Huff au Quebec
< Du Post au Huff
< Presse qui roule
< sebmusset
Get flash to fully experience Pearltrees
J’écrivais en octobre que le HPQ réussirait à attirer une bonne partie des créateurs de contenu qui souhaitent publier sur une plateforme au rayonnement international. Le géant américain semble répondre aux aspirations de la blogosphère d’ici. Qui s’en étonne? Dommage qu’il faille une compagnie étrangère pour faire remonter à la surface les précieuses matières premières de notre sous-sol blogosphèrique. Répéterons-nous au 21e siècle les mêmes erreurs qu’avec nos ressources minières dans le passé?
18 décembre 2011 14h19 · Simon Jodoin La diffusion de mon dernier billet sur le Huffington Post Québec a causé quelques vagues. Pas un raz-de-marée, pas un tsunami… Quelques vagues et, j’ose espérer, quelques réflexions. Dans le Devoir d’hier , invitée à commenter, Françoise David laissait entendre que son porte-parole avait conclu un accord de principe avec le HuffPostQc « pour la reprise de mes textes qui sont déjà diffusés sur le Web, (…). C’est le temps des Fêtes, on va se laisser le temps d’y penser et on prendra une décision finale en janvier ». D’autres sources près de Québec Solidaire m’ont par ailleurs affirmé qu’Amir Khadir n’avait certainement pas le temps de bloguer et que leur participation serait dans la même veine : lettres ouvertes et textes qui de toute façon circulent déjà sur le web.
Il y a des après-midis comme ça où je me demande si je me suis bien réveillé le matin… On apprenait aujourd’hui via ProjetJ que le Huffington Post Québec, version locale de la plateforme web américaine rachetée cette année par AOL pour la somme de 315 millions de dollars américains, allait bénéficier du travail de blogueurs bénévoles vedette, dont Amir Khadir, Françoise David, Normand Baillargeon et Steven Guilbault. D’autres personnalités s’ajoutent à cette liste, notamment Charlotte Laurier, Jean Barbe, Djemila Benhabib et Évelyne de la Chenelière.
Bousculade assurée dans le paysage journalistique au Québec. Après avoir lancé l’édition canadienne-anglaise il y a six mois et annoncé la version hexagonale pour la fin de l’année, voici bientôt le Huffington Post au Québec. En 2012, The Huffington Post compte lancer ici une édition francophone de son étonnant site de nouvelles au succès fulgurant. La flamboyante Arianna Huffington, présidente et rédactrice en chef, a annoncé que la version canadienne a eu 1,8 million de visiteurs uniques par mois depuis mai, selon comScore, et que plus de 200 000 visiteurs uniques provenaient du Québec.
Des gens acceptent d’écrire en échange de visibilité. Ils acceptent de ne pas être payés. Est-ce que la visibilité est devenue une nouvelle monnaie ? Comment les fournisseurs de contenus, surtout les pigistes, peuvent ensuite négocier un tarif ? Comment justifier de se faire rémunérer alors que des personnalités ne l’exigent pas ? Pourquoi le contenu a de moins en moins de valeur ?
Je ne sais pas si Arianna Huffington est au courant de l’émoi causé chez nous par l’arrivée du Huffington Post Québec. Si elle l’était, elle répéterait sûrement les propos qu’elle a tenus plus tôt cette année: «je ne paie pas les blogueurs, je leur offre une visibilité en échange de leur opinion». Il faut savoir qu’aux États-Unis, les blogueurs de Huffington Post, dans les touts débuts de l’aventure du blogue, étaient des amis de Mme Huffington, des gens à forte visibilité (acteurs, politiciens, commentateurs professionnels) qui trouvaient cela bien amusant de publier un texte d’opinion sur le site de leur amie. Bloguer n’était pas leur gagne-pain mais bien un hobby en parallèle de leurs principales activités.