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Rithy Panh : « Je ne sais pas s’il y a un abattoir humain à Damas. Mais je veux savoir, connaître » Près de 13 000 personnes auraient été exécutées dans la prison syrienne Saidnaya entre 2011 et 2015.

Rithy Panh : « Je ne sais pas s’il y a un abattoir humain à Damas. Mais je veux savoir, connaître »

« Ce sont les pratiques bien plus que les textes qui permettent de comprendre le fonctionnement djihadiste » Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis ont chargé d’un sentiment d’urgence, voire d’angoisse, le nécessaire débat sur la prévention du recrutement djihadiste.

« Ce sont les pratiques bien plus que les textes qui permettent de comprendre le fonctionnement djihadiste »

On en est souvent venu à oublier, pris que nous sommes si souvent dans nos logiques hexagonales, que les djihadistes français représentent moins de 3 % des combattants étrangers enrôlés sous la bannière de Daech, le bien mal nommé « Etat islamique ». Toute réponse par trop franco-française trouve ainsi en elle-même ses propres limites. Les attentats qui ont ensanglanté Bruxelles, mardi 22 mars, le rappellent tragiquement. Olivier Roy : « La mort fait partie du projet djihadiste » Directeur de recherche au CNRS, Olivier Roy enseigne à l’Institut universitaire européen de Florence, il vient de publier Le Djihad et la mort (Seuil, 167 pages, 16 euros), ouvrage dans lequel il explique la nouveauté du terrorisme globalisé par « la quête délibérée de la mort » par les jeunes djihadistes.

Olivier Roy : « La mort fait partie du projet djihadiste »

Auteur d’une œuvre internationalement reconnue et largement débattue, il revient sur les origines et les moyens de résister à ce « Viva la muerte » mondialisé. Le djihadisme n’est-il qu’un nihilisme ou bien également un islamisme ? Le projet islamiste au sens strict (c’est-à-dire celui des Frères musulmans) est de construire un Etat islamique d’abord dans un pays donné, en obtenant le maximum de soutien populaire. Du Hamas palestinien au PJD [Parti de la justice et du développement] marocain, en passant par le Ennahda tunisien, les résultats sont variés, mais dans tous les cas le nationalisme l’a emporté sur l’islamisme. Roberto Saviano : « Tout ce que montre “Gomorra” est vrai » Condamné à mort par la Mafia napolitaine, l’écrivain italien ­Roberto Saviano, auteur du roman ­Gomorra (2006) et coscénariste de la série, dont la saison 2 va débuter sur Canal+, vit aux Etats-Unis, sous protection policière.

Roberto Saviano : « Tout ce que montre “Gomorra” est vrai »

Le 15 septembre, il a reçu des mains de la chancelière allemande, Angela Merkel, le prix M100 pour sa lutte contre le crime organisé. Farid Abdelkrim : « J’ai une responsabilité dans la radicalisation de l’islam en France » Farid Abdelkrim, écrivain, ancien membre des Frères musulmans en France Après les folies terroristes en France, nos morts nous interrogent.

Farid Abdelkrim : « J’ai une responsabilité dans la radicalisation de l’islam en France »

Ils réclament des coupables. En attendant de les identifier, le monde des vivants se déchire avec d’un côté ceux qui incriminent, convaincus d’être dans le camp des « bons », et de l’autre ceux qui, clamant leur innocence, se défendent d’appartenir à celui des « mauvais ». Notre société aurait-elle basculé dans une culture binaire ? Loin s’en faut, car consentir une part de responsabilité dans ce qui nous arrive est une option supplémentaire. En revanche, ma démarche ne s’inspire ni ne sert quelques postures identitaristes.

Un discours qui a d’abord contribué à façonner l’esprit et l’action de nombreux islamistes. Au camp d’entraînement des petits soldats d’Ukraine. Né dans la foulée de l’annexion de la Crimée par les Russes, ce camp de vacances très spécial situé près de Kiev est dirigé par une unité paramilitaire ultranationaliste.

