que le collège, public ou privé, fonctionne mal, dont 14% « très mal ». C'est en tout cas ce qui ressort d'un sondage CSA pour La Croix et l'Association des parents d'élèves de l'enseignement libre (Apel). Si 56% des Français considèrent que le « collège favorise l'égalité des chances », ils ne sont plus que 46% à penser qu'il prépare plutôt bien les élèves à la suite de leur scolarité et à leur insertion professionnelle. Principale raison évoquée par les parents d'élèves : les sur-effectifs. Pour 42% d'entre eux, il y a trop d'élèves par classe.
Jean-François CERISIER, enseignant-chercheur, directeur du Département Ingénierie des Médias pour l'Éducation à l'université de Poitiers le dit dans cette entrevue filmée sur le site de l' Esén [1] : le faible taux constaté d'utilisation d'internet en classe n'est imputable ni au manque de compétences techniques, ni à la faiblesse des compétences pédagogiques mais à la culture de notre institution scolaire, qui bride les usages. Le découpage du temps scolaire ne se prête pas à l'usage des TICE, l'organisation des activités, les périmètres disciplinaires isolent les étudiants dans des classes, gênent le travail inter-disciplinaire et les évaluations déterminent des contenus et des rythmes qui sont souvent inconciliables avec des expériences innovantes. Nous évoluons dans des lycées et des collèges qui ont été conçus, pensés sans le numérique.