Paul Jorion

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Misère de l'arithmétique. Ce texte est un « article presslib’ » (*) Mardi, durant l’audition au Sénat, j’ai mentionné comme exemple de la mauvaise qualité des modèles financiers en général, le modèle de Black-Scholes pour la valorisation des options, dont on sait qu’il est faux depuis le jour des années 1970 où il a été conçu, et dont on a transformé pour pouvoir l’utiliser quand même, une variable d’état, c’est-à-dire dont on ne peut que constater la valeur, la volatilité, en une variable de contrôle, à laquelle on attribue une valeur au pifomètre des salles de marché.

Misère de l'arithmétique

Comment diable a-t-on pu en arriver à ce sommet de la stupidité humaine ? J’en étais là de mes réflexions à ce sujet à l’heure du déjeuner quand, à la table voisine de la mienne à la Guinguette de Conleau où j’étais allé prendre mon repas pour profiter du beau temps, j’ai capté quelques bribes de conversation qui m’ont mis sur la voie de la solution. Cher lecteur, pas besoin de vous faire un dessin, n’est-ce pas ? La règle d'or, cette blague de potache. La règle d’or, cette blague de potache Certaines notions élémentaires du calcul économique semblent curieusement étrangères aux dirigeants des nations constituant la zone euro.

La règle d'or, cette blague de potache

Ceci les conduit à éroder les principes démocratiques et à précipiter la fin de la monnaie commune. L’instrument pousse-au-crime est le Pacte de stabilité et de croissance européen exprimant déficit annuel et dette souveraine en termes de points du Produit Intérieur Brut (PIB) et leur fixant des seuils : 3% maximum pour le déficit, 60% pour la dette cumulée. Or le principe du Pacte, et de la « règle d’or » que l’on en tire, recèle une erreur grossière. Qu’est-ce qu’un budget équilibré ? Pourquoi comparer les pommes des dépenses aux poires du PIB, plutôt que les pommes des dépenses aux pommes des recettes ? Pourquoi l’artifice absurde de comparer les dépenses d’une nation à son PIB plutôt qu’avec ses recettes ? La machine à concentrer la richesse. LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le | Par Paul Jorion, économiste et anthropologue Dans une allocution prononcée le 12 janvier, Alan B.

La machine à concentrer la richesse

Krueger, à la tête du Conseil des conseillers économiques du président Obama, a examiné "la montée et les conséquences de l'inégalité aux Etats-Unis" (www.americanprogress.org/events/2012/01/pdf/krueger.pdf). Alors que, de 1947 à 1979, les revenus de l'ensemble de la population américaine croissent annuellement d'un peu plus de 2 % toutes catégories confondues, sur la période qui s'étend ensuite de 1979 à 2010, les 20 % les plus riches voient leurs revenus bruts augmenter de 1,2 % par an alors que, parallèlement, ceux des 20 % les plus pauvres baissent eux de 0,4 %.

A quoi attribuer ce creusement des écarts ? Premièrement, à la part toujours croissante de la richesse ponctionnée par le secteur financier. Tant que la concentration de la richesse n'aura pas été inversée, la machine économique ne pourra pas véritablement repartir.