Au camp d’entraînement des petits soldats d’Ukraine

Au programme : l’apprentissage de la guerre et du patriotisme à des enfants de 6 à 18 ans. Ada ne dit pas un mot. Elle se poste devant le fusil d’assaut, posé devant elle sur une table en bois. Sa mission ? 70 ans après la fin de la guerre, l’ex-secrétaire de Joseph Goebbels parle. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Le Monde.fr Brunhilde Pomsel fut, pendant la seconde guerre mondiale, une des six secrétaires de Joseph Goebbels, ministre nazi de la propagande et l’un des plus puissants dirigeants du IIIe Reich.

70 ans après la fin de la guerre, l’ex-secrétaire de Joseph Goebbels parle

Plus de soixante-dix ans après la guerre, cette dame, âgée de 105 ans, a décidé de raconter son quotidien au cœur de la bureaucratie nazie dans un film, A German Life, diffusé récemment au festival du film de Munich : Mais également dans un long entretien au Guardian. Pourquoi maintenant ? Parce qu’il lui reste « peu de temps à vivre » et qu’il était « important pour moi de reconnaître cette image dans le miroir, dans laquelle je peux comprendre ce que j’ai fait de mal ». « Mais il ne s’agit absolument pas de soulager ma conscience », ajoute-t-elle.

« Distinguer le djihadiste du déséquilibré est inopérant » Face au pénible défi de traduire « Mein Kampf » : « Parfois je n’en pouvais plus » Le coup de téléphone était étonnant. « On prépare une nouvelle traduction de “Mein Kampf”.

Face au pénible défi de traduire « Mein Kampf » : « Parfois je n’en pouvais plus »

Yann Moix : « L’organisation Etat islamique est en train de devenir un état mental » On note, dans les journaux, une débauche d’analyses sur les attentats terroristes.

Yann Moix : « L’organisation Etat islamique est en train de devenir un état mental »

C’est légitime : chacun veut livrer non pas sa version mais son point de vue sur les causes, les effets, les raisons, les conséquences de ce qui se passe en France. Personne n’a raison ; personne n’a tort. Il s’agit, avant tout, de donner forme à « quelque chose » qui n’en a pas vraiment. Prisonniers pour la science. Un « gardien », deux « prisonniers ».

Prisonniers pour la science

Image prise lors de l’expérience de Stanford en 1971. © Chuck Painter/Université Stanford. IL Y A 45 ANS, au cours de l’été 1971, avait lieu une expérimentation psychologique aussi fascinante que controversée à la prestigieuse université Stanford, à Palo Alto (Californie). Conduite par le professeur Philip Zimbardo, elle est connue aujourd’hui sous le nom d’expérience de Stanford. Yves Michaud : « Il y a toujours eu une pornographie de la violence » LE MONDE IDEES | • Mis à jour le | Propos recueillis par Catherine Vincent Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher en janvier 2015, le Bataclan et les terrasses de cafés parisiens en novembre de la même année, la promenade des Anglais, à Nice, le 14 juillet : après cette série d’attentats meurtriers, la société française se voit contrainte d’apprendre à vivre avec le terrorisme.

Comment faire face à cette difficile cohabitation ? Réponses du philosophe Yves Michaud, auteur du récent ouvrage Contre la bienveillance (Stock, 192 p., 18 euros) et spécialiste de la violence sociale. Le terrorisme avait déserté notre quotidien depuis vingt ans, il semble aujourd’hui s’y installer de façon durable. Une « radicalisation très rapide », cela s’appelle une conversion. Les heures qui ont suivi la tragédie de Nice ont vu les dirigeants chercher leurs mots pour caractériser l’auteur de l’attentat : « terroriste » assurément, mais « islamiste » pour les uns, pas forcément pour les autres, avec la même incertitude pour « radical ». Et puis est tombée la revendication du carnage par Daech, le bien mal-nommé « Etat islamique », et le ministre de l’Intérieur a pu enfin décrire un terroriste « radicalisé très rapidement ».

Plutôt que le terme de « radicalisation », dont on voit qu’il obscurcit autant qu’il éclaire, j’ai proposé dès mars dernier dans une tribune au « Monde » d’utiliser le mot de « conversion ». Guillaume Monod : Les candidats au djihad sont loin de la religion. « L’imaginaire de l’organisation Etat islamique est sa propre limite, son propre piège » LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Madjid Zerrouky Anthropologue au CNRS, spécialiste de la société irakienne et membre de l’Observatoire des radicalisations à la Fondation Maison des sciences de l’homme, Hosham Dawod estime que les références et la littérature ­djihadistes sur lesquelles s’appuie l’organi­sation Etat islamique (EI) concernent avant tout son projet de territorialisation.

Que trouve-t-on dans la « bibliothèque » de l’EI ? Le djihadisme est devenu un instrument de revanche sociale. Avec la première intervention américaine en Afghanistan, le « djihadisme stratégique », porté par une organisation nomade, Al-Qaida, hébergée par les talibans mais dépourvue d’enracinement ­solide dans le tissu social local, disparaît progressivement. Elisabeth Badinter appelle au boycott des marques qui se lancent dans la mode islamique. LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Nicolas Truong. Défendons « les libres-penseurs venus du monde musulman » contre les fatwas de l’intelligentsia. Jean Birnbaum : «On ne vaincra pas les djihadistes en les traitant de salopards» FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - A l'occasion de la sortie de son livre, Un silence religieux. La gauche face au djihadisme, Jean Birnbaum a accordé un entretien fleuve à FigaroVox.

Edgar Morin : « Nul ne naît fanatique » Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Edgar Morin (Sociologue et philosophe) Abram de Swaan : «  Il y a chez les bourreaux comme une absence de mentalisation » Diviser pour tuer. Se faire mettre des pâtes dans le slip chez Hanouna, est-ce de l’humiliation. Peut-on se faire mettre des pâtes (crues) dans le slip en direct à la télévision impunément ? La blague potache, ressort classique de la télévision de divertissement, serait passée inaperçue si elle n’avait pas eu lieu dans "Touche pas à mon poste", l’émission aux audiences records de Cyril Hanouna sur D8, exactement le soir où le journaliste Bruno Donnet avait décidé de regarder le programme en vue de son prochain "Après-coup", sa chronique médias hebdomadaire, diffusée lundi sur France Inter.

« La crise des valeurs favorise les théofascismes » LE MONDE CULTURE ET IDEES | | Propos recueillis par Julie Clarini Professeur émérite de psycho­pathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille et psychanalyste, Roland Gori s’est fait connaître pour sa réflexion sur la médicalisation de l’existence (La Santé ­totalitaire, Denoël, 2005) et sa critique des nouvelles formes de contrôle social (L’Empire des coachs, Albin Michel, 2006). « De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité », par Giorgio Agamben. « La radicalisation relève de la santé publique » Kamaldeep Bhui, professeur de psychiatrie à l’université Queen Mary de Londres, étudie le lien entre culture, origine ethnique et santé mentale chez les personnes issues de l’immigration.

Appliquant les méthodes de recherche propres à la santé publique, il a cherché à identifier les facteurs de risque de radicalisation en interrogeant 608 personnes d’origine pakistanaise et bangladaise issues des milieux musulmans et vivant dans l’est de Londres et à Bradford. Votre étude sur le processus de radicalisation publiée en septembre 2014 bouleverse quelques idées reçues. René Girard, la violence et l’économie. Pourquoi il ne faut pas confondre le salafisme et le takfirisme. Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste. Marcel Gauchet : « Le fondamentalisme islamique est le signe paradoxal de la sortie du religieux »

Bernard Stiegler : « Ce n’est qu’en projetant un véritable avenir qu’on pourra combattre Daech » 13 novembre : pourquoi Paris ? Farhad Khosrokhavar : « Un Erasmus djihadiste menace une Europe mal coordonnée » Merci à @Dhriss d'avoir partagé ce poème d'Aragon avec nous. On s’embrassera en abominables pervertis. « Pour les désespérés, l’islamisme radical est un produit excitant » « Hunter Killer », la mort dans les yeux du drone. 6 août 1945, 8 h 15 : « Mon Dieu, qu’avons-nous fait ? » Penser l’impensable destruction nucléaire. Migrants : et si ouvrir les frontières générait de la richesse ? « Guerre de civilisation » : Huntington contre Valls.

« La logique suicidaire de Daech pourrait provoquer sa propre chute » L'humour à la limite. #TireurFou : Faussaire de sens ? - TRIBUNE. C’est pas le moment de chroniquer Houellebecq, par Christine Angot. Carl Schmitt, Jünger, Heidegger : le nazisme des intellectuels. Le journaliste Domenico Quirico, libéré de Syrie : "J'ai rencontré le pays du Mal" Auschwitz et le pardon.